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  Malversations dans le dossier Cen-Sad : Le roi Boni 1er demande pardon 

au peuple béninois

 

3 août 2009 - LEMATINAL

Le chef de l’Etat, le Docteur Yayi Boni s’est prononcé le 1er août 2009 sur les questions brûlantes de l’actualité nationale et de la crise économique financière qui sévit dans le pays. Face à la gravité des malversations révélées dans des dossiers comme celui de la Cen-Sad, le Docteur Yayi Boni qui a reconnu sa responsabilité morale a présenté son mea-culpa au peuple béninois. Lire l’intégralité de l’entretien accodé à Annick Ballet de la télévision nationale et Olga Kokodé de Golfe Tv.

Comment vous sentez-vous monsieur le président au soir de 49 ans d’indépendance du Bénin ?

 

Je suis heureux. Je crois qu’avec la Nation. C’est avec la joie que nous vivons ce moment précis. 49 ans d’indépendance, ça fait beaucoup par une Nation. C’est vrai. Nous avons parcouru un chemin où chacun de nous en a apprécié ce que c’est. Mais ce qui est heureux, c’est que nous vivons dans un environnement de paix. Nous avons travaillé pour que le Bénin soit une espèce d’oasis de paix, soit une démocratie stable, un pays de sécurité. Face à ce qui se passe ailleurs, rendons grâce à Dieu et remercions-le ensemble. Soyons toujours en communion de prière. Et naturellement, c’est un devoir de remercier tous ceux qui ont été appelés à cette fonction. J’ai appris à le dire parce que moi-même j’ai vu ce que c’est. Ce n’est pas facile. Merci à tous nos aînés qui ont été appelés à cette fonction présidentielle. Je demande à Dieu de leur donner longue vie. C’est très important. Je remercie également la classe politique qui a joué et continue de jouer un rôle important. C’est avec beaucoup de respect que je les remercie. Merci à la société civile. Pour moi, nous vivons un moment d’espoir. Et je crois, c’est ce message que je suis venu donner à notre chère Nation que j’aime si tant, à notre pays et à la République. Dieu a un plan pour notre cher pays parce qu’il vise le bonheur, la paix, la prospérité et le progrès social pour chacun et pour tous.

- Et pour atteindre cet objectif qui est un destin pour nous, il est quand même bon de savoir, et vous l’avez dit, c’est difficile de gérer une Nation et vous faites l’expérience et vous le si difficilement que votre mandat est face aujourd’hui à la crise économique.

 

Comment se présente d’abord l’Etat béninois avant qu’on ne parle des mesures pour juguler la crise ?

 

Au moment où on faisait le bilan, on s’était rendu compte qu’à un moment donné, nous avons entamé l’assainissement des finances publiques. Il faut le reconnaître, des réformes ont été mises en œuvre pour soutenir toutes nos régies qui ont travaillé pour que la Nation puisse mobiliser des ressources à des fins de développement. Nous avons travaillé sur ce front et avec les ressources collectées, nous avons essayé de procéder à une répartition. Nous avons d’aider nos chères mamans. D’où le programme des micros crédits aux pauvres(Mccp). Les enfants, il fallait penser à eux, surtout lorsqu’ ’ils sont dans le ventre de leur maman. C’est des Béninois. Ils sont appelés à appeler à assumer les responsabilisations s’agissant de la gestion de notre cité commune. Il fallait assister nos mamans qui ne pouvaient pas accoucher d’elles mêmes dans de bonnes conditions. D’où l’idée de la gratuité de la césarienne. Suivre ces enfants jusqu’au moment où ils ont l’âge d’aller à l’école. Les prendre en charge du point de vue enseignement maternel, enseignement primaire. D’où la gratuité de l’enseignement maternel et primaire, etc. Nous avons soutenu les producteurs, nous avons pensé à nos infrastructures routières également. Partout dans le pays, nous avons tenté de moderniser certaines voies, dans notre capitale économique également, l’éducation, la santé, l’énergie, on s’est débattus sur tous ces fronts naturellement. Ce qu’on pouvait dire c’est que pour nous c’était pas mal. Je n’aime pas tellement apprécier ce que nous faisons. Ce que je puis dire, c’est de rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’il nous a donné. C’est qu’à un moment donné on sentait quand même que les bénéficiaires s’en félicitaient. Mais cette crise qui est mondiale s’est installée maintenant. Il y a des projections. Je ne sais pas s’il faut vous le dire parce qu’en réalité je suis venu porter un message d’assurance.

Mais avant le message d’assurance, il faut quand même qu’on ait une idée de la réalité. Ce qui est sûr c’est que les régies financières sont en baisse.

