Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Mangues, différenciation fruitière et diversification économique 
28/06/2007

La mangue fait partie des quatre produits tropicaux les plus connus au monde et les plus importés bien après la banane, l’ananas et l’avocat. On s’accorde pour l’heure à lui trouver une antériorité indienne plusieurs millénaires avant notre ère. Elle aurait atterrit en Afrique orientale par les Perses puis aurait repris le chemin de l’Amérique, de l’Amérique latine au Brésil par l’entremise des colons portugais. Une longue histoire pour ne pas en dire davantage.
 
En Inde ce fruit confine au sacré, culturellement lié à la fécondité et à des multiples croyances dans sa bienveillance, il tient son aura et sa vénération de la légende qui veut que le Bouddha en prenait pour sa méditation. Produit de l’arbre appelé Mangifera indica, il traîne un passé très fructueux en pharmacopée et offre des usages variés, nutritionnels (peut calorique il est compatible avec les régimes), alimentaires (vert ou mûr il se mange), culinaires (il sert à concocter des condiments), médicinaux.
 
 
Dans sa dimension économique il s’intègre dans les produits et cultures vivrières exportables dont les pays peuvent jouer pour leurs marchés locaux mais aussi pour acquérir des devises au bénéfice d’un attrait international croissant du fruit. Certaines couches de populations rurales peuvent ainsi trouver une source non négligeable de revenus principaux ou d’appoint.
L’Inde est le premier producteur mondial mais pas le premier exportateur vu son marché intérieur et la valeur culturelle populaire de ce fruit. En 2003 avec une production de 10,5 millions de tonnes l’Inde représentait 42% de la production mondiale, suivie de loin par la Chine avec 3,4 millions de tonnes et la Thaïlande avec 1,7 million de tonnes. Le premier producteur africain était le Nigeria avec 750 000 tonnes annuelles. Pour le commerce international le Mexique était le premier exportateur avec 194,5 milliards de dollars de valeur de ventes à l’étranger, 103,5 milliards au Brésil, 47,5 au Pakistan et 41,5 à l’Inde. Le premier exportateur africain sur ces chiffres de la FAO (2002) était l’Afrique du sud avec 17,4 milliards de dollars, puis la Côte d’Ivoire avec plus de 10 milliers de dollars d’exportations.
 
Les Etats-Unis sont les premiers importateurs de mangues avec une valeur de 263,3 milliards de dollars. Les Pays-Bas représentent le premier marché européen, le deuxième mondial à 71,4 milliards de dollars d’importations, suivis des Emirats Arabes Unis à 44,8 milliards et Hong-Kong à 37, 09 milliards. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni sont respectivement 7è, 8è, et 9è acheteurs mondiaux.
Pris globalement le marché mondial de la mangue se segmente en deux marchés : un marché asiatique et du Moyen-Orient, fourni par l’Inde, le Pakistan, les Philippines, la Thaïlande et un marché qualifié de luxe, celui des Etats-Unis, du Japon approvisionnés par le Mexique et d’Europe fourni par l’Amérique du sud et l’Afrique.
 
La question pour les pays africains est de définir une stratégie leur permettant d’utiliser les produits vivriers pour dans un premier temps diversifier leur exportables, puis différencier une offre subissant la concurrence en masse. Une des façons de procéder consiste à recherche des niches, des segments de marché national et international où une compétitivité peut se construire. La mangue est utile à tous les stades de son développement jusqu’à sa maturité, elle peut être utilisée comme fruit vert, crudité, pour faire des pâtisseries, des glaces, etc. elle s’intègre aussi aux «produits de bouche» -apéritifs, cocktails, ..-, aux produits complexes à l’instar des céréales, muesli, … - et même sa forme séchée développée par exemple au Burkina Faso a sa place sur les marchés. En jouant sur la qualité, calibre, couleur, aspects gustatifs, nutritionnels, aromatiques, et en ciblant un marché porteur -fruits déshydratés non encore saturés par la concurrence- les filières africaines pourraient améliorer leur compétitivité.
 
Une autre orientation stratégique pourrait s’avérer gagnante, c’est la filière biologique dans laquelle les exportateurs de masse auront du mal à s’adapter rapidement malgré l’existence d’une demande croissante. En améliorant la gestion du stockage, de la conservation, de la cueillette, en haussant sa qualité pour se situer à une gamme supérieure, la mangue en Afrique et dans le monde a un bel avenir. A chacun de le saisir.
Afrikara
Publicité
Tag(s) : #COUPS DE COEUR
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :