Dénis Oba Chabi: Si le Fmi est aux trousses de Boni Yayi... c’est à cause des enseignants 30-09-2009 La session budgétaire exercice 2010, l’emprise de la Politique sur le développement, l’instabilité au sein des conseils communaux, le clivage G et F et une année scolaire apaisée. Ce sont autant de questions abordées par l’honorable Dénis Oba Chabi, député Fcbe pour votre journal.
Charles YANSUNNU Comment entrevoyez- vous la session budgétaire qui s’annonce ? Ce serait en principe pour la 3ème fois que nous allons voter le budget de l’Etat en ce qui concerne la 5ème législature. Tout se passera comme nous avons l’habitude de le faire Un de vos collègues a dit que cela ne sera pas facile puisqu’à ce jour, le gouvernement n’a pas introduit un collectif budgétaire Ce n’est pas les députés qui conçoivent le collectif budgétaire. C’est du ressort du gouvernement. Et nous ne pouvons pas les obliger à le faire. D’ici à là, ils sont tenus d’envoyer le collectif budgétaire. Pourquoi ce retard ? Vous n’êtes pas sans savoir que le gouvernement du Dr Boni Yayi est l’un des plus pragmatiques que nous ayons connus. Ça, il faut le dire, il faut aussi le reconnaître. Cet avis n’est pas partagé Oui, je suis d’accord qu’il peut ne pas être partagé par certains, mais la majorité sait que ce que je dis est vrai et vérifié et on est en démocratie. Vous savez aussi mieux que moi que la démocratie, c’est la moitié plus un. Si nous avons dix personnes et que six déjà disent la même chose, cela veut dire que tout le monde dit la même chose. Je disais tantôt qu’il y a eu des investissements que le budget 2009 n’avait pas pris en compte et il faut régulariser. Par rapport à ces régularisations, il faut un collectif budgétaire. Alors, je suis certain que le collectif, nous le verrons avant même le budget. Est-ce que le collectif budgétaire et le budget seront étudiés ensemble au cours de la session ? Le collectif budgétaire, c’est des corrections par rapport au budget en cours. Et, ces corrections existent. Le collectif est nécessaire et obligatoire pour équilibrer ce qui a été fait. S’ils ne corrigent pas, ce n’est pas bon. On dira où est ce qu’ils ont trouvé de l’argent pour réaliser telle ou telle chose avec le budget n’avait pas pris en compte. Donc, la nécessité s’impose. Pour le budget, cela va s’en dire. Avant la fin de l’année, on le votera. Vous avez dit que ce gouvernement est l’un des plus pragmatiques. En quoi ? Le pragmatisme dont je parle est connu de tout le monde. On n’a pas besoin d’être devin pour savoir que le gouvernement du changement tient compte de la réalité sur le terrain. Voilà un président qui ne reste pas tout le temps dans son bureau, il est sur le terrain. Et quand il va sur le terrain, s’il y a des choses, il prend des dispositions pour que ces choses soient corrigées à temps dans l’intérêt de la Nation. C’est pourquoi, je dis que le pragmatisme de ce gouvernement est à nul autre pareil. Mais de ce fait d’aucuns pensent que c’est la raison pour laquelle plusieurs dossiers échappent au chef de l’Etat Eux, ils ne peuvent dire que cela. Si la moitié plus un dit ce que je dis, où se situe le problème puisque nous sommes en démocratie. On ne peut pas les obliger à dire ce que nous disons. Ce qui est certain, eux-mêmes savent que le travail que fait aujourd’hui le président de la République, je ne vois pas parmi eux, celui qui peut l’égaler. Eux-mêmes le savent. Parmi eux, j’ai eu des confidences. Partagez ces confidences avec nous Parmi eux, certains députés m’ont approché. Ils m’ont dit, honnêtement si nous crions à l’Assemblée ne vous en faites pas, nous sommes dans nos droits. Nous ne devons que faire ça. Nous savons que si c’était les nôtres qui étaient à la place des vôtres, ils ne feront pas autant. Donc, il n’y a rien de vrai dans ce que vos amis d’en face reprochent au chef de l’Etat. Je n’ai jamais dit ça et je ne dirai jamais ça. Si l’on prend l’exemple de la Cen-Sad aujourd’hui, tout le monde sait qu’à ce niveau, il y a maldonne. Ils sont les premiers à avoir crié au scandale. On leur disait non ce n’est pas ça, mais aujourd’hui nous nous rendons compte qu’ils avaient parfaitement