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ENTRETIEN AVEC L’HONORABLE AUGUSTIN AHOUANVOÉBLA DU PRD
"Ce sont les petits politiciens qui craignent le tandem Yayi-Houngbédji pour le décollage du Bénin"

16 octobre 2007

par Judicaël AYADOKOUN

L’honorable Augustin Ahouanvoébla, député élu dans la 20e circonscription électorale sur la liste Prd, président du groupe parlementaire Prd à l’Assemblée Nationale, parle dans cet entretien de la position du Prd par rapport au régime du changement, les intérêts du groupe parlementaire Prd, la collaboration du parti avec le régime en place. Il s’est également prononcé sur le projet de budget de l’Etat exercice 2008 et sur la question des prochaines municipales et communales. Actualité oblige, Augustin Ahouanvoébla pense qu’il reste encore beaucoup de temps pour ceux qui caressent le rêve d’arracher un jour au Prd ses mairies. En tant que trésorier général de la Fédération béninoise de Football, Augustin Ahouanvoébla tire un coup de chapeau à Boni Yayi pour son implication personnelle dans la qualification du Onze national. Voici l’interview qu’il nous a accordée.

Comment doit-on comprendre votre ascension à la tête du groupe parlementaire Prd ?

Je suis élu député à l’Assemblée nationale dans la 20ème circonscription électorale donc je suis un élu du peuple puisque je n’ai pas un mandat impératif. Je suis s effectivement président du groupe parlementaire Prd suite à la décision de tous les députés Prd et Prs.

Il est vrai que beaucoup, comme vous d’ailleurs ne m’attendaient pas à ce poste. Mais sur le plan politique, tenant compte du rôle que chacun doit jouer, n’importe qui peut être président d’un groupe parlementaire. Ceci en fonction des intérêts que nous poursuivons et de la stratégie que nous voulons mettre en œuvre. Je vais vous dire sans vous surprendre que c’est vrai que je suis nouveau dans cette fonction, puisque je n’ai jamais été élu député. C’est la première fois. Mais notre groupe parlementaire a un règlement intérieur et aussi des statuts. Nous nous réunissons hebdomadairement pour débattre en profondeur des questions de la nation et en fonction des intérêts que ces dossiers présentent pour le peuple béninois. Ces dossiers peuvent concerner le développement et le progrès national. Ce n’est pas parce que nous avons été élus dans l’Atlantique ou le Littoral que nous ne devons pas faire en sorte que le développement soit délocalisé vers d’autres régions du pays.

Honorable, doit-on inscrire le Prd dans la mouvance ou dans l’opposition ?

C’est la première fois qu’on me pose cette question. Mais moi, je vais vous dire ma conviction personnelle. Au lendemain des élections présidentielles, naturellement il y avait deux personnalités appelées à concourir pour un seul fauteuil : le président Boni Yayi et le président Adrien Houngbédji. Dans les vieilles démocraties où on recherche la vitalité dans une démocratie apaisée, naturellement, le challenger s’aligne automatiquement dans l’opposition. S’aligner dans l’opposition ne veut pas dire qu’il doit saboter tout ce que fait le premier. Quand je prends l’exemple typique du Bénin, ou de certains pays qui sont sur la voie d’une forte démocratisation, je peux dire que le premier et le deuxième, compte tenu de leur programme d’action, de leur vision peuvent se retrouver ensemble pour marquer leur passage et ce serait extraordinaire. Aujourd’hui, quand vous regardez le programme de Me Adrien Houngbédji et celui du Dr Boni Yayi, il y a beaucoup de points communs. Tout est presqu’en phase mais il s’est fait que les petits politiciens, ceux qui savent faire sauter l’autre pour s’asseoir, ceux qui savent que Houngbédji menace leurs intérêts ont tôt fait de le diaboliser. Ce qui n’est forcément pas la volonté et le vœu du président Boni Yayi. Alors, je suis peiné de voir certains jeunes comme nous prendre la gestion du pouvoir d’Etat pour réviser leurs cours. Or nous savons comment ils ont étudié et en révisant leur cours, ils confondent souvent tout. Vous devez avoir appris qu’il y a eu des documents qui ont circulé sur Internet pour dire que Houngbédji a utilisé la presse internationale pour nuire au chef de l’Etat. Or, cette presse internationale dont il est question, je veux parler par exemple de 3A Télésud, est arrivée au Bénin interviewer des personnes proches du chef de l’Etat et ceux proches de Adrien Houngbédji parce que, comme je le disais aujourd’hui, la vitalité de la démocratie se fera avec la contribution et le concours de ces deux personnalités. Ils ont craint le tandem Houngbédji-Yayi qui ensemble, pouvait faire décoller le Bénin. En fait, ce sont des gens qui sont là pour tirer leur épingle du jeu. Si cela ne dépendait que de Yayi Boni, les choses iraient autrement.

