Déclaration de l’Union fait la Nation
(suite à la déclaration de l’UMPP en date du 17 Octobre 2009)
Nous avons assisté le samedi 17 Octobre 2009, à une grotesque mise en scène, appelée «Déclaration», avec comme acteur principal, le Président de l’Union de la Majorité Présidentielle Plurielle (UMPP). Cette mise en scène vise à montrer que les dirigeants de l’opposition sont des irresponsables et des apatrides. Cette déclaration a relayé ou confirmé les propos déjà entendus tout le long de la semaine dernière, de la part des caisses de résonance de la politique de démission et de honte nationales que mène le Gouvernement dit du changement et son Chef, le Docteur Yayi Boni Thomas.
Ladite «Déclaration» vient confirmer, que le Docteur Yayi Boni Thomas et ses obligés ne veulent rien comprendre à la réalité qui crève pourtant les yeux. Ils n’ont pas compris que tout le monde sait désormais que leur «changement» est une vaste escroquerie et une mauvaise blague. Ils n’ont pas compris qu’ils doivent engager un dialogue fructueux avec les béninois, pour qu’ensemble, nous puissions limiter les dégâts de leur politique désastreuse, en attendant le terme constitutionnel de leur mandat, en Avril 2011.
1. Ils nous parlent des problèmes poignants liées aux dernières inondations dévastatrices des habitations et des récoltes et de la crise financière mondiale, sources de toutes les difficultés. Ils nous parlent de la prompte réaction du gouvernement et du sens de responsabilité du Président Yayi. Ils oublient ou ne savent peut-être pas, que l’année dernière, en 2008, les mêmes situations se sont produites dans tous les arrondissements riverains du fleuve Ouémé et de ses affluents, de Porto-Novo à Zagnanado, en passant par Dangbo, Adjohoun, Bonou et Ouinhi, sans oublier Pobé et Adja-Ouèrè. Pourquoi n’avaient-ils pas réagi? Que dire des nombreux villages du Zou, des Collines et du Borgou qui ont été consumés par le feu au cours des saisons sèches de 2007, 2008 et 2009?
2. Les prétendues «mesures hardies d’appui à la sécurité alimentaire» sont louables en soi, certes, mais il serait intéressant de savoir, combien cela a coûté au Trésor public et qui en a profité le plus, des populations et opérateurs économiques proches du pouvoir.
3. L’UMPP affirme que les capacités du pouvoir du changement à respecter ses annonces relatives à l’inscription dans les enseignements primaires, maternels et supérieurs publics, la subvention à la césarienne et la réalisation des infrastructures socio-communautaires ont été obérées. L’UMPP doit pouvoir évaluer la situation. Son Président est un ancien Ministre des Finances. Il est le Président de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale. Il sait évaluer les politiques économiques et financières. Ils doivent nous dire quelles sont les dépenses qui ont obéré les capacités du pouvoir. L’UMPP sait que toutes ces promesses appelées «gratuité» étaient des mensonges d’Etat. L’UMPP sait, ou en tout cas, son Président, ancien Ministre des Finances sait que, avec ou sans crise alimentaire, il s’agissait de promesses faites, d’abord pour tromper le Peuple, avant d’apparaître comme des mesures techniquement immatures, avec des effets induits désastreux.
4. L’UMPP nous a rappelé l’appel du Président Yayi Boni Thomas à la mobilisation de tous, «y compris les animateurs de l’opposition» en vue de la lutte contre les détournements de deniers publics, la corruption, les fraudes et autres pratiques crapuleuses». Quel crédit accorder à un tel appel, quand il provient d’un Président qui continue de se taire sur les dérapages financiers monstrueux révélés par les audits de certaines sociétés d’Etat, telles que la CNCB, la Loterie Nationale, la SBEE, la SONAPRA, etc., un Président qui organise le silence autour de certains volets du dossier CEN-SAD, où une paire de gants a coûté 90.000 FCFA et un imperméable ordinaire, 400.000 FCFA?
5. L’UMPP se doit d’être honnête pour être pris au sérieux. Qu’est-ce qui a obéré les capacités financières de l’Etat aujourd’hui? Tout le monde sait, qu’en dehors de la crise financière et de la crise alimentaire, ce qui a surtout mis nos finances à genoux, ce sont les folles dépenses imprévues au budget, dépenses démagogiques et irrationnelles engagées par le Président-Docteur-Economiste-Banquier YAYI Boni Thomas, Président de la République, en campagne permanente pour sa réélection et certainement pour son maintien au pouvoir tout le temps que Dieu lui accordera.
6. L’UMPP le sait et elle doit pouvoir reconnaître que les marches de Dangbo et de Porto Novo se situent sur un autre registre: celui des libertés publiques et de l’Etat de Droit qui depuis 1990, n’ont jamais été aussi souvent et aussi grossièrement bafoués que sous le gouvernement de YAYI Boni Thomas.
7. Nous avons fait une marche le jour même où, selon vous, «la communauté internationale, à l’initiative de la Fondation Jacques Chirac honorait notre pays à travers l’appel de Cotonou pour la lutte contre les faux médicaments». Le Gouvernement savait depuis le mercredi 7 Octobre 2009, où nous avions manifesté à Dangbo, que nous avions projeté de manifester à Porto-Novo et à Cotonou, s’il ne mettait pas fin à l’arbitraire du maintien du Maire de Dangbo en détention. Mieux, le gouvernement dirigé par Yayi Boni Thomas savait qu’il se livrait à une escroquerie politique en faisant organiser la rencontre qui a débouché sur le fameux «appel de Cotonou».
8. Il sait, le Président YAYI Boni Thomas, que lui-même et son gouvernement n’auront pas le courage d’aborder de front, la question des «faux médicaments». A-t-il a pu gérer le phénomène de l’essence dit KPAYO qui jonche les abords de nos routes? Pour juger du sérieux de la démarche du Président YAYI Boni Thomas, on doit se demander pourquoi, étaient absents les Présidents du Nigéria et du Ghana pays de production ou de transit des produits indexés, pays, sans la collaboration desquels aucune lutte sérieuse ne peut se mener contre les «faux médicaments» dans la sous-région ouest-africaine. Notre pays n’était pas à l’honneur, c’est notre politique de double langage et de tromperie que nous avons exposé sans vergogne à l’opinion publique internationale. Il n’y avait donc , aucune raison de pavoiser.
9. Le Maire de Dangbo est un prisonnier politique. S’il était prisonnier pour un délit de droit commun, pourquoi met-on ses visites sous un régime spécial? Où sont les autres «Elus locaux» détenus dans les mêmes conditions? Pourquoi a-t-on eu besoin de faire intervenir autant de monde: Ministre de la Justice, porte-Parole du gouvernement, Procureur Général de la République, Conseiller Technique du Président de la République? Pourquoi? L’honnêteté intellectuelle recommande qu’on se pose ces questions élémentaires.
Les bonnes leçons que l’UMPP croit administrer, doivent être adressées à son chef, le Président Yayi Boni Thomas. Ce n’est pas l’opposition qui refuse la séparation des pouvoirs. Et si les pouvoirs étaient véritablement séparés dans notre pays, le Président Fagbohoun n’aurait pas été arrêté comme il l’a été et maintenu dans les liens carcéraux en toute illégalité durant deux années entières. Si les pouvoirs étaient véritablement séparés dans notre pays, le Maire de Dangbo ne serait pas maintenu en prison.
10. L’UMPP nous parle de combat politique, dans la ligne de nos dignes traditions de luttes héroiques. Le ridicule est que l’UMPP ne compte pas dans ses rangs, beaucoup de militants connus dans notre histoire nationale, pour leur engagement actif et résolu à défendre les libertés. L’UMPP est un congglomérat de «mouvanciers» permanents et inconditionnels, quel que soit le régime, prêts à toutes les reptations diurnes et nocturnes, l’essentiel étant de s’accrocher, tels des ventouses aux ventres de l’Etat. C’est pourquoi, l’UMPP semble insensible à la gravité des atteintes aux libertés et à l’Etat de Droit. C’est pourquoi, ses dirigeants banalisent les marches de protestation, auxquelles ils ne sont pas habitués pour la plupart. Ils ne connaissent, pour la plupart, que les marches de soutien au gouvernement. Ils l’ont fait depuis toujours et ils continuent de le faire, en attendant de changer encore de veste en 2011.
11. L’attaque personnelle faite par l’UMPP contre le Président Houngbédji révèle au grand jour, le lamentable niveau de culture juridique de ses auteurs. Mieux, l’UMPP doit apprendre à citer les propos d’autrui: c’est une marque et une exigence élémentaire de maturité intellectuelle.
12. L’UMPP devrait aider le Président Yayi Boni Thomas à améliorer sa maîtrise de soi et à mûrir la qualité de son leadership. Aucun Peuple ne se sent en sécurité, avec un dirigeant aux réactions épidermiques, qui a la boulimie du pouvoir, qui n’aime que les propos laudateurs, l’encensant à longueur de journée.
13. L’Union fait la Nation ne se laissera ni intimider, ni divertir par les éructations de quelques porte-voix d’un pouvoir aux abois qui ne tient sa force apparente que de la propagande et de la corruption. Quel régime avons-nous jamais connu au Bénin qui ait fait de l’achat de conscience son arme principale de mobilisation? Un gouvernement qui travaille véritablement à répondre aux demandes sociales et à satisfaire les citoyens a-t-il besoin, pour être populaire, de distribuer, sans vergogne, de l’argent? Tout montre que le roi est nu. Préservons donc les forces saines. Le Peuple doit rester serein et déterminé dans sa lutte pour sortir notre pays de l’obscurantisme et des errements.
On ne cache pas le soleil avec la paume de sa main!
La vérité finit toujours par triompher
L’Union fait la Nation!
Fait à Cotonou, le 18 Octobre 2009
L’Union fait la Nation
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)