Est-ce qu’on a créé de la richesse ? En 2007 on est à 4,8%. En 2008, 5%, et en 2009, on projetait 6,8%. Mais lorsque la crise nous a secoués, nous avons révisé les prévisions de sorte qu’en 2009, on ne dépassera pas 4%. Naturellement, tous les pays de la planète sont en train de réviser à la baisse leurs fondamentaux. Une crise financière qui s’est muée en crise économique surtout pour nous autres pays pauvres très endettés. La structure d’endettement, on était à peine à 10% de notre Pib, maintenant, on est aujourd’hui entre 19 et 20 %. Sur 100 frs de revenu, 20 seraient de l’endettement. C’est des ratios que je voudrais donner pour que la Nation avoir une idée de l’ampleur de cette crise. Lorsque nous prenons la croissance économique, le niveau de l’endettement, le taux de pauvreté, tous ces paramètres vont se dégrader rien si n’est fait. Point n’est besoin, j’allais dire, de donner les chiffres. Je ne voudrais ennuyer nos populations au moment où il faut surtout agir. D’où l’idée de tout faire pour mettre en place une Commission nationale de gestion de cette crise présidée par le ministre d’Etat Pascal Koupaki. Cette commission a beaucoup travaillé et là quand même, il faut que je dise un mot parce qu’il faut rassurer. Il y a de l’espoir mais nous apportons notre volonté politique, notre détermination à rassurer nos concitoyens. Nous voulons être un gouvernement responsable. C’est pourquoi je ne voudrais pas escamoter cet élément parce que si vous avez eu la présence d’esprit de me poser cette question, je voudrais vous respecter et vous le méritez, une haute considération. Et surtout cette commission qui travaille avec le gouvernement, le secteur privé, bientôt on va mettre les partenaires sociaux, les syndicats, les régies également sont dedans etc. Je suis convaincu que si on doit mettre en œuvre ces mesures, on va juguler les effets de cette crise. Permettez-moi d’ailleurs de vous lire ce qu’ils ont écrit : poursuivre la promotion des filières des produits locaux à cycle court à exporter vers le Nigéria parce que la demande des Nigérians a été affectée. La production pétrolière qui chute à cause des sabotages des infrastructures pétrolières dans le Delta du Niger. Il y a une forte corrélation entre le coût du Naira et la production pétrolière. Hier, le Nigéria produisait plus de 20 millions de baril/jour. Aujourd’hui, il en produit moins de 800 mille baril/jour. Donc cette baisse entraine la dépréciation du coût du Naîra sur le marché. Naira baissant, obère le pouvoir d’achat des Nigérians qui ne peuvent plus venir acheter. La preuve, nos mamans en souffrent actuellement à Dantokpa ou alors du fait de la baisse de la production, les autorités ont procédé à une libéralisation économique. Les produits qui n’étaient pas importés tels que par exemple peuvent l’être aujourd’hui. Les gens peuvent importer au Nigéria tout en étant sur place. Rappelez-vous que hier c’était presque interdit et le ris était importé par le Port autonome de Cotonou, qui constituait l’une des principales assiettes fiscales et douanières. Aujourd’hui ces ressources nous ont échappé. Nous avons fait des projections. En principe, si rien n’est fait, nous sommes partis pour perdre plus de 60 milliards de ressources d’ici la fin de l’année du point de vue des régies, des douanes, des impôts, du trésor etc. ça suppose que les principaux acteurs, les douaniers, les agents d’impôts soient vertueux. Mais s’il y a des fraudes, nous risquons de perdre environ 200 milliards dans nos projections. D’où la nécessité dans les mesures, d’un programme à court terme pour renforcer ces régies là. Et donc, après ce point, créer un fonds d’investissement pour le développement de l’agro industrie et du commerce ; ensuite développer le cabotage maritime avec les pays de la Cemac et poursuivre les réformes structurelles. Il y a d’autres mesures qui visent les finances publiques. Naturellement il y a les mesures structurelles qui vont fondamentalement induire la production dans notre pays c’est-à-dire la relance de l’offre intérieure, le soutien aux finances publiques la réduction de la pauvreté. D’ailleurs sur ce point précis, lorsque nous avons commencé et on a d’ailleurs une dépêche de la Banque mondiale qui est là où le taux de pauvreté en 2007, on est arrivé à 37% puisque c’est à partir de cette année qu’on a revu les méthodes de compilation pour donner une idée exacte des pauvres dans le pays, 37% en 2007, on est revenu en 2008 à 34%. Donc on est dans la perspective de casser ce phénomène qui est l’ennemi numéro 1. En réalité, c’est le seul ennemi, la pauvreté dans laquelle reste plongée notre cher peuple. Donc on a fait une baisse, mais naturellement avec la crise, si rien n’est fait, nous risquons d’aller peut-être au-delà. D’où la nécessité de prévoir des mesures pour pouvoir réduire fondamentalement cette pauvreté. Réduction de la pauvreté et là dedans, accélérer la mise en place de l’assurance maladie universelle dont le projet est actuellement en cours au ministère de la Santé ; fixer périodiquement le taux d’actualisation des pensions, par exemple tous les 5 ans et le rendre automatique en vue de faciliter l’accession à la propriété ; prélever les apports personnels exigés par les banques sur les cotisations aux fonds de retraite ; étendre l’accès aux ressources du fonds national de micro finance à toutes les institutions de micro finance, etc…Et nous avons prévu également des mesures en direction du secteur financier pour que l’accès à ce secteur financier soit une réalité. Alors, c’est pour vous dire que on avait pris un chemin d’espoir, les auteurs étaient là, je vous ai donné un exemple. Les trois années en termes de mobilisation de ressources additionnelles, je dis bien additionnelles de l’ordre de 200 milliards. Mes chers compatriotes, je dis bien de l’ordre de 200 milliards en terme d’augmentation et naturellement comment les a-t-on utilisés. Nous avons prélevé 60 milliards pour améliorer les conditions de travail des travailleurs, des syndicats, etc, sous forme de primes de salaires, etc. Je dis bien 60 milliards d’augmentation avec naturellement une affectation aux enseignants parce que pour nous, le défi de ce 21e siècle, c’est de créer les conditions pour que notre cher pays puisse travailler à l’amélioration des conditions, avoir les ressources humaines de qualité. Et seules les nations qui réussiront dans ce défi pourront tenir. C’est pourquoi dans la recherche de comment nous allons faire pour créer les bonnes conditions de travail pour les enseignants, 60 milliards y ont été affectés. La Sbee naturellement qui a été une unité de production. Qu’est-ce que nous pouvons faire s’il n’y a pas d’électricité ? Soit dans le cadre de l’amélioration de nos conditions de vie, ou l’assainissement de nos villes, en tant que facteurs de production ? Sans l’électricité, est-ce qu’on peut produire ? On a été condamné à affecter 70 milliards sur les 200 milliards pour soutenir la Sbee. Parce qu’on est arrivé à un moment où elle ne peut plus se refueler pour produire et ne peut pas non plus faire face à ses dettes vis-à-vis de la communauté électrique du Bénin, c’est-à-dire cet organisme étatique que nous avons mis en place entre le Bénin et le Togo. Le reste a été utilisé pour la construction d’infrastructures etc. A un moment donné quand on fait le point, nous avons sorti les sujets qui fâchent pour pouvoir accroître nos ressources. Nous n’avons pas dit que nous avons découvert du pétrole, et que nous avons commencé par exporter du pétrole. Bien au contraire, c’est toujours dans les mêmes conditions de travail. Seulement, qu’on a mis l’accent sur les ressources qui échappaient au Trésor et rendons grâce çà Dieu, une bonne équipe nous a permis de maximiser ces ressources-là. Aujourd’hui, malheureusement, je dis bien malheureusement si cette crise n’était pas venue, on avait pris un bon départ. Alors 60 milliards pour les travailleurs et 70 milliards pour la Sbee…

 

Avez-vous eu l’impression que cela a eu un impact positif même sans la crise ?

