Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Chronique du jour
La raison de Kérékou

" Le destin d’une nation peut dépendre d’un seul jour " disait Napoléon à Saint Hélène. Le Niger pleure depuis quelques jours le recul de la démocratie. Son président Mamadou Tandja a réussi le coup de force constitutionnel avec un ténébreux référendum. La nouvelle constitution lui promet le pouvoir à vie. Après avoir balayé la Cour constitutionnelle et le Parlement, le colonel s’offre la voie royale pour muer la présidence de la République en un trône où siégera le monarque nigérien du début de siècle. Les tristes nouvelles provenant de Niamey interrogent notre histoire et font naître un devoir d’hommage à Kérékou. La légende Kérékou continue de s’écrire sur des évènements produits par l’actualité de la révision de la constitution. Le Niger, désormais marque de fabrique du Colonel Tandja, rallume de loin les mérites du Général Kérékou. dont l’inspiration positive a permis d’éviter au Bénin le chaos. Rendons hommage à Kérékou malgré les élucubrations de politiciens ingrats et les écrits mortifères d’amuseurs de galerie mal inspirés.

 

Ceux qui estiment avoir empêché la révision de la constitution n’ont qu’à diluer leur forfanterie et modérer leurs ardeurs. Les affiches anti révision ne suffisent pas à fléchir un président réellement aveuglé par la fascination du pouvoir et à anéantir sa volonté de toucher à la constitution. A César ce qui est à césar. L’alternance réussie en mars 2006 n’est pas étrangère à la bonne volonté de Kérékou. La constitution du 11 décembre 1990 offre au chef de l’Etat l’initiative d’un référendum pour sa révision. Kérékou pourrait exploiter la légalité pour tenter le putsch constitutionnel et balancer au pire des cas la République dans la violence et l’incertitude.

 

La démocratie de Tandja ne s’est pas souciée de la promotion de l’alternance ni des menaces à la paix charriées par des actes dictatoriaux. En expérimentant la devise " l’Etat c’est moi " de Louis XIV, le maître de Niamey apparaît comme l’anti Kérékou. La dissolution fantaisiste d’institutions de la République et le plébiscite tronqué obtenu par le projet de constitution assurent le massacre des normes. Le Bénin de Kérékou n’est pas le Niger de Tandja. Les promesses de Boni Yayi de ne pas briser les dispositions constitutionnelles relatives aux limitations de mandat et d’âge renforcent notre fierté.

Le passage en force du président nigérien augmente l’éclat de la sagesse de Kérékou l’homme de paix foncièrement hostile à ce genre d’initiative, coup de boutoir contre la démocratie. Le général a maintes fois justifié sa réputation. Déjà en Février 1990, il signa l’acte de naissance de la démocratie béninoise en acceptant toutes les décisions issues de la conférence nationale des forces vives de la Nation. La collaboration à succès avec le premier ministre de la transition Nicéphore Dieudonné Soglo et la passation de pouvoir ont forgé à l’homme une incroyable notoriété. Le référendum et l’adoption d’une nouvelle constitution au Niger, malgré les larmes de l’opposition et le tohu-bohu de la rue contestataire et pleurnicharde prouvent les évidentes limites de la masse face aux ambitions d’un pseudo démocrate.

 

Kérékou peut légitimement gérer sa fierté, celle d’avoir cousu pour son pays des habits de paix avec les tissus d’un respect scrupuleux des textes de la République. C’est justement cet héritage que le changement doit sauver. La violation de la loi et la couture sur mesure de la constitution sont préjudiciables à la démocratie et à la paix. Le syndrome Tanja est une menace permanente. Mais chez nous, l’exemple Kérékou rassure et protège.




Sulpice O. Gbaguidi 

Source: FRATERNITE 18-08-2009



 


Publicité
Tag(s) : #EDITORIAL
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :