Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Document Cadre de Partenariat France-Bénin - DCP - (2006-2010)

Ce document fixe le cadre de coopération entre la France et le Bénin pour les cinq années à venir (2006 à 2010).

 

Le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) du Bénin constitue le cadre de référence de la coopération entre les deux pays, comme c’est le cas avec les autres partenaires au développement du Bénin. Les deux pays continueront à travailler à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.


Présente au Bénin depuis l’indépendance en 1960, la coopération française se caractérise par la grande variété et la multiplicité de ses interventions, tant en termes de secteurs que d’instruments. Avec l’arrivée de nouveaux partenaires au développement, bilatéraux ou multilatéraux, de plus en plus présents au Bénin, et les efforts de la communauté internationale pour accroître l’efficacité de l’aide, il est devenu nécessaire de recentrer la coopération française en vue d’une meilleure coordination et d’une plus grande efficacité, visibilité et lisibilité.

L’approche « égalité hommes-femmes », notamment en matière d’éducation, sera privilégiée par les deux pays.

Ceux-ci travailleront à l’intégration régionale, dans le cadre des organisations régionales auxquelles adhère le Bénin (CEDEAO, UEMOA) et des traités dont le Bénin est partie, comme l’OHADA, conformément aux recommandations du NEPAD.

Dans ses interventions, la France continuera à utiliser la panoplie des instruments dont elle dispose, en retenant l’instrument qui lui paraîtra le mieux adapté à chaque situation. C’est ainsi qu’elle continuera à recourir à l’aide-projet et à l’aide-programme, en fonction des circonstances et des demandes du Bénin. Par ailleurs, elle a accordé une aide budgétaire globale au Bénin en 2005 et étudie la poursuite de ce programme en appui aux politiques de lutte contre la pauvreté, en concertation et coordination avec les autres partenaires qui pratiquent cette forme d’aide.

Les institutions béninoises continueront à être une des cibles privilégiées de la coopération bénino-française, sans préjudice du soutien qui sera prodigué à la société civile ainsi qu’aux collectivités nées de la décentralisation. Le processus de décentralisation constitue en effet une opportunité en terme de développement au profit des populations à la base.

La France et le Bénin réaffirment leur attachement à la francophonie, et, à travers elle, à la diversité culturelle, considérant que la culture constitue un des piliers du développement durable.

Si l’appui au secteur privé ne figure pas en tant que tel dans les secteurs prioritaires de la coopération entre les deux pays pour les prochaines années, le secteur privé n’en constitue pas moins un élément important de la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Proparco, filiale de l’AFD pour le secteur privé continuera de participer au développement du secteur bancaire et financier béninois. Par ailleurs, le secteur privé bénéficiera de l’amélioration du climat des investissements qui devrait résulter de l’appui à la gouvernance démocratique et financière, qui constitue un des piliers de la coopération entre les deux pays.

Dans un objectif d’efficacité, les deux pays ont décidé de concentrer les secteurs d’intervention de leur coopération. Lors de la première revue annuelle de suivi, le 10 mai 2005, de la VIIIème commission mixte franco-béninoise, ils ont identifié en commun les secteurs prioritaires de leur coopération.

Les priorités de la coopération franco-béninoise1 Appui à la gouvernance démocratique et financière1.1 Finances publiques1.2 Décentralisation1.3 Sécurité publique et coopération militaire2 Objectifs du Millénaire pour le Développement2.1 Education2.2 Agriculture et sécurité alimentaire2.3 Infrastructures3 Culture, enseignement supérieur et recherche3.1 Enseignement supérieur et recherche3.2 Culture et francophonie

I. Appui à la gouvernance démocratique et financière

L’appui à la gouvernance démocratique et financière, dans le cadre du renforcement de l’état de droit, constitue une des conditions du développement économique, créateur d’emplois et de richesses, dans un objectif de développement et de réduction de la pauvreté. Cet appui vise en priorité le renforcement des capacités de l’administration et des institutions démocratiques du pays.

1.1 Finances publiques.

La France poursuivra son appui à la réforme des finances publiques, telle que promue par la Banque mondiale. L’objectif est de rationaliser davantage la gestion des dépenses et d’améliorer les recettes fiscales. L’intervention d’un nombre croissant de bailleurs de fonds sous forme d’appui budgétaire (Banque mondiale, Union européenne, Danemark, Pays-Bas, Suisse) rend nécessaire le renforcement d’une administration financière performante et transparente, comme tend à le faire la mise en place de budgets programmes dans un nombre croissant de ministères.

A l’expiration du projet PARAF (Projet d’Appui aux Réformes des Administrations Financières), qui prend fin en 2006, un nouveau projet FSP sera instruit en concertation entre les deux parties, afin de poursuivre le renforcement de ce secteur, suivi de près par la communauté des bailleurs de fonds. L’aide française continuera à renforcer les capacités des administrations financières par recours aux instruments traditionnels que sont les missions d’experts, les invitations et les bourses d’études et de stages, ainsi que l’assistance technique résidentielle.

La France s’efforcera, durant la période considérée, de recourir elle aussi à l’appui budgétaire, et de s’intégrer au groupe ABC (Appui Budgétaire Conjoint) dans un objectif de meilleure efficacité, conformément aux recommandations du 2ème Forum à haut Niveau de Paris de mars 2005. Le groupe ABC représente en effet un bon exemple de coordination.

1.2 Décentralisation

Le projet "d’appui à la décentralisation et à la gestion urbaine" en cours s’achève en 2006. Il a permis de soutenir le processus de décentralisation au Bénin depuis sa mise en oeuvre en 2003. La décentralisation ouvre des perspectives prometteuses pour le développement des populations à la base, aussi, un nouveau projet FSP sera instruit avec les autorités béninoises dans ce secteur. Il mettra l’accent sur le renforcement de la déconcentration et apportera un appui particulier à la Direction Générale de l’Administration Territoriale, qui sera plus particulièrement chargée de cet aspect. Il étudiera également la possibilité d’apporter un appui en matière d’aménagement du territoire.

Une attention particulière sera accordée au transfert des compétences et des moyens aux communes, à l’amélioration de leurs ressources propres ainsi qu’au renforcement de leurs capacités, y compris en matière de maîtrise d’ouvrage.

La coopération française continuera à s’appuyer dans ce secteur sur le partenariat franco-germano-béninois, qui a donné satisfaction jusqu’à présent, et à travailler en concertation avec les interventions des autres partenaires au développement, en particulier la Banque mondiale (PNDCC) et l’Union européenne (PRODECOM).

La coopération décentralisée sera également mise à contribution en complément de l’appui aux institutions de l’Etat, notamment dans une perspective de renforcement des capacités humaines des communes béninoises, de mise en œuvre de leurs plans de développement communaux et de développement des ressources locales.

1.3 Sécurité intérieure et coopération militaire

Dans le domaine de la sécurité intérieure, la France poursuivra son appui aux forces de sécurité du Bénin, notamment au travers du projet FSP PARSIB (projet d’appui au renforcement de la sécurité intérieure du Bénin), destiné, une fois adopté, à mettre en place une base de données partagée entre la police, la gendarmerie et la douane, assurant une cohérence et une efficacité de l’action de l’Etat dans la lutte contre la criminalité. Il permettra également l’adoption d’un socle légal destiné à protéger les informations nominatives et à respecter les libertés individuelles. Des formations seront organisées au bénéfice des cadres béninois des trois institutions.

Des formations continueront également à être dispensées dans les domaines prioritaires déterminés en commun : le maintien de l’ordre public, les formations spécialisées en police judiciaire et la lutte contre le terrorisme. Le soutien à l’Ecole Nationale Supérieure de Police de Cotonou et au centre de perfectionnement de Police judiciaire de Porto Novo (école à vocation régionale) sera poursuivi. Un effort sera fait en matière de sécurité civile.

En matière de coopération militaire, la France poursuivra son appui au Bénin, par l’envoi de missions d’experts et la formation de cadres, dans le but d’améliorer le fonctionnement des états-majors et des services centraux, dans les domaines de la gestion des ressources humaines et matérielles. En outre, la coopération militaire soutiendra l’action de l’Etat en mer et sur les lagunes, ainsi que la réorganisation des moyens aériens dans leurs missions de soutien logistique des forces et d’appui aux services publics.

Dans les engagements internationaux des forces armées béninoises, la coopération française appuiera les efforts du Bénin pour participer aux opérations de maintien de la paix, mais aussi pour s’organiser dans la perspective de la mise sur pied de la « force africaine en attente ».

Par ailleurs le soutien à l’Ecole nationale à Vocation Régionale que représente le Centre de Perfectionnement aux Actions post-conflictuelles de Déminage et de Dépollution (CPADD) de Ouidah sera maintenu et visera à étendre à un plus grand nombre de pays bénéficiaires les formations dispensées. En outre, dans le même esprit, l’implication de partenaires (tels que la Belgique) sera recherchée pour assurer l’instruction des stagiaires et son financement.

II. Objectifs du millénaire pour le développement

A la suite des réformes du système français d’aide au développement intervenues en juillet 2004, l’Agence Française de Développement est en charge des interventions dans les secteurs visés par les OMD. Les projets et programmes de l’AFD couvraient traditionnellement un spectre très large, avec une exposition importante sur un grand nombre de thèmes (en particulier dans le développement rural). Depuis 2005, l’AFD a entamé un processus de recentrage vers les domaines pour lesquels l’aide française peut faire valoir un avantage comparatif, afin de donner à ses actions des effets plus importants en termes d’impacts et de visibilité. Par ailleurs, c’est l’AFD qui met en œuvre les aides budgétaires globales.

Les axes d’intervention de l’AFD s’inscrivent clairement dans la stratégie de réduction de la pauvreté du pays ; ils sont les suivants :

- l’accès pérenne des populations à des services publics de base, marchands (eau potable) ou non (éducation de base), avec la prise en compte systématique des populations les plus défavorisées, soit géographiquement, soit en terme de revenus
- l’amélioration des conditions de vie des populations urbaines (voirie, assainissement, lutte contre la pollution ...),
- l’amélioration de la compétitivité de la filière coton et des exploitations agricoles, par la recherche de la réduction des dysfonctionnements de la filière et l’appui aux organisations de producteurs.

L’appui à la décentralisation et la gestion durable des ressources naturelles demeurent des thèmes transversaux majeurs présents dans plusieurs opérations.

Ce recentrage se conjugue au souci d’une plus grande concertation et harmonisation avec les autres PTF (Partenaires Techniques et Financiers). Au sein de l’aide française, l’AFD participe au renforcement de la coordination avec les autres bailleurs de fonds, rendue de plus en plus nécessaire en particulier avec le développement des financements parallèles, des aides-programmes et des aides budgétaires, et s’implique particulièrement sur la filière coton où elle est devenue le partenaire technique de référence pour les autres bailleurs de fonds.

2.1 Education

L’éducation de base est l’une des grandes priorités de la politique conduite par le Bénin, qui a défini, depuis 2003, en concertation avec les PTF, de nouvelles orientations stratégiques du secteur de l’éducation (lettre de politique éducative) qui seront déclinées de manière opérationnelle dans un Plan Décennal de Développement du Secteur Educatif -PDDSE- en cours de finalisation. La dynamique ainsi engagée et la perspective d’intégration du Bénin parmi les pays bénéficiaires du Partenariat Accéléré en faveur de l’Education Pour Tous (PA-EPT) , justifient une mobilisation de l’aide française en liaison avec celles de la Banque Mondiale, de l’Union Européenne, du Danemark, des Pays-Bas et de la Suisse Le programme visera la réalisation des principaux objectifs de la politique d’éducation de base (enseignement primaire et collège), en particulier dans les zones géographiques les plus pauvres et les plus déficitaires de l’organisation scolaire. Le programme prendra la forme d’une aide sectorielle et contribuera au financement des dépenses de fonctionnement et d’investissements définies par le PDDSE.

En complémentarité avec l’appui au programme "éducation pour tous", la France viendra renforcer les capacités du MEPS (Ministère des Enseignements Primaire et Secondaire) pour le pilotage de la politique éducative, à travers le "Projet d’Appui à la Gestion de l’Education" qui se poursuivra jusqu’en 2007 et dont la responsabilité a été transférée à l’AFD en 2005.