 

S’il n’y avait pas ça, comment serait la situation ? Je vous ai dit si on ne faisait rien par exemple en direction de la Sbee, le pays serait complètement dans le noir. Je me suis levé un matin quand on est venu me dire, soit on forme la Sbee, soit on procède aux réajustements. Il en est de même pour la Soneb. Mais qu’est-ce que je pouvais faire ? Depuis, maintenant deux ans, le Ghana et le Nigéria qui nous donnaient l’énergie ont réduit leur offre. Il est vrai qu’on note aujourd’hui une inversion après qu’on s’est retrouvés à Kara au Togo dans le cadre de l’alliance pour la coprospérité. Or, l’essentiel de l’énergie que nous consommons au Bénin vient de l’extérieur. Alors qu’est-ce que nous pouvions faire ? Il fallait louer naturellement des centrales thermiques et atelier du fuel. Et ça coûte cher à un moment, il y avait cette envolée des prix des produits pétroliers. Je dois dire qu’à un moment donné de manière générale, la Sbee……. Il fallait un liquidateur et ce n’est pas évident franchement. C’est le moment pour que nous mettions en place courageusement les réformes qu’il faille pour sauver notre système de production de transport et de distribution d’énergie parce que sans énergie, on ne peut pas aller au développement et à la prospérité que nous appelons de tous nos vœux. On a fait en sorte que la production de l’énergie thermique de la part de » la Sbee représente près de 30% de notre consommation. L’énergie qui vient du Ghana est moins chère. Celle qui vient du Nigéria est encore beaucoup moins chère. Mais malheureusement des fois, on la reçoit et ça s’entrecoupe compte tenu des problèmes qu’ils ont de leur côté eux aussi. La source la plus chère est l’énergie thermique que nous produisons qui représentait 30% de notre consommation interne. Si rien n’était fait, il fallait fermer la Sbee. Et c’était à un moment où la Ceb a écrit pour nous notifier qu’elle est tenue d’augmenter le tarif de 5 francs aux sociétés comme la Cet au Togo et la Sbee au Bénin. Comment pouvions-nous faire ? Cela nous a poussé à augmenter le tarif de 15francs…..Et là, dedans nous avions prévu que nous ouvrions un compte séquestre pour faire en sorte que les 70 milliards que le contribuable béninois a transféré à la Sbee puisent être remboursés. Parce que pour le moment, on le met ça sous forme d’avance. Ce serait trop beau.

 

Et si ce n’est pas remboursé ?

 

Eh bien, nous allons y veiller. Nous avons soutenu l’ajustement parce que le contexte international aujourd’hui est sévère. Seuls les plus forts et les plus riches survivent. Puisque nous vivions là, nous qui sommes des pays pauvres et nous sommes obligés de nous défendre. Nous sommes obligés d’aller tout au moins dans la vérité des prix. …Ce que j’ai dit, il n’est pas question de détruire l’emploi. L’équilibre social sera préservé. Il n’y a rien à faire. Mais comment allons-nous faire ? C’est de créer maintenant un nouvel environnement qui puisse promouvoir plus de production de l’énergie, du transport et une meilleure distribution à des prix hautement compétitifs. Aujourd’hui, c’est l’Etat qui est là… ce que nous avons vu à la Sbee, je ne peux pas le dire parce que si je le dis, on dira que c’est le président de la République qu’il faut inviter au Parlement pour qu’il s’explique. Je préfère pour le moment travailler rapidement.

 

Vous avez peur de vous expliquer devant les députés ?

 

Non, avec plaisir. C’est la vitalité de notre démocratie. J’en suis fier. Je n’ose pas le dire mais quand on m’injurie, je suis tellement heureux. Je ris tout le temps.

On a compris que la hausse de tarif à la Sbee et à la Soneb s’impose à nous. Donc il fallait faire face à cela. On en là mais il faut comprendre qu’au regard des difficultés économiques et financières qui s’imposaient à tout le monde ont du mal à les diriger. Alors vous nous avez énuméré les propositions que la Commission nationale de la gestion de la crise a faites. Et même en dehors de ces propositions, votre gouvernement a pris des initiatives.

 

 Aujourd’hui, où est ce qu’on en est avec la mise en œuvre de ces initiatives ?

 

Il y a des mesures à effet immédiat c’est-à-dire des membres qu’il faut mettre en œuvre immédiatement surtout au niveau de nos régies….je suis allé à Hilacondji pour rassurer mes chers compatriotes qui donnent leur vie à la Nation. Je suis allé à la direction générale de la douane où on a échangé. Ils m’ont parlé. Je leur ai dit que tout ce qu’ils m’ont dit n’est pas tombé dans des oreilles de sourd. Nous sommes condamnés à ….Mais ils m’ont dit qu’ils ont besoin de 4 milliards de Fcfa sauf erreur de ma part. « Nous avons besoin de 4 milliards pour améliorer notre outil de travail ». Là, ils ont raison. Par exemple, à Hilacondji, ils ont du mal à identifier les articles qui sont enfermés dans les camions. Et comme les camions qui arrivent sont nombreux, il n’y a pas un univers de parking pour leur permettre de décharger. Ils ont dit qu’il y a un projet. J’ai demandé à ce qu’on construise ce magasin et qu’on prévoie l’aire retenue. J’ai dit que je fais venir le maire qui m’a fait de ces projets et nous allons soutenir cela pour créer des parkings pour permettre aux gros-porteurs de se prêter éventuellement aux obligations des citoyennes. Les impôts, le trésor, la douane ont déclaré avoir besoin de 4 milliards de Fcfa. On a décidé de leur affecter ça. On va leur allouer tous les moyens. Toutes ces régies vont se moderniser. Et ça va accroître leurs capacités de mobilisation de ressources. On parle de véhicules, d’outils informatiques etc. Les demandes sont fondées. Vous avez des mesures immédiates qui sont liées aux effets de la crise et vous avez des mesures qui relèvent naturellement du moyen ou du long terme pour améliorer d’une manière générale tout le dispositif qui est prévu pour mobiliser des ressources abondantes au profit du développement de notre cher pays. Nous allons organiser un séminaire en présence de toutes les parties. Nous allons d’ailleurs impliquer nos concitoyens syndicalistes pour que tout le monde se sente concerné. Et nous irons d’ailleurs …On va en parler à nos députés, aux partis politiques, à tout le monde. C’est ce que nous allons faire. C’est un élan de dimension nationale pour que le besoin puisse supporter les initiatives. Mais je dois dire que cette crise n’est pas venue pour nous épargner tant qu’on n’aura pas vu nos paradigmes fondamentaux. Il faut que nous trouvions une autre ligne à l’administration. Si aujourd’hui, l’administration doit continuer telle qu’elle est, excusez-moi le terme, nous sommes morts. Nous devons donc revoir à travers les morts à travers les réformes administratives comment faire pour que cette administration puisse répondre aux réoccupations du développement. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. La meilleure gouvernance est l’une des réponses appropriées à la crise. Nos ressources sont limitées. Et il faut bien les préserver, les utiliser à bon escient naturellement pour que nous puissions bien couvrir nos besoins.

