NDRL: C'est avec plaisir que nous rediffusons ce "cri de coeur" de notre frère, Ghislain KOKODE . Comme chacun le sait désormais, Maître Adrien HOUNGBEDJI, le leader charismatique des Tchoko - Tchoko, n'a pas gagné les élections présidentielles. Il est depuis lors en réserve de la République Béninoise.
Quinze mois après le sacre du roi Boni 1er, même les plus zélateurs des changementeurs commencent à douter des compétences de leur pilote du navire-Bénin. On craignait une nouvelle expérimentation de plus pour notre pays. Nous y voilà.
La mafia règne en maître absolu dans tous les corps de métiers et dans toutes les couches sociales de notre pays. Petit à petit, mais inéluctablement, Yayi Boni voit le terrain se dérober sous ses pieds. Pour se maintenir, vaille que vaille, il excelle dans la seule chose qu'il sait mieux faire, aujourd'hui, que quiconque dans toute l'histoire du Bénin: LE POPULISME OUTRANCIER avec des "marcheurs" et des griots zélés dans tous les coins et recoins de notre pays.
L'opposition s'est murée dans un silence inquiétant qui n'honore pas la classe politique Béninoise. La seule opposition crédible au régime des change-menteurs demeure les bandits de grand chemin, communément appelés "les coupeurs de route". Ils terrorisent Yayi Boni et défient son gouvernement sur toute l'étendue du territoire national ! Même l'arrivée d'un Général au Ministère de l'Intérieur ne leur fait pas peur.
Souhaitons que le roi Boni 1er et sa cour méditent sur les propos de notre frère Ghislain KOKODE et en tirent des leçons pour le bonheur de nos populations.
Benoît ILLASSA (29 août 2007)
Bonne lecture à tous
Samedi 29 octobre 2005
Un Bénin nouveau dites-vous?
Il apparaît au fil des jours et des rencontres que nul ne peut mettre en doute le potentiel de Adrien Houngbédji à diriger notre pays pour les cinq et pourquoi pas les dix prochaines années. Ses capacités à regrouper les filles et fils du Bénin toutes régions confondues et sa modestie avérée : "Je ne suis pas un homme providentiel" disait-il à Montreuil. Cela suffit à comprendre la maturité de l'homme. Ma certitude est d'autant plus forte que des amis invités à cette rencontre m'ont certifié leur volonté de faire de cette élection une réalité.
Toutefois, il m'appartient comme à d'autres de poser le débat de façon cartésienne; AH pourra t’il gouverner un Bénin livré à la mafia ; un pays où toute la jeunesse est vouée au chômage? Il est loisible de constater que notre classe politique actuelle se fout du devenir de notre population ; l’administration est gangrenée, la société civile quasi inexistante.
Un sondage sur ce site place largement la corruption au sommet des travaux du prochain gouvernement. Mais peut-on combattre la corruption sans production? A-t-on les moyens de maintenir cette politique du partage de l’inexistant ?
Quelles sont les marges de manoeuvre de celui qui viendra ? Et surtout les Béninois sont-ils réellement prêts ?
Nul besoin d’être sorti de Harvard pour comprendre que cet état actuel est le fruit d’un pilotage à vu de notre pays depuis les indépendances. Nos pères on fautés par égoïsme ; ils nous ont laissés un pays malade voire mourant. Notre secteur, que dis-je notre embryon de secteur privé où les courageux animateurs sont qualifiés par ce thème barbare « d’opérateurs économiques » ; peine à trouver son chemin ; la micro industrie présente ailleurs est complètement lilliputienne chez nous ; le savoir : « Quartier Latin » dites-vous est mourrant.
Notre économie est sous perfusion comme on le dit chez nous et les charognards attendent la privatisation de tous nos maigres moyens de production.
Je ne voudrais pas faire ici le procès de nos aînés (bien que j’en aie le droit) mais il me semble utile de présenter les faits et de dire que les seules choses positives de leur passage sont : la nation Bénin et la paix fragile.
Cette catastrophe économique et sociale, est donc l’héritage que nous lèguent Kérékou et ses sbires.
Maga, Ahomadégbé, Apithy, et autres ‘amis’ de Foccart ont certes vassalisés notre pays, mais nos chers révolutionnaires l’ont simplement démantelé. Soglo en 1990 vint avec l’espoir d’un retour à la normale mais on se rendit compte, trop vite à mon goût, de son incapacité. Retour à Kérékou qui, Dieu devant séduisit avec l’accord de tous un peuple fort ballotté. Dieu lâcha le Général qui ne fit point sa volonté et le Bénin sombra plus profond qu’avec le PRPB.
Chers Amis, cette danse macabre doit cesser ; il nous faut élire sans vendre ; confier sans donner. Si, comme moi votre choix se tourne irrémédiablement vers AH vous devez savoir que votre bataille vient de commencer.
Cher Maître, je ne vous confierai pas ma voix sans contrôle ; j’exigerai un droit de regard car les choix futurs influenceront ma vie et celle mes descendants.
Au demeurant, la maison Bénin a besoin d’un électrochoc. Je nous invite le cas échéant à lorgner du côté du Royaume Uni de Tony Blair pour prendre ce qui y est bon et bien fait.
Il faudra trouver les moyens pour attirer au Bénin les projets privés les plus prometteurs. Favoriser notre secteur privé et promouvoir les vrais crédits au développement. J’ai pu constater la profusion des organismes de micro crédits au Bénin avec leur cortège de malheurs ; hommes et femmes endettés fuient leur pays en quête de quoi pour payer leurs dettes. Il est possible de négocier avec des partenaires qui nous respectent un plan de financement de notre développement. Des organismes comme la SFI ou la BOAD sont des outils qu’il nous faut explorer au maximum. Je suis convaincu que notre pays regorge de gens capables de monter des projets privés finançables par ces organismes. L’Etat doit pouvoir se porter garant pour ce genre de projets.
Le jacobinisme hériter de notre ex-Mère patrie doit disparaître et laisser place à un dispatching méthodique dont la décentralisation actuelle se rapproche dans ses écrits.
Le Bénin ne sera Quartier Latin que s’il arrive à transcender ses problèmes actuels. Nous ne sommes pas les plus intelligents mais nous avons un génie pas négligeable ; tâchons d’en user au mieux.
Ghislain KOKODE
Cslt Economètre-Statisticien.
Président de Altern’Activ Culture & Développement.