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Faut-il supprimer le baccalauréat?

Cher, stressant et inconnu dans de nombreux pays: ce monument national qu'est le bac n'a-t-il pas vécu? Notre dossier.

Hier, j’ai rêvé que je repassais mon bac. Ce n’était pas un rêve agréable. Et à en croire quelques témoignages laissés sur des forums du net, je ne suis pas la seule que le grand examen hante dans son sommeil. Le bac cause de stress? Il serait même l’une des premières sources d’angoisse des lycéens, avec le divorce des parents. Pour gérer l’épreuve, le web fourmille de conseils, de mises en garde contre l’usage de médicaments dont les ventes explosent en cette période. On peut même trouver de petits reportages pour affronter sereinement l’épreuve.

Mais le stress n’affecte pas que les principaux concernés. Pour une écrasante majorité de parents, le baccalauréat de leurs fistons reste un souvenir important de la vie de famille. En deux siècles, le bac a acquis aux yeux des Français un pouvoir symbolique aussi fort que le coq ou le drapeau bleu blanc rouge. Et depuis l’étranger, il possède la même force emblématique, digne ambassadeur d’un système scolaire qu’on nous a longtemps envié. Pourtant, ses détracteurs sont de plus en plus nombreux, et les critiques fusent de tous bords.

Le bac coûte trop cher, entre 55 et 70 euros par candidat, selon la filière. Toutes dépenses comprises, il coûterait entre 50 et 150 millions d'euros selon les estimations. Le bac présente une surcharge de travail pour les enseignants, dont les méthodes de correction –désormais systématiquement double- sont souvent remises en cause. Outre stresser chaque année plus de 600000 candidats, il raccourcit leur année scolaire d’un bon mois. Et tout cela pour quoi? Pour éliminer moins d’un élève sur vingt. Car si 82% des élèves ont eu leur bac l’an dernier (un record), avec les rattrapages et les redoublements, on peut considérer in fine que 95% des lycéens décrochent le diplôme.

La nature des épreuves est également critiquée. Zacharia Dosseur, enseignant en ZEP et bloggeur pour Rue89*: "L'oral de français est souvent une absurdité. Il m'est arrivé de le faire passer et de demander aux candidats ce qu'ils pensaient du texte qu'ils venaient 'd'expliquer' en répétant mal l'explication apprise par coeur de leur professeur et ils se mettaient à pleurer. Pourtant ce n'était pas méchant, juste pour discuter sincèrement et partager la lecture. Il était donc difficile de savoir s'ils aimaient ou savaient lire, si leurs lectures leur avaient apporté quelque chose".

Les élèves évoquent souvent le facteur chance, ou angoissent sur LE sujet survolé en cours, faute de temps, et qui risque de tomber. Pour ma part, c’était la formule chimique de la saponification, et oui, elle est tombée. Quant aux inégalités entre les lycées, dont le taux de réussite peut osciller entre 16% et 100%, elles soulèvent aussi la contestation.

Le doute s’installe réellement en jetant un coup d’œil de l’autre côté de nos frontières. Nos voisins ne sont pas moins bien formés et pourtant, point de baccalauréat. En Espagne, Suède ou Belgique, seul le contrôle continu est pris en compte; ailleurs, on mélange examen final et contrôle continu.

Mais de là à changer le baccalauréat... les Français le désirent-ils vraiment? Dans un sondage paru avant-hier sur le JDD.fr, 50% se déclarent pour le maintien, contre 48% contre. Et curieusement, ce sont les lycéens qui semblent le plus attachés à cette épreuve.


 

La réforme du bac, plus d’un ministre s’y est cassé les dents, de Claude Allègre à François Fillon. Peut-être parce qu'en fin de compte, la France s’est attachée à cette expérience qu’on a tous en commun, première étape d'une vie pleine d'événements bien plus stressants.

*Zacharia Dosseur est un pseudonyme.

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Tag(s) : #Actualités Internationales
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