(Le Patriote 16/10/2007)
Va-t-on assister à une seconde dévaluation ? La question, beaucoup d’experts se la posent à cause de l’appréciation de l’Euro par rapport au dollar. L’hebdomadaire international Jeune Afrique, dans son édition du 14 au 20 octobre 2007, lèvre un coin de voile sur cette préoccupation. Selon ce magazine, même si le gouverneur de la banque de France et les chefs d’Etat des pays de la zone Franc tendent à démentir cette « rumeur », la menace existe. Et l’on pense déjà au choc de la première dévaluation intervenue le 10 janvier 1994. «Si par malheur, une autre dévaluation devait intervenir, je ferai tout pour que les pays d’Afrique centrale et d’Afrique de l’ouest abandonnent le franc CFA et créent leur propre monnaie», a prévenu dans Jeune Afrique, le président gabonais Omar Bongo. Mais aujourd’hui, avec la dépréciation du dollar par rapport à l’Euro, n’est pas une vue de l’esprit. En 2006, alors que l’Afrique subsaharienne a enregistré un taux de croissance de 5,5%, celui des pays partageant le franc CFA n’a pas excédé 3,1%, après 3,9% l’année précédente. L’on dénonce alors, les effets de l’Euro font face au dollar. Et quand, on sait que la valeur du CFA est indexée à la monnaie européenne, l’économie africaine est en difficulté. Pour des experts, la baisse du dollar est un désavantage pour les pays de la zone CFA. L’on se demande alors s’il faut dévaluer le franc CFA. Selon JA, une dévaluation provoquerait une très grande hausse des importations et une poussée inflationniste. Avec en prime une baisse du pouvoir d’achat. Et à ce niveau, les consommateurs en pâtiraient puisque la hausse des prix ne sera pas accompagnée d’augmentations salariales. Ce qui pourrait, face à l’inflation, amener les banques centrales à augmenter les taux d’intérêt afin de réduire la masse monétaire en circulation. La dévaluation pourrait entraîner un ralentissement de l’activité et réduire les investissements. En outre, cette dévaluation permettrait aux filières locales de production de se repositionner face à l’envahissement des produits asiatiques à bas prix. Et d’être compétitives. Mais au cas où la situation resterait en l’état, c’est-à-dire sans dévaluation, les économies ouest africaines, selon JA seront pénalisées. Car dépendant en grande partie des exportations agro-industrielles. Mais pour le moment, tout n’est que spéculation et la réunion des ministres des Finances de la zone franc, qui doit se tenir en principe aujourd’hui à Paris, permettra de savoir si la dévaluation est à l’ordre du jour ou ne l’est pas.
Jean Eric ADINGRA
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