 

Mais au nombre des solutions proposées pour juguler la crise pour des pays pauvres comme le nôtre, il y a la production agricole. Au début, vous avez déjà projeté la révolution verte. Il y a eu le Puasa… Où en est-on aujourd’hui avec ce projet là ?

 

Merci d’avoir énuméré ce qui a été fait jusque-là. Pour le moment, nous avons constaté que les productions végétales, animales et halieutiques se sont améliorées sur toute l’étendue du territoire national. Nous avons voulu aller loin remettre les intrants à la disposition des producteurs, surtout travaillé pour le renforcement de leurs capacités. Nous avons renoué avec le passé. Au moins, le Carder. Nous avons recruté des en cadreurs. Nous nous sommes demandé si ce ne serait pas du leurre de vouloir améliorer fortement la production agricole sans passer par la mécanisation. Or, nous n’avons pas le choix, la question agricole est très importante. Surtout rendons grâce à Dieu, il nous a données de terres fertiles (à peu près 7 millions d’hectares). Il y a des pays qui cherchent ça et qui ne trouvent pas. Mais de cette superficie, on en cultive peut-être à peine 1%. On pouvait aller jusqu’à 10 millions d’hectares. On a des terres arrosées. Et il y a de l’eau partout en période pluvieuse. Nous allons inventorier toutes les terres et régler la question de la réforme foncière qui est fondamentale. Notre code foncier rural dit ce qui appartient à l’Etat est ce qui n’a jamais été exploité par qui que ce soit. Imaginez on va où ? Il faut revoir tout ça. La situation est telle que vous ne pouvez pas aller quelque part sans que quelqu’un vous dise : cette terre m’appartient. Tant qu’on n’aura pas réglé cette question là, on n’ira nulle part. A un moment donné l’Etat avait occupé certaines parcelles que nous sommes en train d’occuper aujourd’hui. Nous avons dit allons à la recherche de la vallée de l’Ouémé qui est la seconde la plus riche au monde, après le Nil. On a rien fait à ce niveau. Mais on ne bouge pas. Nous passons à la phase de la mécanisation, comme vous en avez fait allusion. Mais nos ressources sont limitées. Peut-être au moins 10 milliards d’acquisition de matériels agricoles. Comme la partie méridionale de notre pays contient des arbres, des herbes. Il serait illusoire de les enlever à la main. D’où l’idée des essoucheuses. Tout ça a été acquis. Mais toujours est-il qu’il nous faut passer à la mécanisation, régler la question de l’eau et la question des intrants moins chers qu’il faut mettre à la disposition des producteurs. Pour certaines catégories, on en a mis de façon gratuite d’ailleurs. Donc ce n’est pas facile. Et il faut régler la question des débouchés. Lorsque la production est disponible, il faut trouver des méthodes pour l’acheter et soulager les producteurs……...

 

Malversations dans le dossier Cen-Sad

Monsieur le Président, les Béninois veulent vous entendre sur le dossier de la Cen-Sad.

 