2.2 Agriculture et sécurité alimentaire

La stratégie de la France au Bénin en matière de développement rural cherche à promouvoir les agricultures paysannes : i) en aidant les exploitants agricoles à s’adapter aux transformations de leur environnement, et ainsi à sécuriser et à accroître leurs performances et leurs revenus ; ii) en sécurisant, sur le long terme, les ressources foncières et en appuyant la gestion durable des ressources naturelles et iii) en renforçant la capacité des organisations de producteurs, afin qu’ils ne soient pas marginalisés lors de la libéralisation des diverses filières. Dans la mise en œuvre de cette stratégie, la filière coton reste incontournable du fait de son importance socio-économique. La France s’efforce, aux côtés des autres PTF, en particulier de la Banque mondiale, de favoriser la réorganisation durable de la filière. Ces efforts se feront en cohérence avec la recherche, menée avec le CIRAD (projet d’appui à la recherche cotonnière au Bénin qui s’achève en 2006) ; un nouveau projet régional portant sur le thème de « l’amélioration des pratiques culturales conservatrices de l’environnement » sera mis en instruction.

A la suite du Projet d’Appui à la Diversification des Systèmes d’exploitation- PADSE- qui s’achève en 2005, et du projet PAIMAF (Appui institutionnel à la Modernisation de l’Agriculture familiale) qui s’achève en 2006, l’AFD instruit un nouveau programme, le Projet d’appui aux dynamiques productives (PADYP), centré sur l’appui en conseil de gestion à l’exploitation familiale, principalement en zone cotonnière, dont les objectifs sont : i) le renforcement de l’amont de la filière coton, par la démultiplication du conseil de gestion, (ii) la poursuite des efforts pour introduire des itinéraires techniques permettant d’améliorer la fertilité des sols et d’intensifier les cultures, (iii) le renforcement de la filière, au travers notamment de ses structures professionnelles ou interprofessionnelles, en appuyant particulièrement la mise en œuvre d’un plan de développement en coordination avec la Banque Mondiale et l’intervention programmée de l’Union européenne dans le cadre de l’initiative européenne sur le coton.

2.3 Infrastructures

Dans le but de renforcer la cohésion sociale du pays, la France apportera son concours à l’amélioration des conditions de vie des populations, en particulier des plus défavorisées, tant en milieu rural que dans les zones d’urbanisation accélérée. Ces interventions seront conçues et menées à bien dans un souci d’accompagnement du processus de décentralisation, à travers une recherche systématique de renforcement des capacités des communes. La protection de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles constituent également des thèmes transversaux présents dans les opérations de développement des infrastructures.

2.3.1 Secteur rural :

a) Le Programme de Gestion des Terroirs et des Ressources Naturelles (PGTRN) qui touchait 6 communes du pays devrait s’achever en 2005, et l’adoption de la loi sur le foncier rural, attendue avant la fin de la même année, en sera le résultat le plus visible. Sur la base des acquis du PGTRN, un nouveau programme d’appui étendu à l’ensemble des communes du Bénin est envisagé, en partenariat avec la Coopération allemande. Il viserait principalement i) à appuyer les service communaux pour la gestion foncière en mettant en place des registres fonciers urbains et des plans fonciers ruraux et ii) à préparer les schémas directeurs d’aménagement communaux destinés à une meilleure maîtrise des ressources naturelles.

b) Dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, le Gouvernement du Bénin doit fournir d’ici 2015 de l’eau potable à 4,2 millions de personnes, ce qui nécessite la réalisation d’environ 16 000 nouveaux points d’eau et implique un doublement de la cadence de réalisation actuelle. L’AFD aide à la réalisation de cet objectif à travers le financement d’un Programme d’Hydraulique villageoise, comprenant plusieurs composantes :

- un appui technique et financier à la mise en œuvre de la stratégie nationale (Programme d’Assistance au Développement du secteur de l’Eau et de l’Assainissement en milieu Rural) dans le département des Collines, et un appui institutionnel visant à renforcer l’efficacité de l’approche Budget Programme par Objectifs dans le nouvel environnement institutionnel du secteur hydraulique
- Une composante Adduction d’Eau Villageoise (AEV) mise en œuvre dans le cadre de l’Initiative Eau pour les centres secondaires qui vise à desservir environ 500 agglomérations d’ici à 2015. Le financement de l’AFD se concentrera en priorité sur l’assistance technique à l’Initiative, en coordination avec les coopérations allemande, danoise et néerlandaise, et sur une contribution à la réhabilitation, la densification et l’extension des réseaux dans le département des Collines, ainsi que dans les départements du sud du Bénin, en l’absence de bailleurs de fonds opérant dans cette zone.

c) Enfin, si les conclusions de l’évaluation en cours du Programme de Développement Local (PDL) mené en partenariat avec la région Picardie sur le Département des Collines confirment la bonne perception générale de ces opérations, L’AFD pourrait étendre cette expérience pilote de démocratie participative à d’autres départements, et apporter son appui à la mise en oeuvre de fonds d’investissements communaux.

d) Les deux parties s’accordent à souligner l’importance de la mise en oeuvre rapide de la construction de 3 postes de péage/pesage en vue de son achèvement en décembre 2006.