raison. Donc, on ne peut pas dire que ce qu’ils disent n’est pas vrai. Seulement qu’il faut savoir parler. Il y a des limites dans tout ce que l’on dit. Quand il y a parfois d’exagération, ça frise le manque de patriotisme alors que nous sommes tenus d’être de véritables patriotes. Sinon, ce n’est pas bon pour nous. Par rapport à la journée de la paix, par exemple, est ce qu’on a besoin d’être opposant ou mouvancier avant d’y participer. C’est tout le monde qui veut de la paix. Pourquoi ils ne viennent pas à une manifestation qui n’est même pas une initiative du Bénin. C’est un phénomène mondial. Mais ils ont donné leurs raisons dans la correspondance adressée au représentant résident du Pnud Je suis d’accord qu’ils donnent ces raisons. Mais s’ils ne sont pas d’accord avec le gouvernement, eux-mêmes n’ont qu’à organiser quelque chose, concomitamment avec ce que le gouvernement a fait. Pour que le peuple s’aperçoive qu’effectivement, ils sont pour la paix. Tel qu’ils procèdent, cela veut dire qu’ils sont contre la paix. Donc, ils veulent la guerre. Voilà que la guerre ne consomme que du sang et de la chair humaine. La guerre ne connaît pas son instigateur pour l’épargner de ses armes. Par conséquent, ils ont le devoir en ce qui concerne la journée de la paix d’organiser eux-mêmes quelque chose pour que le peuple voit que nous sommes tous sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la paix. Selon vous, les patriotes ne sont pas de l’autre côté, ils sont plutôt dans votre camp. Je n’ai jamais dit cela. Ce que je dis, par rapport à la paix, ils se sont trompés. Le comportement qu’ils adoptent n’est pas normal. Ils peuvent faire mieux que ça. Aujourd’hui, on note au niveau des communes un vent d’instabilité. Il y a Savè et plusieurs autres mairies. Le dernier cas qui focalise l’attention, c’est Dangbo. Pour Dangbo, je ne maîtrise pas le dossier. Par contre pour Savè, c’est mon dossier personnel. Un député est élu pour la Nation et non pour un groupe contre un autre groupe. Mais il y en a qui exagèrent. Voilà un conseil communal où la quasi-totalité des membres est Fcbe. C’est moi qui ai géré les élections communales à Savè. Il y a plusieurs partis dans Fcbe. Donc, nous avons essayé de satisfaire autant que possible toutes les forces politiques. Au bout du rouleau, il y a deux camps qui se réclament tous de Boni Yayi. Dieu merci, c’est un des camps que moi je soutiens qui a gagné. Après la victoire, les gens ont prédit la mort du maire. Aujourd’hui, il est en train de faire plus d’un an. Ces mêmes types, parce qu’ils avaient perdu les élections, ont commencé par menacer le siège du maire. Il vaut mieux aller au tribunal pour inventer quelque chose contre le maire. Il y a un différend entre le maire et un citoyen qu’ils ont aggravé. Les autres, ayant des outils ont compris que c’était un montage d’où leur 2ème échec. Pour la 3ème fois, ils ont voulu exploiter le conseil communal : essayer d’avoir la majorité pour destituer le maire. Cela s’est révélé impossible. La dernière porte de sortie pour eux aujourd’hui, est tout ce qu’ils trament contre le maire en se disant que le gouvernement prendra ses responsabilités pour le démettre. Le ministre de la décentralisation, pour s’assurer de la véracité des faits allégués, a diligenté une commission parce que ceux qui attaquent le maire disent qu’il aurait détourné 11 millions. Ce sont des ristournes sur des collectes d’impôts. Sur les 11 millions, à peine le maire a eu 300.000 Fcfa, même les chauffeurs ont eu leur part dedans, ce n’est pas seulement à Savè que cela se passe. Ils sont allés plus loin que ça. Des responsables politiques et administratifs qui racontent autant de contrevérités, pourquoi vous voulez qu’on les suive, qu’on réagisse. Le peuple n’est pas dupe, le peuple suit tout ce qui se passe. Ne voyez-vous pas finalement que la politique détériore tout au Bénin ? Vous avez posé une bonne question. La politique, en réalité, je ne m’y connais pas. Je prie tous les dieux moi-même en tant que député que d’ici à là, j’abandonne rapidement la politique. Pourquoi ? Parce que j’ai fini par comprendre que ce n’est pas une bonne chose. Comme l’a dit