C’est leur droit puisque je leur ai dit que notre démocratie gagnera au fur à mesure que mes compatriotes vont s’imposer un certain nombre de principes au nombre desquels figure l’obligation de reddition des comptes, l’obligation du compte-rendu je crois et naturellement l’obligation de résultats. Bon…je crois que je dois vous dire que naturellement je suis un peu peiné d’en parler ; que je sois aujourd’hui devant ce tribunal parce qu’il y a un tribunal. Il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées. Bon, mis je pries Dieu tout puissant que la nation se retrouve le plus rapidement que possible. Mais naturellement, c’est à nous de créer les conditions. C’est à moi, le devoir qui m’incombe, c’est de rassurer les gens. Ma vision n’a pas changé s’agissant de la meilleure utilisation de nos ressources limitées à des fins de développement de notre nation. Ma vision n’a pas changé sur la question de la lutte contre la corruption, je vous le jure. Mais je crois, vous entendrez beaucoup de choses, c’est normal. Je suis un peu, plus ou moins la poubelle. La Cen-sad, est-ce qu’on a eu tort de demander ce sommet ? Vraiment ! Moi, je pensais que c’était nécessaire. Que tous les investissements que nous avons fait, à un moment où les ressources étaient limitées, il faut le reconnaître. Mais, à un moment, puisque nous sommes condamnés à régler ça, il faut le faire. Je vous ai parlé des ressources additionnelles que Dieu nous a donné au prix de poursuivre, de pourchasser certaines ressources qui nous échappaient hier. Il faut les récupérer ; ce que nous avons fait. On va aller vite puisqu’on a ça. Quand on dit que c’est à cause de la Cen-sad qu’on a fait même des fois, bon, je suis un peu…comment m’expliquer même, je ne sais pas. C’était nécessaire. Même s’il n’y avait pas la Cen-sad, il fallait le faire. Peut-être, ce qu’on me dira, ça devait être programmé dans le temps. C’est vrai ! mais de temps en temps, je constate que quand on veut aller vite aussi, eh bien, on a des problèmes. Depuis l’indépendance, notre aéroport, est-ce que c’est ç que nous méritons aujourd’hui ? on est en train de parler de quarante neuvième anniversaire, qu’on ait qu’une piste où il y a à peine neuf postes de parking. Même les gros porteurs ne pouvaient pas atterrir. Il faut qu’ils aillent jusqu’au Togo. Mais ce n’est pas possible. Il y a aussi des questions qui devaient être non négociables. On a pourparlé jusqu’à vingt (20) y compris au moins certains postes pour accueillir les gros porteurs. Ce que nous avons fait dans un premier temps d’abord pour aller à vingt deux (22) lorsqu’on nous a dit attention ça ne suffit pas. On a dit bon, poussez, on va aller à vingt cinq (25) postes. On a fait lancer un appel d’offres international. Je crois que c’est Colas qui a gagné ce marché là. La voie qui quitte l’aéroport qui passe devant le Ministère de la défense, qui va à Air Afrique…là aussi, je reconnais que ce n’était pas prévu dans le budget voté par nos illustres, nos honorables députés. Je le reconnais vraiment. C’est pourquoi d’ailleurs lorsqu’on on a dit nous allons saisir la BIDC, cette banque de la Cedeao pour nous aider à régler aussi, parce qu’à un moment donné, cette piste là se dégradait, était totalement dégradée lorsqu’on quitte l’aéroport ; l’aéroport en fait, c’est notre label. Lorsqu’on dit qu’il faut créer au Bénin un environnement d’affaires de classe internationale, c’est de ça qu’il s’agit. On ne pouvait plus passer parce qu’on a déjà oublié que cette voie là allait disparaître si rien n’était fait. On a dit, on va aller vite également. Bon, les députés vont nous taper dessus mais ce n’est pas grave. N’est-ce pas ! On s’est lancé dedans, il y au eu un appel d’offres international et il y avait deux on m’a dit, un certain Yaya, un opérateur économique plus Colas je crois. Sauf erreur de ma part. et les deux avaient proposé une offre de l’ordre de treize, quatorze milliards. Ce dossier est passé au conseil des ministres aussi. Ils ont dit treize, quatorze milliards, allez négocier, on n’a pas de moyens etc. prenez celui qui aura consentir plus de réduction. Ils sont venus nous dire, je crois le ministre de TP, oui c’est Yaya qui a accepté pour dix, onze milliards. On avait décidé de faire ça. Et quand on a commencé déjà, j’ai fais venir le Président de la BIDC, Christian Adovelandé. Je lui ai dis sauvez nous, on va finir ça une fois pour toutes. Mais la voie qui quitte l’aéroport et qui passe par Sheraton et autres, là on a fait ça sous forme de maîtrise d’ouvrage déléguée parce qu’on voulait faire tout ça là à la fois et qu’on en finisse. On sait qu’au moins Cotonou, notre capitale économique, il faut l’embellir une fois pour toute, et la doter d’infrastructures quand même qui puisse être à la hauteur de notre démocratie. Naturellement, ce qui a été fait parce que la Banque mondiale nous a recommandé en disant « si vous avez des problèmes de bureaucratie, de lourdeur administrative, vous pouvez vous attacher les services d’un privé, d’une institution privée. Et c’est dès qu’ils ont fait l’appel d’offres, ils ont pris Agetur. Donc, c’est l’Agetur qui s’est substitué à l’Etat pour faire cette voie qui passe devant Sheraton et c’est l’Agetur qui a fait l’appel d’offres de lui-même je crois. Les comptes de l’Agetur sont certifiés, sont reconnus sur le plan international, les comptes sont audités etc. c’est-à-dire qu’on fait l’hypothèse que l’appel d’offres de Agetur est transparent. Voilà ce que nous avons fait. Mais, naturellement, tous ces dossiers Aéroport, devant Sheraton jusqu’à Air Afrique, tous ces dossiers sont passés au conseil des ministres mais ce qui n’est pas passé d’une manière formelle en tant que marché public, suivez bien, c’est la rénovation du Cic et du Palais des congrès. Je dois vous dire qu’à la faveur du sommet, on a dit qu’il faut embellir notre ville, nos institutions là où on va faire des