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Jeudi 1 octobre 2009

 

 

BENIN: Voilà pourquoi il ne fallait pas renvoyer Idohou à l’Onu

 

 

 

Même s’il est de notoriété publique que le président Boni Yayi ne respecte pas les engagements qu’il prend, bien des Béninois ont été surpris de le voir dribbler Mathieu Kérékou au sujet de la promesse qu’il lui a faite d’envoyer à nouveau le Colonel Simon Idohou aux Nations Unies comme l’avait fait le Général Kérékou courant août 2006. Pour la petite histoire, il faut rappeler que c’est Boni Yayi lui-même dans sa quête effrénée du soutien du Général en vue de sa réélection en 2011, qui a proposé à son prédécesseur de corriger toutes ses erreurs. Le retour de Simon Idohou aux Nations Unies entrait dans le cadre de cette liste d’erreurs que Boni Yayi tenait à corriger. Quoi de plus normal pour obtenir un sourire du Général ? Chose curieuse, c’est le syndicat des diplomates appuyé par les médias qui monte au créneau pour dénoncer quelque chose qui est censée être frappé du sceau de secret d’Etat pour avoir été arrêté entre 03 personnes, Mathieu Kérékou, l’épouse du colonel Idohou et le président Boni Yayi. Il n’en fallait pas plus pour que tout le monde comprenne que c’est Boni Yayi lui-même qui se cache derrière la grogne des syndicalistes et la détermination des médias à dénoncer cette nomination.

 

Les dessous d’une affaire qui dépasse Yayi lui-même

 

Même si la ruse, les dribles et la parole non tenue font partie du quotidien de Boni Yayi que certains appellent affectueusement le ‘’Lionel Messi du football politique béninois’’, il est aujourd’hui une réalité après nos enquêtes que le grand dribbleur a été pris dans un jeu qui lui est totalement insondable. En effet, il semble que Boni Yayi pour une première fois, était sincère avec Kérékou avant de se voir otage du ministre Jean-Marie Ehouzou et les autres gourous et carriéristes de la diplomatie béninoise. A la base de cette hostilité des requins du ministère des affaires étrangères quant au retour d’Idohou aux Nations Unies, se trouve la nébuleuse, le dossier vente d’une partie de la mission du Bénin à New York.

 

De quoi s’agit-il ?

 

C’est entre 2003 et 2004 que le génie béninois a poussé l’apatridie loin en vendant à un juif américain une partie du domaine de la Résidence de la mission du Bénin à New York. C’était sous l’ambassadeur Adéchi. Comme il s’agissait d’une affaire de gros sous d’environ 4 milliards de francs Cfa, tous les ‘’gourous’’ de la diplomatie béninoise ont été mouillés. Chacun avait pris sa part. Du ministre sous lequel le deal a été pensé à certains cadres du ministère en passant par celui qui a signé la vente, chacun avait pris son ‘’gombo’’. Qui 200 millions, qui 300 millions, qui 500 millions, tous avaient les mains liées et il ne fallait donc pas que cette affaire éclate. Mais le représentant de la mission de la Guinée informé de la vente a été un peu bavard en informant son patron, feu Lansanna Conté de ce que ses voisins béninois à New York venaient de bazarder une partie de leur patrimoine. Et c’est le Général Conté qui mit la puce à l’oreille de son collègue Kérékou. Pour voir clair dans ce dossier et éviter que les diplomates, tous mouillés ne lui présentent un rapport tronqué, le président Kérékou décide d’envoyer aux Nations Unies l’époux de sa chargée de missions qui est d’ailleurs son frère d’arme. L’un des objectifs assignés au colonel Idohou est rigoureusement de veiller à ce qu’un rapport détaillé renseigne le président Kérékou de toutes les personnes impliquées dans cette affaire lugubre. Du coup, le représentant devenait pour Jean-Marie Ehouzou, Adounmassè, Madame Diallo, Rogatien Biaou et tous les autres gros bras de la diplomatie béninoise, la bête à abattre. Mais kérékou, en dehors du rapport accablant qu’on lui a envoyé, n’a pas pu procéder rigoureusement à la phase punitive relative à ce dossier. Entre-temps en 2006, Boni Yayi vînt au pouvoir et Madame Diallo, très impliquée dans le dossier, devint la patronne de la diplomatie béninoise. Très vite, elle envoie l’autre bras du dossier, Ehouzou remplacer le colonel Idohou, celui-là même qui a voulu mettre à nu les combines de nos diplomates. Ainsi en dehors du pauvre Guèdègbé, alors chef service financier de la mission qui croupit aujourd’hui dans les casernes de la prison civile de Cotonou, le dossier est parti pour être classé sans suite. On en est là quand la sueur du contribuable béninois, très revancharde veut réclamer justice dans le cadre du dossier ‘’ vente d’une partie de la mission aux Nations Unies’’ au travers un éventuel retour en poste de l’incorruptible en uniforme Simon Idohou. Voilà qui a fédéré l’énergie des vieux briscards de la diplomatie béninoise dans un sursaut d’instinct de conservation pour éviter que tombe la sentence.

 

Le syndicat abusivement utilisé

 

Dans un élan corporatiste, le syndicat des diplomates béninois composé de jeunes cadres décidés à donner à la diplomatie béninoise ses lettres de noblesse, Chite Ahovê et ses hommes informés du retour de Monsieur Idohou se sont soulevés. Ils n’ont pas tord puisque pour eux, l’essentiel aujourd’hui est de voir dans nos représentations à l’étranger rien que des diplomates de carrière. Mais ces jeunes n’ont pas fait attention au fait que leurs aînés, tous proches de la retraite, avaient dans le dossier Idohou un autre objectif de suivi. Les gourous tapis derrière les jeunes syndiqués voulaient coûte que coûte utiliser cette jeunesse pour régler la question du gros pavé qui revenait se mettre de travers dans leur gorge. Le jeune talentueux diplomate et fougueux syndicaliste, Chite Ahovê s’est laissé aller au projet funeste de ces anciens oubliant que l’essentiel aujourd’hui a trait au cas de Guèdègbé qu’il faut faire sortir de la prison et clarifier la nébuleuse, la vente du domaine du Bénin à New York, qui suit la diplomatie béninoise depuis 1993 comme une sale grippe. Dans ce dossier, rien ne saura enlever de la tête du contribuable béninois qu’un collège de la branche bandite et voyoue de la diplomatie béninoise a pris pour ses intérêts égoïstes celui de vendre une partie d’un domaine qui revient au Bénin. Dans nos prochaines parutions, nous allons, pour étayer notre argumentation, procéder à la publication du rapport que la commission qui a traité le dossier déposé au président Kérékou. Et le syndicat verra que les vrais loups sont dans la bergerie depuis la nuit des temps et que l’affaire Idohou et l’histoire des passeports ne constituent pas ce qui peut retenir leur attention. Affaire à suivre…

Par Fockly



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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