le président Boni Yayi, c’est un marigot plein de caïmans voraces. Et quand vous n’êtes pas de ce milieu et que vous tombez dedans, on vous dévore en un rien de temps. Il n’y a pas de fraternité, il n’y a pas d’amitié. Alors, pourquoi nous sommes sur terre si nous ne pouvons pas nous aimer ? Et c’est presque partout. Seulement, certains pays ne font pas nos « conneries ». C’est ce qu’on appelle « béninoiserie ». Mais je ne sais pas si le mot « béninoiserie » suffit pour qualifier effectivement ce qui se passe aujourd’hui. C’est plus que de la méchanceté. Prenez l’exemple du président de la République, regardez tout ce que celui-là fait et tout ce qu’on raconte sur lui. Voilà quelqu’un qui s’est rendu compte que dans son gouvernement, il y a maldonne et met une commission d’enquête sur pied et les gens crient encore. Vous voulez quoi ? Voilà un pays dans lequel les gens pensent qu’il faut se comporter comme si nous ne sommes pas entre frères, entre amis. Honorable, le Bénin est un Etat de droit, quand il y a maldonne, il faut confier les affaires à la justice. Oui, mais avant de confier à la justice, il faut constater que c’en est une. Est-ce que vous pouvez me dire qu’aujourd’hui, l’affaire n’est pas au niveau de la justice ? Le président ne peut pas se donner ce luxe de garder cette affaire à son niveau. C’est même à écarter. Parlant toujours de la politique, le Bénin s’efforce à avoir trois grands groupes sur l’échiquier politique. Votre lecture de la chose ? Je ne veux pas que nous soyons des confusionnistes. Ce qui se passe, ce n’est pas normal. Regardez, le Nigeria a deux ou trois partis, de même que le Ghana et même les Etats-Unis. C’est ce qu’il faut. Un de la gauche, un de la droite et un centriste. Le nôtre, ce n’est pas de cela que nous voulons. Nous ne voulons pas le groupe du Sud contre celui du Nord. Les G et F qui sont les têtes de pont. Soglo, Amoussou, Houngbédji, ce n’est pas ça. Si nous allons sur ce terrain, nous allons tous disparaître autant que nous sommes. Il faut que les G et F comprennent dès à présent que ce qu’ils font, ce n’est pas ce que les Béninois ont demandé. A partir de cet instant, eux-mêmes doivent savoir ce qu’il faut : Une saine émulation de tout le monde. Mettons-nous ensemble pour avancer. Nous prenons cela pour de la blague. En réalité, ce que certains sont en train de construire aujourd’hui (l’honorable reste perplexe avant de continuer). On a toujours dit que Dieu aime le Bénin… Vous prônez une scène politique monocolore ? Pas du tout. J’ai horreur de ça. Je vous ai donné l’exemple du conseil communal de Savè composé uniquement de « yayistes » qui ne s’entendent pas. C’est presque partout. Les forces Fcbe aujourd’hui s’entredéchirent alors que nos vrais adversaires, ceux avec qui nous serons sur le terrain le dernier jour s’organisent. Mais entre nous, nous ne nous faisons pas de cadeau. Revenant à votre question, même au temps de la révolution, les Béninois n’étaient pas monocolores. Il y avait des opposants. Je ne veux pas parler de Pcb, c’est autre chose. En ce temps, il y avait des gens bien respectés qui n’avaient pas le même langage que le gouvernement. C’est pour cela, je dis souvent que notre Prpb était mieux que le régime du président Houphouët Boigny, que ce que le Rpt était au Togo. Ne parlons même pas du Gabon. Je ne suis pas certain que notre démocratie soit en train de nous servir aujourd’hui au Bénin le désordre que je vois, je ne sais pas encore où cela va nous conduire. En réalité, il nous faut un régime à la Rawlings avec moins les tueries. Un mot sur les derniers développements de la commission politique de supervision de la Lépi Notre démocratie a aujourd’hui 19 ans. En politique, elle est encore au biberon, elle n’est pas encore majeure. Il faut donc pardonner, excuser et comprendre beaucoup de choses. Parce que la vraie loi au Bénin, c’est ôte-toi pour que je m’y installe. C’est tout ce qui nous lie. Si ce n’était pas ancré dans nos mœurs, si on n’avait pas développé cela, on souffrirait moins. Notre démocratie avance à pas de caméléon parce qu’il y a cette réalité et c’est ce qui influence la Cps. Sinon, tel que c’est fait, il ne