réunions et tout ça. Je le reconnais. Jusque là encore, c’était le fait on repeint, on fait ceci, on fait cela ; voyez. Et puis, j’ai entendu aussi qu’il fallait revoir la salle etc. etc. le conseil des ministres, il y a des moments où je n’y vais si je n’ai pas de point particulier, s’il n’y a pas de dossiers qui nécessitent ma présence parce que pour moi, je leur fais confiance. Et je demande Monsieur le ministre d’Etat qui coordonne l’activité gouvernementale, allez présider. Jusque là encore, c’est vrai, il n’y a pas une pratique en tant que telle, puisqu’on avait vu ces dossiers sur les trois voies, les trois infrastructures, lorsqu’on a appris, rappelez vous, tout le peuple béninois a constaté que la devanture du Cic est tombée en pleine réfection. Je crois que c’est ça qui a attiré l’attention des gens, que tout le monde a, à un moment regretté, puisqu’il y a eu mort d’homme. Il y a un compatriote qui est mort. Et puis, naturellement, ce n’est plus un sujet banal quand on était à quelques jours du sommet de la Cen-sad, les gens s’étaient affairés à travailler partout, partout et il n’y avait pas de temps. Je m’étais dit, après le sommet, on va régler ça. Il y a eu le sommet. Lorsqu’il y a eu le sommet, après le sommet, les gens continuaient par dire oui, voilà il y a ceci, surfacturation… il y a ceci. Très bien ! J’ai été heureux d’apprendre un jour que les députés disent qu’ils vont envoyer une commission d’enquête parlementaire. Je dis ah ! Dieu, je te remercie infiniment. Donc on était là, premier mois rien. Deuxième mois, rien. Troisième mois rien. Qu’est ce que ça veut dire ça ? Je dis mais, j’ai poussé même certains députés « allez me voir ça » parce que les résultats des députés me permettraient naturellement de faire le ménage dans mes rangs. Jusque là, je vous le jure, Dieu est témoin, j’ai toujours crû que c’était le ministère de l’urbanisme qui avait fait le travail. Ce que je voudrais ajouter, c’est que le comité d’organisation aurait, je dis bien aurait, là il faut être honnête, aurait fait une communication pour dire qu’ils vont renouveler, ils ont même donné le coût 2 milliards 600 millions je crois en hors taxe (Ht) soit l’équivalent de 3 milliards 100 millions en toutes taxes comprises (Ttc) sous forme de communication en conseil. Je le dis parce que, lorsque l’affaire est arrivée, tout le monde avait oublié qu’une telle communication est passée. Tout le monde ! J’étais chez moi lorsqu’un jour, on m’a attiré la main, j’ai appelé le secrétaire général je dis mais, « vous dites qu’il n’y avait pas le dossier, vérifiez. Je viens d’apprendre qu’il y a eu une communication ». Il se lève, ils ont fouillé. Lui aussi, en tant que secrétaire général par intérim, il a fouillé, fouillé certainement il n’était pas là, il n’était pas le titulaire. Le titulaire est devenu aujourd’hui ministre de la justice, garde des sceaux. Donc il a fouillé et il a dit « Monsieur le Président, j’ai trouvé un dossier. C’est le comité d’organisation qui a introduit le document la dans, il ont dit que la réhabilitation devait revenir à 2 milliards 600 millions hors taxes soit 3 milliards 100 millions toutes taxes comprises ». Eh bien, puisque moi j’avais dis au ministre Lawani, vous êtes dur. Puisqu’à un moment donné, moi j’avais entendu dire qu’il n’y a pas une communication. Mais en réalité, ce n’est pas lui qui a introduit. C’est le comité. Mais à la seule différence qu’il n’y avait pas un dossier de marché public. Voyez la nuance. Il y a une seule communication pour dire on va réhabiliter, mais il n’y avait pas un dossier pour aider à minimiser les coûts etc. ou à tenir compte de la qualité de l’adjudicataire. Il n’y avait pas ça. Mais ils avaient dit, nous allons le faire, ça coûtera 2 milliards 600 millions hors taxes. Il semble, je dis bien que je n’étais pas à ce conseil en ce moment, il y a eu le sommet. Lorsqu’il y a eu le sommet, quelques mois après, nos députés avec raison, ont commencé par dire attention ça ne va pas, on va faire une commission d’enquête parlementaire mais qu’ils n’ont pas mise en place pendant trois mois. Je dis mais cette affaire là, eh bien, j’ai besoin de connaître ce qui s’est passé. J’ai besoin d’informer le peuple dans le cadre de l’obligation de reddition des comptes. Et c’est comme ça que j’ai appelé l’IGE. Personne ne m’a contraint. Personne, personne ! Parce que personne ne savait comment je fonctionne. Aucun partenaire financier ou chose ne m’a…c’est de l’intoxication tout ça là. J’ai dis l’IGE, allez me faire ça. Et c’est comme ça que l’IGE est allée. Dix jours après, ce détail est important parce que je suis obligé de dire ce qui se passe. J’ai déjà appelé, je dis mais où est-ce que vous en êtes depuis que vous avez commencé le travail. Oui on a… je dis allez-y vite, c’est indispensable pour moi. Et c’est comme ça qu’ils ont travaillé. Nous sommes arrivés au mois de novembre. Au mois de novembre, naturellement, il faut donner une base légale à tout ce que nous avons fait dans le cadre de la Cen-sad qui n’était pas prévu dans le budget initial de 2008. Donc naturellement, d’où l’idée du collectif budgétaire. Naturellement, les députés, ils sont dans leur rôle. « Ah, nous, on n’a pas été associé etc. » ça a été rejeté. Mais, je rends grâce à Dieu puisque le constitutionnaliste a exprimé que pour faire tourner les institutions de la République, pour faire tourner la nation, il fallait un point de sortie. Et c’est comme ça que j’ai décidé le collectif avec l’ordonnance. Mais, je l’ai fais parce que c’était nécessaire. C’est pour prouver que je suis attaché à notre constitution. Si je ne l’avais pas fait, ça veut dire quoi et que je continuais de poser des actions dans le cadre de l’action gouvernementale, ça veut dire que j’ignore les députés, ça veut dire que je viole notre constitution. C’est ce que ça signifie. Et naturellement, ils seraient dans leur droit en disant