2.3.2. secteur urbain

L’AFD intervient depuis plusieurs années en milieu urbain, par la réalisation d’équipements marchands, d’assainissement et de pavage de voies, exécutés par des PME nationales dans le cadre de travaux à haute intensité de main d’œuvre. Ces opérations sont d’indéniables réussites techniques. Les interventions futures en milieu urbain verront leur contenu renforcé dans les directions suivantes :

- la recherche d’une couverture des besoins à la fois technique, logistique et institutionnelle,
- l’appui à la décentralisation par le renforcement de la capacité des collectivités locales à concevoir et mettre en œuvre des programmes d’investissements,
- l’appui en liaison avec les autres PTF à la mise en œuvre de fonds d’investissements communaux qui viendront compléter les ressources mises à leur disposition via les canaux budgétaires, avec des procédures transparentes et harmonisées d’accès à ces fonds.

Un projet d’appui à la Conurbation de Cotonou devrait être mis en œuvre début 2006 en parallèle avec le second programme de Gestion Urbaine décentralisée de la Banque mondiale. Il vise à contribuer à l’amélioration des conditions de vie des habitants, tout en appuyant la démarche de municipalisation. L’intervention envisagée s’articulerait autour de quatre composantes :

- Renforcement des capacités des municipalités
- Réalisation d’infrastructures prioritaires
- Réalisation d’équipements de proximité
- Recherche de solutions contre la pollution atmosphérique (optionnelle) avec la participation du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM)

2.3.3 Services publics marchands : L’AFD n’exclut pas de pouvoir à nouveau intervenir en prêt non souverain au Bénin, au profit du secteur électrique ou du Port Autonome de Cotonou et suivra les progrès de l’évolution institutionnelle de ces établissements.

NB : santé. Le secteur de la santé n’ayant pas été retenu parmi les secteurs prioritaires, l’AFD n’envisage pas à moyen terme d’instruire de projet dans ce secteur. Toutefois la coopération en matière de santé se poursuivra en recourant aux moyens divers et variés existant déjà :

- assistance technique
- formations professionnelles, médicales et para-médicales, grâce à des bourses universitaires, en privilégiant les formations in situ et les moyens de l’enseignement à distance
- lutte contre les grandes endémies, en particulier contre le VIH-SIDA, en liaison, entre autres, avec le GIP « ESTHER »
- recherche, notamment avec le concours de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement)
- projets FSP « mobilisateurs » (CORUS..., recherche entomologique en instruction)
- recours au « Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme », dont la France est un contributeur majeur.

III. Enseignement supérieur et recherche, culture

Ces secteurs continueront à être mis en œuvre par le Service de Coopération et d’Action culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France.

3.1 Enseignement supérieur et recherche

Les conclusions de l’évaluation ex-post du projet PAFPES (Appui aux Filières Professionnalisées de l’Enseignement Supérieur) seront exploitées dans le nouveau projet FSP, en cours d’instruction, d’appui à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. Il revient aux autorités béninoises d’intégrer dans ses dispositifs et ses financements propres les avancées dans le domaine de la formation et du pilotage des trois établissements bénéficiaires du PAFPES : la FSA (Faculté des Sciences Agronomiques), le CEBELAE (Centre Béninois d’Enseignement des Langues Etrangères) et l’EPAC (Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi).

Le nouveau projet FSP visera en priorité à renforcer les capacités de gestion et de pilotage des Universités (effectifs, inscriptions, diplômes et examens, gestion du personnel...), notamment à travers leur mise en réseau, afin de favoriser également les formations à distance et la communication entre Universités du nord et du sud. Cet appui se fera en cohérence avec les orientations données par le CAMES et l’UEMOA et recherchera, autant que possible, le soutien de l’AUF. Une fois adopté, ce nouveau projet sera mis en œuvre sur la période couverte par le présent Document Cadre de Partenariat (2006-2010).