devrait pas avoir de problème. Cela devrait avancer sur des roulettes. Chacun prend ses dispositions pour que le jour J, cela soit en sa faveur au lieu de construire pour les générations futures, pour faire quelque chose de bien afin qu’ils aient moins de problèmes. Mais, on ne fait pas ça. On fait en sorte que nous qui sommes là aujourd’hui, on puisse profiter de la chose. Et quand on raisonne comme cela, vous voulez qu’on aille où. C’est pourquoi, il faut prier pour que Dieu nous assiste davantage afin que les petites corrections dont la démocratie a besoin, qu’on puisse les obtenir à temps afin que tout aille dans l’intérêt de la Nation. Mais, tel que cela se passe aujourd’hui, des fois j’ai envie de pleurer. Notre peuple, ce n’est pas ce qu’il attend de ses acteurs politiques. Imaginez que des personnes aussi responsables à ce point se réunissent et que certaines personnes se retirent. Ce n’est pas sérieux. On dit souvent que le linge sale se lave en famille. C’est simplement un jeu d’échec et on pousse les pions. Lorsqu’on sait qu’on est en position de faiblesse, c’est à ce moment qu’on crie. Honorable la rentrée est pour bientôt. Mais les syndicalistes et le gouvernement n’ont pas encore accordé leurs violons pour nous garantir une année scolaire apaisée, que dites-vous de la situation ? Je crois que dans ce domaine, la faute est aux journalistes. Soit, ils sont sous informés soit ils méprisent les informations qu’ils ont. Je veux que vous sachiez dès aujourd’hui que des enseignants qui gagnaient avant l’arrivée de Boni Yayi 100.mille FCfa sont au moins à 150.000 en moins de trois ans. Si eux, ils ont cela alors qu’à côté, il y a d’autres qui n’ont pratiquement rien, il faut qu’ils se taisent. Et c’est ceux qui ont eu des facilités qui vont continuer par crier, moi je crois qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ce matin, j’ai vu mon frère Essè Iko qui s’égosillait et je me suis dit est-ce qu’il sait de quoi il parle en réalité. Si le Fmi est aux trousses de Boni Yayi comme l’annoncent les journaux, c’est à cause des enseignants. Allons plus en profondeur. J’ai un cousin enseignant et je lui demande pourquoi il se plaint qu’il n’a pas d’argent. Il est à 90.000 par mois à Kilibo dans un village. Et pour réussir paisiblement sa vie, il dépensait moins de 50.000 Fcfa par mois. Et il ne peut pas épargner. Et s’il est allé à la retraite dans ces conditions, il ne peut rien faire. Mais aujourd’hui, avec l’arrivée de Boni Yayi au pouvoir, il m’a dit hier qu’il est en train de construire sa maison. Tout simplement parce qu’on lui a fait des rappels. Beaucoup sont ceux qui ont acheté des véhicules aujourd’hui. Ça veut dire que la situation des enseignants béninois, même si l’essentiel ou tout n’a pas été fait est meilleure qu’auparavant. Et le régime qui a pu faire cela, il faut le laisser souffler un peu pour s’occuper des autres couches sociales. Je pense comme vous l’avez dit, on fait tout pour amener un président au pouvoir et quelque temps après, on fait également tout pour le changer. Je suis d’accord, je ne suis pas contre cela, il faut changer. Mais il faut permettre au président de faire deux mandats et après cela, on peut analyser s’il est bon ou pas. La semaine dernière, on méditait et on se disait que ce que nous faisons est dangereux. Qui ne sait pas que les Béninois sont en campagne aujourd’hui. Les Béninois sont en campagne à cause des élections présidentielles de 2011. Quand est ce que nous allons construire notre pays ? On se disait qu’il vaut mieux revoir notre copie en ce qui concerne le mandat du président. Au lieu que cela soit cinq ans, ramenons cela à dix ans. Le président finit ces dix ans et nous colle la paix. Donc, il ne sera pas au pouvoir et penser à sa réélection. Le fait que quelqu’un soit là et pense en même temps à sa réélection, il ne fera pas grand-chose et dans ce cas, c’est difficile. Il est obligé de jouer faux pour satisfaire la population. Alors que cette population veut la vérité. Voilà pourquoi, je dis que ce qu’il nous aujourd’hui est un Rawlings avec moins de tueries. Source: FRATERNITE
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