1018 milliards de francs Cfa pour le budget de l’Etat exercice 2008. Vos appréciations !

Je ne suis pas du gouvernement et je ne suis pas membre du gouvernement. Je suis d’une autre institution. Je n’ai encore vu aucune trace de ce qui a été annoncé par le conseil des ministres au parlement puisque j’y étais encore ce matin. Donc, je ne peux pas me prononcer encore. Mais si je devais dire quelque chose, je dirais que c’est osé et c’est normal qu’il en soit ainsi. J’aurais même souhaité que nous atteignions et que nous dépassions 1500 milliards et pourquoi pas plus. Nous attendons de voir la matérialisation de tout ce qui a été annoncé. Vous savez, je suis trop ambitieux pour mon pays. J’ai souvent demandé à certains ministres pourquoi ils ne nous font ratifier que des projets de 2, 3, 5 milliards. Pourquoi ne pas nous amener des projets de 200, 500 milliards ? C’est-à-dire les vrais grands travaux. Ce que nous voulons, c’est des actions au profit du développement. Nous au Prd, nous attendons d’être en possession de documents appropriés et comme nous avons l’habitude de le faire, nous l’étudierons avec l’appui et le concours de nos spécialistes avant de nous prononcer. C’est ce que je peux vous dire pour le moment.

Parlez-nous un peu des préparatifs des municipales au niveau du Prd !

Aujourd’hui, l’objectif de la Fcbe, c’est de conquérir toutes les mairies. Mais on dit dans mon dialecte, est-ce qu’ils ne sont pas à la recherche de la tête du crabe dans une sauce de légumes ? Mais, ceux qui cherchent à conquérir Porto Novo, Avrankou, Adjarra, Adjohoun, Missérété, Sèmè Podji... et les arracher des mains du Prd doivent se réveiller parce que j’ai comme l’impression qu’ils dorment.

Un mot sur la guerre des positionnements qui doit être déjà très âpre actuellement !

Les questions de positionnement sont des questions d’intérêt. Dans tout parti, les guerres entre les leaders, dans les zones de prédilection du parti témoignent de la vitalité de ce dernier. Au niveau du Prd par exemple, la guerre des positionnements sera moins rude dans des localités comme Malanville, Natitingou..., non pas parce que le parti n’est pas présent dans ces régions, mais simplement parce que l’influence du parti est moindre. Par contre, dans les régions de Porto Novo et environs, la guerre sera rude parce ceux qui auront la chance de se voir positionner par tent avec une certitude. Ceci voudra dire que dans tous les fiefs naturels de tous les partis, il doit avoir une certaine effervescence, un conflit permanent entre plusieurs candidats qui se réclament du parti et qui recherchent leur marque.

Le onze national vient de se qualifier pour Accra 2008. Que dites-vous de l’implication personnelle qui a été celle du gouvernement et du chef de l’Etat pour cette victoire ?

Je vous avoue que j’ai été franchement séduit par tout ce que le chef de l’Etat fait, pas pour le football seul, mais aussi pour le secteur culturel et son implication très positive dans cette qualification pour la Can. Parce que le développement d’un pays se mesure par rapport à ses talents cachés sur le plan culturel et sportif. Vous allez constater que les grandes nations comme la Chine, les Etats-Unis, l’Allemagne, la France... à toutes les compétitions sportives, à toutes les rencontres culturelles marquent toujours leurs passages. Ceci témoigne de la richesse de leur développement économique. Aujourd’hui, quoiqu’il advienne, le football, le sport roi est un vecteur important de diplomatie et joue plus ce rôle que la diplomatie et les vrais ambassadeurs sont les acteurs sportifs, c’est-à-dire les joueurs, l’encadrement technique et les dirigeants. Et le pouvoir, comme c’est le cas actuellement au Bénin, et je vous le jure, aujourd’hui, le monde entier sait qu’il y a un pays qui est le Bénin et qui a pour président Boni Yayi. Il faut tirer un coup de chapeau à ce que le chef de l’Etat fait pour notre sport. Ne pas le faire, c’est en vouloir à sa propre personne, ce qui n’est pas mon cas. La seule chose que je déplore, c’est la communication à outrance qui tend parfois à saboter les actions d’éclat du chef de l’Etat. Ce n’est pas trop bien parce que notre peuple est majoritairement analphabète.

Quel serait votre dernier mot ?

J’avais omis de le dire plus haut, donc j’en profite, je voudrais dire à ceux qui pensent que le Prd ne réagit pas comme il le faut, qu’ils ont tort. C’est juste que nous ne le faisons pas assez, donc c’est différent. Nous nous préparons suffisamment car le contexte actuel nous y oblige.

Judicaël AYADOKOUN

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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