09/09/2009
Direction Générale: Prise de tête à l'Unesco
Réunie à Paris, l'organisation s'apprête à renouveler son directeur général. Mais les deux favoris sont en mauvaise posture.
YANN LIBESSART
(Jack Dabaghian / Reuters)
Depuis le 7 septembre, et jusqu'au 23, le conseil exécutif de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) tient sa 182e session. A l'ordre du jour, le choix d'un candidat à la succession du Japonais Koïchiro Matsuura au poste de directeur général de l'organisation.
Les neuf candidats en lice, tous déclarés avant le 31 mai 2009, seront auditionnés à partir du 15 septembre par les 58 représentants de l'exécutif. Ces derniers soumettront ensuite leur choix aux 193 Etats membres lors de la 35e conférence générale qui s'ouvre le 6 octobre, toujours dans la capitale.
Parmi ces postulants, deux personnalités faisaient figure de favoris: la commissaire europeénne aux relations extérieures, l'Autrichienne Benita Ferrero-Waldner, et l'ancien ministre de la culture égyptien, Farouk Hosny. Or, tous les deux se sont retrouvés au cœur de polémiques susceptibles de condamner leur candidature.
Concours de casseroles
Benita Ferrero-Waldner est ainsi critiquée pour avoir participé, en tant que ministre des affaires étrangères, à un gouvernement allié au FPÖ, le parti d'extrême droite de feu Jörg Haider. Quant à Farouk Hosny, son élection a longtemps été tenue pour acquise. Déjà appuyé par la Ligue Arabe et l'Union Africaine, ce proche du président Moubarak avait obtenu par cette entremise l'appui de Nicolas Sarkozy. Barack Obama, début juin, avait aussi choisi l'Egypte pour sa première visite officielle dans le monde arabe.
Une énorme gaffe est venu tout compromettre. En déclarant, après l'intervention israélienne à Gaza, être prêt à brûler tous les livres en hébreu présents dans les bibliothèques d'Egypte, Hosny a grandement hypothéqué ses chances de victoire. Des explications ont été publiées dans Le Monde du 28 mai après, selon le quotidien, une relecture d'Henri Guaino, la plume du Président français. Elles n'ont pas calmé la violente cabale lancée contre lui, notamment par le prix Nobel de la paix 1986 Elie Wiesel, l'écrivain Claude Lanzmann et le philosophe Bernard-Henri Levy.
Dans une récente tribune dans le journal américain The Huffington Post, BHL a une nouvelle fois savonné la planche de l'Egyptien: «Allons-nous confier les rênes d'une organisation culturelle mondiale à un homme qui, quand il entend le mot culture, attrape ses ciseaux et son briquet?»
Une troisième voie africaine
Compte tenu de cette situation, un candidat issu du sérail pourrait s'intercaler: le Béninois Nouréini Tidjani-Serpos. Ancien président du Conseil exécutif et sous-directeur général pour l'Afrique, son nom circule de plus en plus dans les couloirs du bâtiment de la place Fontenoy, dans le VIIe arrondissement.
Romancier et poète, cet ancien ministre peut incarner une alternative acceptable par l'ensemble de la communauté internationale et amener un peu de sérénité à la tête d'une organisation qui s'est fixée comme principal objectif de «construire la paix dans l'esprit des hommes».
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