nous allons traduire le Président de la République devant la Haute Cour de Justice pour raison de parjure. Je dis ah, ce n’est pas moi ça. A Porto-Novo, j’ai prêté serment sur cette constitution. Je vais prendre l’ordonnance. Pour eux, c’est anti-démocratique. Je dis mais, je suis obligé de prendre par la porte qui va me sauver moi ! Donc, c’est comme ça que j’ai pris l’ordonnance. Mais, naturellement, ce qui est écrit dans le collectif, vous pensez combien de comptes, combien de ceci et tout ça là, je sois capable de lire au moment où tout ce travail là se faisait ? Seul le ministre des finances peut savoir ce qu’il a écrit dans les chapitres etc. Donc, toujours est-il qu’on est passé. Mais pendant qu’on faisait ce débat, puisque les députés posaient ce problème de mal gouvernance, naturellement, l’IGE ne m’avait pas remis ses résultats. L’IGE continuait de travailler. Mais, sur quelle base, je pouvais sanctionner les gens ? sur la base de « ils ont dit, ils ont dit » ou sur la base des intoxications auxquelles on est habitué maintenant ? J’ai gardé mon sang-froid. J’ai dit, il vaut mieux que j’aie un support. Et effectivement, l’IGE a fini par me donner le support. Il faut dire que j’avais demandé, mais pourquoi vous avez mis tant de temps. Ils m’ont dit ces gars là ils ont mis du temps, deux mois, ils ne voulaient même pas se prêter à leurs investigations d’après ce qu’il m’a dit. Je dis, je vous félicite. Il m’av remis ça. Naturellement, je n’ai pas tardé. Lorsque, je crois que c’était en deux temps. Je dis mais il vaut mieux fusionner. Je veux aller au conseil des ministres. Et c’est comme ça que le conseil des ministres a été convoqué de moi-même en toute indépendance. Aucun partenaire au développement ne savait que j’avais cette affaire. Et c’est comme ça que j’ai réuni le conseil des ministres. On a pris la décision d’aller, le conseil a été houleux, c’est normal, de neuf heures à seize heures, ce n’était pas gai. C’était comme si je tirais sur mes troupes. Moi-même, je savais que beh, eh bien cette période là, voici une période difficile qui s’ouvre pour moi. C’est normal. Mais je me devais de le faire, dans l’obligation de rendre compte à ce peuple. Je l’ai fais. Mais le rapport qui a incriminé le ministre des finances, le pauvre, vous savez les relations qui le lient à moi ? D’abord quand je vois les gens s’agiter ; est-ce qu’avant de le nommer, j’ai consulté qui que ce soit ? C’est moi qui l’ai fait venir. Je continue de l’aimer mais s’il y a quelque chose, j’ai des enfants et tout ça qui font, non tu as mal fais, je ne suis pas d’accord. Ça s’est passé comme ça. Et lorsque les résultats ont été diffusés, bon je vous ai dit qu’on n’a pas changé une virgule pour respecter l’indépendance de l’IGE. Mais je vais avouer que le jour où l’IGE m’a remis le document, j’ai ouvert et c’est le jour là que j’ai su que c’est le ministère de l’économie et des finances qui a fait les travaux. C’est Monsieur Lawani puisqu’ils ont écrit que c’est lui qui a géré l’affaire. Mais malgré ça, j’ai appelé le ministre Noudégbèssi. Je l’ai appelé. Je dis « répondez à l’IGE ». Et effectivement, j’ai vu que c’est le ministre Lawani qui m’a remis sa réponse. Vingt quatre heures après, comme je n’ai pas vu Noudégbèssi réagir, je l’ai convoqué et j’ai dis mais vous là, comment ça, et la réponse ? Et c’est là qu’il me dit mais Monsieur le Président, je ne me suis pas occupé du dossier. Donc, ça vient confirmer ce que l’IGE a écrit. Je vous dis que c’est le jour là que j’ai su que c’est le ministère de l’économie et des finances qui s’est occupé de la rénovation. Mais naturellement, ça a suscité une polémique. Et avant d’aller au conseil, j’ai appelé l’IGE, je dis mais, le ministre Lawani vous a répondu ? Vous tenez sur ce que vous avez écrit ? Voici ce qu’il a écrit quand même. Il me dit « Monsieur le Président, Ce qu’il a dit n’est pas vrai ». On est quitté là pour au conseil des ministres. Donc, on est parti au conseil. Si c’est ça, je ne veux pas, puisque l’IGE, en la créant, je tiens à respecter ce qu’elle a écrit, ce qu’elle fait. Et c’est comme ça qu’on a balancé l’affaire sans toucher aux virgules. En principe, si je voulais tricher avec le peuple, mes chers compatriotes, c’était de prendre et de cacher. Loin de cacher, je ne sais pas si c’est ce qui se faisait avant, je dis de prendre et de cacher et puis terminé. Les gens vont bouder, bouder et puis c’est terminer non ! Je dis non. Je ne veux pas trahir ce peuple là. C’est vrai, c’est un problème. Si le Cic s’est effondré, voilà, voilà…appréciez ! On a prononcé, sur la base des propositions de l’Ige, c’est l’Ige qui a identifié les gens pour dire il fut sanctionner tel, il faut sanctionner tel. Moi, je ne connais personne. On a adopté la recommandation. C’est après qu’on dit que c’est ministre de tel. Je dis bon, si c’est ça, Monsieur le Ministre d’Etat Koupaki, regroupez moi tous les protagonistes. Surtout que le ministre Lawani, dans la réponse qu’il a donnée, a rejeté ce que l’Ige a écrit. Je dis bon, si c’est ça, je veux être juste, regroupez tous les protagonistes, écoutez-les. Et c’est comme ça que le ministre d’Etat Koupaki les a regroupé et les a écoutés. Et nous a fait un rapport en disant, en réalité, les conclusions de l’Ige ne peuvent pas être rejetées. Mais le problème dans cette affaire, c’est qu’ils ne sont pas arrivés à nous situer les responsabilités. Je ne veux pas rentrer dans les détails. Je dis que si c’est ça, les gens ont dû constater d’ailleurs entre le rapport de l’Ige lorsque le rapport a été publié, que c’était le ministre Lawani qui a été incriminé. Mais lui était déjà parti pour les histoires d’arrêtés qui devaient nous coûter vingt et un milliards sans que moi je ne sois informé, sans que le ministre des finances ne soit informé. Je dis mais ça là quand même, ça viole les dispositions de la Charte de fonctionnement du gouvernement…

