| Reflet : Les dérives d’un changement |
| On avait cru qu’avec les nouvelles autorités, les choses iraient désormais mieux. Malheureusement, le changement n’a rien apporté de nouveaux dans les habitudes. Les mauvais comportements sont demeurés et se sont même renforcés avec la précipitation dans les prises de certaines décisions capitales pour le pays. En plus des multiples dépenses de prestiges au sommet de l’Etat, on vient apprendre que la cérémonie d’installation du président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago, va coûter plusieurs dizaines de millions aux contribuables béninois. Au moment où tout est au ralenti dans le pays. ... Alors que les dérives n’étaient pas si alarmantes, Mme Rosine Vieyra Soglo n’a pas hésité une fois au Palais des gouverneurs à Porto-Novo à déclarer qu’on ne doit pas l’obliger à regretter ses agressions au régime laxiste du Général Mathieu Kérékou. Elle a été fortement soutenue par nombre de députés qui ont précisé qu’elle venait de lâcher ce que plusieurs béninois pensent bas. A vrai dire, la situation actuelle du pays est très préoccupante. C’est maintenant que le rançonnement sur les voies publiques s’est accru. Les agents des forces de l’ordre semblent désormais plus aguerris pour s’occuper de leurs intérêts au cours des patrouilles que d’assurer la sécurité des citoyens. Et les braquages se sont accentués. Mêmes dans les milieux sous surveillance. La corruption a pris une autre allure dans l’administration et aucun dossier ne passe sans que le contribuable ne graisse officiellement les pattes aux agents de l’Etat. Dans les classes, les enseignants sont préoccupés par la vente de certains articles aux élèves pour arrondir le mois. Par ailleurs, avec le flou qui entoure la gestion qui se fait au niveau de l’escorte, on ne saura peut être plus jamais la valeur de l’argent généré par la filière véhicules d’occasion après la fin du contrat avec Défi emploi jeune. Pourtant, des milliers de voitures sortent jours et nuits du port de Cotonou. Inutile de revenir sur la catastrophe du coton, du ciment, du palmier à huile, de la crise énergétique, du délestage et de bien d’autres grands projets que le chef de l’Etat et les profiteurs du changement ont miroité aux populations à grand bruit avant et pendant les élections. Sur les marchés, les prix montent en flèche, le panier de la ménagère est plus que jamais pauvre et plusieurs ménages manquent du minimum pour survivre. L’argent ne circule pas, la mévente est à son comble et plusieurs grands opérateurs économiques préfèrent une pause pour réfléchir autrement. Et le nombre de mendiants s’est aussi accru plus que par le passé. Il n’est pas rare de voir de grandes dames bébés au dos sillonner en plein jour les bars et autres grands services pour réclamer l’aumône. Bref, après un an de gestion du pays, le bilan est désastreux sur tous les points de vue. A côté, les multiples sorties prestigieuses du chef de l’Etat à l’extérieur sans que rien n’en sorte de sérieux ont coûté des milliards et le train de vie des autres nouveaux maîtres du pays est incroyable. Outre les salaires revus en catimini à la hausse pour certains grands, il y a les milliards de dépenses des deux dernières campagnes dont on ne saura jamais les sources d’approvisionnement. Un ensemble d’incohérences qui fait déjà dire dans bien de milieux que ce n’est pas à ce genre de changement que les béninois ont pensé en votant pour Yayi Boni en mars 2006. C’est pourquoi, il urge d’y prendre garde. Pour prévenir surtout les conséquences qui pourraient en découler. Aujourd’hui, plusieurs béninois sont mécontents et les frustrations sont telles qu’on peut craindre à tout moment des débordements fâcheux . Jean-Christophe Houngbo |
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