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Mardi 19 Juin 2007 imprimer la page
     
  Nouveau gouvernement : les options de Boni Yayi  
     
  Une quinzaine de ministres sans appartenance politique déclarée ou bien connue du public, une dizaine de militants de partis bien implantés depuis au moins une décennie – dont un responsable qui s’est affiché un opposant déclaré au régime précédent du Président Mathieu KEREKOU. Voilà ce qu’on peut présenter comme caractéristique essentielle du gouvernement que le président Boni YAYI a fini par constituer plus d’un mois après les résultats des élections législatives du 31 Mars 2006 et la mise en place du bureau et des structures dirigeantes de l’Assemblée Nationale.  
     
 

   Cette équipe gouvernementale est incontestablement frappée du sceau personnel de Boni Yayi, contrairement à ce qui s’est passé pour le premier gouvernement de son quinquennat au lendemain de son investiture en avril 2006. Les limogeages successifs de ministres qui ont marqué les premiers mois accréditent la thèse que le nouveau président de la République n’était pas à la base du choix de tous ceux qu’il avait à ses côtés pour débuter son mandat. Depuis le dimanche 17 Juin, les données sont tout à fait différentes, et aussi bien la structuration du gouvernement que les profils de ceux et celles qui ont passé l’épreuve de sélection indiquent que la politique du changement aborde un nouveau cap. On est même tenté de dire que la mise en place de cette équipe constitue le vrai acte fondateur de la vision politique que Boni Yayi met tout en oeuvre pour faire aboutir au sein de ses concitoyens.

    La création de deux postes de ministre d’Etat, au-delà du règlement de la question de préséance, est le signe du respect de la discipline de groupe que le chef attend de sa troupe. C’est aussi et surtout le maintien ou le renforcement de la confiance à deux ministres que l’opinion présente comme la garde rapprochée du président, mais dont l’appréciation des prestations à la tête de leur département respectif ne font pas l’unanimité au sein des populations. Le nouveau ministre d’Etat chargé de l’Economie, de la Prospective, du Développement et de l’Evaluation de l’Action Publique, Pascal Irenée Koupaki, dans l’attente du remaniement, a même été la cible d’une virulente campagne de presse. Certains observateurs n’hésitent pas à soutenir que les initiateurs de cette opération sont à rechercher dans l’entourage immédiat du président de la République. Ainsi, bien qu’en lui ayant retiré les Finances, Boni Yayi, en l’élevant au rang de ministre d’Etat, a choisi sans doute de mettre fin aux manoeuvres de ceux qui reprochent à son ex-argentier son apolitisme et sa rigueur dans l’utilisation des deniers de l’Etat.

   Réaliser enfin la décentralisation

   Le chantier de la décentralisation apparaît maintenant comme une priorité avec la création d’un ministère spécifique. Son titulaire fait partie des cadres qui ont conçu tout l’arsenal juridique et administratif de la politique de mise en place des collectivités locales. Après bientôt cinq années de mise en oeuvre, la décentralisation semble être encore une vision de l’esprit. Et on n’en veut pour preuve tous ces maires qui ont préféré rejoindre les bancs de l’Assemblée. D’un autre côté, la fi ction de douze départements administratifs est entretenue par le pouvoir central qui ne se presse pas pour effectuer le choix des six nouveaux chefs de département. Administrateur civil, ayant exercé les fonctions de Secrétaire général et de préfet de département, le nouveau ministre Issa Démonlé Moko devra se comporter en véritable joker dans la partie que Boni Yayi a choisi d’engager pour gagner la bataille de la décentralisation. Et le temps presse face à des partenaires qui font de plus en plus de la coopération décentralisée une conditionnalité de leurs aides. Parmi les six femmes appelées au gouvernement, trois se voient confier la gestion de l’ensemble du système éducatif béninois scindé en enseignement primaire, alphabétisation et langues nationales, enseignement secondaire et formation technique et professionnelle, et enseignement supérieur et recherche scientifique. En dehors du professeur Vicentia Bocco, directrice de la campagne du candidat Boni Yayi et conseiller technique auprès du président depuis avril 2006 les trois autres ministres ne sont pas ce que l’on peut qualifier de personnalités de premier plan dans ce secteur sensible de la vie nationale. On peut donc s’interroger sur la pertinence des considérations qui ont guidé les choix du président de la République. Mais s’agissant d’éducation et de formation des jeunes, le rôle important dévolu aux femmes est une donnée qui ne souffre pas de contestation. Ainsi, à défaut d’avoir une plus forte représentation féminine comme le souhaitent les organisations de femmes, Boni Yayi a choisi de confier des départements ministériels significatifs aux heureuses élues, à charge pour elles de créer entre elles la synergie nécessaire pour faire face à leur mission. A travers les choix portés sur elles, c’est peut-être à la mise en oeuvre d’une vision de la participation des cadres féminins à la résolution des problèmes d’un secteur où leur présence – en tant qu’institutrices, professeurs à divers niveaux et animatrices de structures d’enseignement – n’est pas négligeable.

    Quand on considère les trois autres ministères confiés à des femmes – Femme et Enfant, Microfinance et promotion de l’emploi des jeunes et des femmes, Environnement – l’approche genre, à défaut d’être quantitative pour répondre à une parité qui reste encore à bien définir, repose sans aucun doute sur une logique que le fonctionnement de l’équipe gouvernementale pourrait permettre à l’observateur averti de déceler dans les prochains mois.

    Dans l’histoire de la République du Bénin, c’est la deuxième fois que le ministère de l’Intérieur est confié à un Général. Manifestement, l’expérience d’un civil à ce poste sensible n’avoir pas convaincu Boni Yayi dont la première année à la tête de l’Etat a été marquée par des problèmes de sécurité. Avec un civil au ministère d’Etat chargé de la Défense, le Général à l’Intérieur est certainement appelé à régler certains problèmes de compréhension et de symbiose entre policiers, gendarmes et autres structures dont la coordination des actions est indispensable pour créer, autant que possible, un climat de sécurité permanent pour les populations. 

   L’impression générale qui se dégage donc de la composition de ce gouvernement de l’après mars 2007 est que le président Boni Yayi a estimé que le temps est arrivé de faire des options précises sur le double plan des hommes et des structures pour impulser la vision du changement.

 
 
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2004© continentalmag.com

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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