 

A propos de Noudégbèssi….

 

Donc, lorsqu’il est parti, vous avez dû remarquer que au moment où on a publié ce rapport, on n’a rien dit jusque là de Noudégbèssi. C’est lorsque la réunion qu’on a appris évidemment qu’il y avait un problème de correspondance entre les structures du ministère de l’urbanisme et les structures du ministère des finances sur cette affaire. Dès cet instant, pour voir clair, il vaut mieux que le ministre Noudegbèssi, accusé, ils ont accusé, est-ce que c’est vrai, est-ce que c’est faux, d’avoir quelques adjudicataires, je dis si c’est ça monsieur le ministre, je vais vous mettre de côté à des fins d’enquêtes ou de justice. On est en démocratie, c’est vous qui devez vous dire D’ailleurs même, moi je démissionne, je me mets à la disposition de la justice. Donc, c’est comme que dans un second temps, il a été mis à l’écart. Mais puisqu’on nous a dit que les responsabilités n’étaient pas identifiées, on va faire une commission qui va écouter tout le monde maintenant, franchement dans les détails et nous situer les responsabilités. Nous en sommes là. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui qui a tort, qui a raison. Le ministre Lawani, je ne l’accuse pas du tout. Je marche sur ce que l’IGE a écrit et j’ai fais ça parce que, il le sait bien, je tiens à l’obligation de compte rendu à ce peuple là devant qui j’ai prêté serment. Donc, ça s’est passé comme ça. Mais, naturellement, ce que je voulais vous dire dans cette affaire, j’endosse la responsabilité puisque je suis le président, c’est moi qui ai nommé Lawani et Noudégbessi…c’est moi qui ai nommé les ministres. J’ai cette responsabilité morale. J’assume. Mais l’objet de la commission neutre d’enquête va situer les coupables et je rassure que les coupables seront sanctionnés, il n’y a rien à faire. Mais je ne peux pas sanctionner, mais qui vais-je sanctionner en l’étape actuelle des choses ? Encore que, il y a une confusion. Qui a fait quoi etc. etc. a ce jour, je préfère ne pas en parler parce que je ne sais pas ce qui s’est réellement passé. Mais là où je veux en arriver, je dis que j’assume parce que je suis responsable. Mais quelle que part, est-ce qu’il faut que dise comment nous travaillons ? Non, naturellement. Je ne voudrais pas mettre dans la rue ce qui me lie aux ministres, je ne préfère pas, vraiment. Mais il y a l’essentiel quand même parce que je suis très attaché à cette obligation de reddition des comptes. Dans tous les cas de figure, je ne rejette pas mes ministres. Ils sont braves. Quand je nomme quelqu’un, c’est que je lui fais confiance. Est-ce que vous pouvez me reprochez d’avoir nommé le ministre Lawani ? il est expert-comptable, chargé de la comptabilité de la Bceao, le budget de la Bceao. En termes de niveau, je n’ai rien à reprocher à ma conscience. J’ai voulu servir la nation. Honnête, j’ai voulais être honnête. Je cherche des compétences. Ce que j’ai cru faire. Le ministre Koupaki qui était là qui n’a pas du tout, du tout démérité ; qui a fait du bon travail d’ailleurs pour aller à l’autre département du développement. Je dis qu’à un moment donné, on a presque fini l’assainissement des finances publiques. On était des rares pays à avoir résorbé les arriérés intérieurs c’est-à-dire la dette du secteur productif vis-à-vis de l’Etat. On avait tout payé à un moment donné. Tout, tout, tout. On était prêt. On fait parti des rares pays des arriérés salariaux. On s’est lancé dans le processus de la résorption des arriérés salariaux vis-à-vis des fonctionnaires. L’assainissement était proche. Franchement, je rends grâce à Dieu. Lorsque j’ai dit bon, puisqu’on est arrivé à ce stade là, monsieur le ministre d’Etat Koupaki, vous, vous irez au développement pour repréciser la vision, où est-ce que nous conduisons notre cher peuple, notre cher pays. Nous devons identifier la voie, où est-ce que nous allons, quelles sont les stratégies etc. mais si vous êtes au ministère des finances, vous allez faire du quotidien. C’est comme ça que je luis ai dit…et j’ai fais venir Lawani. C’est comme ça. Naturellement, je dois reconnaître dans cette affaire là, lorsque les faits se sont passés, j’ai convoqué le ministre Lawani, je dis bien que j’aime bien, qu’est ce qui s’est passé ? quelle que part, est-ce que je peux conclure ou déduire. Donc je l’ai convoqué. Je lui ai dis mais, ce dossier là, Cic et tout ça là, vous êtes courageux ! Pourquoi vous n’avez pas transférez les marchés publics au conseil des ministres si vous ne voulez pas m’en parler ? De deux, d’une manière générale d’ailleurs, j’ai constaté que les fonds publics, vous les gérer seul. C’est dangereux. Lorsqu’il y a des marchés publics, lorsque vous prenez le système des ministères, le ministre des finances, c’est lui qui a la responsabilité financière de la nation. Et prenons le cas des marchés publics. Un ministre qui décide de droit du gré à gré. On le présage. Tel qu’on est là aujourd’hui, je ne suis pas informé. Mais le code des marchés publics dit que ce ministre là s’adresse au ministre des finances qui seul donne la dérogation. Mais le code des marchés publics ne dit pas qu’avant de donner la dérogation, il doit voir le Président de la République ou il doit aller au conseil des ministres. Le code des marchés publics ne dit pas ça. Mais, si c’est quelqu’un qui a peur, qui est humble, il se dit ce dossier là, je ne peux pas gérer ça seul. Je préfère aller me couvrir, n’est-ce pas ? Il n’a pas crû faire ça parce que soi-disant d’après la réponse qu’il m’a donné, j’ai crû avoir agi dans le cadre de ma délégation de pouvoir. C’est ce qu’il m’a dit. C’est la réponse qu’il m’a donné. D’abord, la première fois, je l’ai eu ; je l’ai convoqué dans mon bureau. Je dis mais, c’est grave ce qui se passe. Pourquoi vous l’avez fait seul ? Lorsque j’ai reçu le rapport de l’Ige. Puisque vous ne voulez pas me parler, et votre collègue Koupaki. Il m’a dit, « je croyais à l’autonomie des ministères ». Deux jours après, j’ai convoqué le ministre d’Etat Koupaki, le ministre d’Etat Kogui plus lui-même le ministre des finances. Je dis mais, monsieur le ministre Lawani, d’une manière générale, vous avez engagé la nation avec les fonds publics seul, mais qu’est-ce que vous faites ? Les institutions de la République, les administrations et tout ça, si vous faire seul, mes compatriotes vont vous induire en erreur si vous ne savez pas faire. Partagez ! Il y avait Kogui et Koupaki. Et c’est là qu’il m’a répondu une deuxième fois, « j’ai crû avoir agi dans le cadre de la délégation de mes pouvoirs ». Voilà ce qu’il m’a répondu. Et je dis, moi, si j’étais à votre place, je ne l’aurais pas fait. Je ne l’aurais pas fait. Puisque vous ne m’en avez pas parlé et vous n’êtes pas venu chercher la couverture au conseil des ministres. Donc, voilà ce qui s’est passé. Ce qui s’est passé, je dois vous dire, je suis mal placé pour savoir aujourd’hui ce qui s’est réellement passé dans les détails. Je ne l’accuse pas. Il s’est passé un incident, le Cic s’est affaissé, le peuple s’en est indigné. Moi, en tant que premier responsable, puisque je n’avais pas l’information, je dis Ige, allez me faire ça…

 

Yayi Boni ne protège pas ses ministres…

 

J’ai pris le rapport, j’ai réuni mes ministres, j’ai dit voici ce qui s’est passé. Allez, nous allons le publier. Vous qui êtes à côté de moi, je vous aime, je vous adore. Faites votre travail convenablement vis-à-vis de la Nation. Si vous faites autre chose, eh bien, je vais vous lâcher. Je ne vais pas couvrir. Je n’ai pas d’amis, je n’ai pas de parents. Je vais vous lâcher sur la question de la meilleure gouvernance, ça n’a pas de prix. Et effectivement, au moment où je le dis, c’est vraiment gênant mais il faut le faire. Je les aime tous et je salue le travail qu’ils font. Mais malheureusement, le problème qui concerne aujourd’hui le ministre Lawani, je dois vous dire que je suis le seul peut-être qui souffre énormément parce que j’aime ce garçon. Je l’aime bien. Comme, il s’est passé quelque chose qui transige avec mes convictions à moi, mais je me suis dit bon, je suis obligé. Et demain, il saura qu’en réalité, Yayi Boni a réellement raison. Alors, demain si on me donne les coupables, naturellement, je vais sanctionner.

 

Propos transcrits par Calixte Adiyéton & Claude Ahovè, Allégresse Sassé, Didier Kassaraté (Stagiaires)



 

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