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Mardi 11 Septembre 2007
     
  Pour un pain à base de manioc  
     
  La question de l’introduction du manioc dans la panification mérite d’être soulevée en cette période où le prix du blé connaît une flambée insupportable sur le marché international.  
     
 

   L'expérience de la fabrication du pain à partir du manioc dont les boulangers de Bassila constituent l'un des pionniers mérite d'être vulgarisée à cette période de flambée du prix du blé sur le marché international. Le prix du pain qui fait, depuis des années, l'objet d'un bras de fer entre boulangers et le gouvernement béninois subit les fluctuations du cours du blé qui ne cesse de grimper au fil des ans. Au point qu'aujourd'hui, il est devenu un secret de polichinelle que le pain a complètement perdu de poids et de sa forme. A défaut de pouvoir augmenter son prix, les boulangers jouent sur le poids du pain afin d'atténuer l'effet de la flambée sur leur chiffre, au grand dam des consommateurs et sous le regard hypocrite de la direction de la métrologie et du contrôle de la qualité. Mais aujourd'hui, avec la folie du cours du blé, les boulangers béninois ne savent plus à quel saint se vouer, car à force de jouer sur le poids, le pain finira par perdre de sa teneur. Alors que dans plusieurs pays de la sous-région, les gouvernements ont été irrésistiblement contraints d'entériner l'augmentation du prix du pain, ils attendent toujours un signal fort du gouvernement béninois, qui a le choix entre l'autorisation d'une augmentation et la mise en place d'un dispositif de facilitation fiscale afin de préserver l'intérêt des consommateurs. Mais, dans l'un ou l'autre cas, ce serait des mesures conjoncturelles, qui ne résoudront pas le problème de la dépendance du pain consommé au Bénin vis-à-vis des aléas du commerce international.

   Chaque année, c'est plus de 12 milliards de francs Cfa qui sont engloutis dans l'importation de la farine de blé au Bénin. La recherche d'une solution alternative et durable à cette crise récurrente est donc une nécessité. L'usage du manioc pour la fabrication du pain reste une possibilité à peaufiner. Aller au-delà des foires L'entrée du manioc dans la panification n'est pas nouvelle au Bénin. Le pain à base de manioc ou même de certains céréales comme le riz est souvent présenté à titre expérimental à l'occasion des foires commerciales. Il s'agira cette fois-ci d'aller au-delà des foires en faisant une production industrielle du pain à partir des matières premières locales. Une étude commanditée en 2005 par le groupement professionnel des boulangers et pâtissiers du Bénin (Gpbpb) avec le soutien de l'Adex (Association pour le développement des exportations) avait préconisée l'introduction partielle de la farine de manioc et d'autres céréales locaux dans la fabrication du pain. Cette étude qui a identifié des technologies d'utilisation des farines composées pour la fabrication du pain et autres produits similaires, a démontré qu'à 20 % ''le manioc est très tolérant et se comporte bien'' dans la composition du pain. Le Cabinet AT Conseil, auteur de l'étude, s'était surtout inspiré des expériences d'autres pays africains. L'étude mise surtout sur le manioc à cause de la disponibilité de cette matière première suite à l'accroissement de la production ces dernières années, à la faveur du projet manioc.

   Dans ses recommandations, ce cabinet avait pourtant préconisé l'ouverture d'une phase pilote d'expérimentation afin de garantir les chances du succès de l'opération. Il a également insisté sur la nécessité de faire des recherches supplémentaires pour identifier les qualités de manioc à utiliser ainsi que l'exploitation des potentialités des céréales locales afin de tirer avantage des opportunités de la technologie des farines composées pour régler de façon endogène les déficits nutritionnels. Cependant, les recommandations de cette étude sont, comme d'habitude, restées lettres mortes. Mais, il n'est pas toujours tard pour reprendre cette étude et l'adapter, peut-être à l'air du temps. En pleine crise de blé, le débat sur l'introduction du manioc mérite d'être relancé. Il y va aussi bien de l'intérêt des boulangers que de l'Etat béninois qui accorde aujourd'hui un prix à la diversification agricole.

 
 
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2004© continentalmag.com

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Tag(s) : #RUMEURS
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