En outre les objectifs suivants seront poursuivis :

- adoption du schéma LMD (licence, master, doctorat)
- formation et renouvellement des enseignants-chercheurs, notamment au moyen de bourses de thèses en alternance. L’attribution des bourses se fera de manière concertée entre les deux parties, dans une perspective pluriannuelle
- recours aux accords inter-universitaires, y compris au profit de l’Université de Parakou, en prenant également en compte les accords avec des Universités non françaises.

La coopération en matière de recherche visera en priorité les secteurs de l’agriculture et de la santé. Elle s’appuiera en outre sur le projet FSP multi-pays SIST (systèmes d’information scientifique et technique), qui vise à mettre en place un réseau favorisant la mise en valeur de la recherche universitaire.

La partie béninoise constatant que la recherche au Bénin souffre de l’absence d’un programme national, la coopération française, déjà très présente, apportera sa contribution à l’amélioration de la cohérence de la recherche, de sa valorisation et de sa visibilité et à l’émergence de pôles de recherche et d’excellence. Le CIRAD (Centre International de Recherche Agronomique pour le Développement) et l’IRD, présents au Bénin, pourront être mobilisés pour leur expertise en matière de gestion de la recherche. L’IRD poursuivra le développement de son programme santé ainsi que son programme régional mousson africaine (AMMA) ; il s’efforcera de mettre en synergie ces recherches avec les programmes béninois et avec les interventions de la coopération française. Le CIRAD maintiendra ses relations privilégiées avec l’INRAB (Institut National de Recherche Agronomique du Bénin) et l’Université d’Abomey-Calavi, en particulier la Faculté des Sciences Agronomiques et la Faculté des Sciences et Techniques dans les domaines du coton, de l’igname, du palmier à huile, des cultures maraîchères et de la transformation des produits post récolte.

3.2 Culture et francophonie

Les deux pays sont attachés à la défense de la diversité culturelle. La coopération française continuera de s’appuyer de façon privilégiée sur le Centre Culturel Français de Cotonou pour ses actions de diffusion culturelle et de promotion de la création, en cohérence avec le « projet de soutien aux initiatives culturelles décentralisées » (PSICD) de 3 millions d’Euros financé par la Délégation de la Commission européenne. Elle poursuivra son appui à l’Ecole du Patrimoine Africain (EPA) de Porto Novo, notamment au travers du projet FSP « les Musées au Service du Développement », d’un montant de 3 millions d’Euros, porté pour l’essentiel par l’EPA.

Réaffirmant leur attachement à la francophonie, les deux pays feront de la langue française un vecteur de rayonnement et d’intégration dans la sous-région. Ils rappellent pour cela l’importance qu’ils attachent au Centre béninois d’Enseignement des Langues étrangères (CEBELAE). Cet établissement, qui a bénéficié d’un soutien dans le cadre du projet PAFPES, doit devenir un pôle d’excellence en matière de « Français Langue Etrangère » et répondre ainsi aux besoins de formation de formateurs et d’enseignants de français des pays non-francophones de la région (Ghana, Nigéria, Guinée équatoriale). Les deux pays approuvent l’objectif d’insérer le CEBELAE dans un réseau qui lie les centres d’enseignement du Français Langue Etrangère en Afrique de l’Ouest et conviennent d’appuyer le CEBELAE dans ce sens.

Les deux pays inscrivent cette politique linguistique dans une démarche élargie à la culture et aux medias, favorisant les partenariats avec les associations francophones de la société civile et s’attachant plus particulièrement à la diffusion culturelle en milieu scolaire. La partie française apportera, dès que les conditions seront réunies, son appui à la formation initiale et continue des enseignants pour la maîtrise et la didactique du français.

IV. Annexes

Doc: Annexe DCP Bénin (...), 11.3 ko, 18x21 Annexe DCP Bénin - Bailleurs (PDF, 11.3 ko)

Doc: Annexe DCP Bénin (...), 13.6 ko, 18x21 Annexe DCP Bénin - Cadre logique (PDF, 13.6 ko)

Mis en ligne le 18/05/06



Publicité
Tag(s) : #Veille juridique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :