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Où va le franc Cfa ? 

(Nettali.com 16/10/2007)


La dépréciation du dollar par rapport à l’euro, qui pénalise les exportations de certains pays africains, sera cerainement à l’ordre du jour de la réunion des ministres des pays de la zone franc, le 16 octobre à Paris. Faut-il revenir sur la parité fixe entre le Cfa et la monnaie européenne ? Ou est-ce la zone franc elle-même qu’il faut remettre en cause ?
Faut-il dévaluer ? Dans le huis clos des conseils d’administration et le secret des réunions interministérielles, le débat, feutré, revient de plus en plus souvent. Avec l’appréciation de l’Euro par rapport au dollar, la question se fait chaque jour un peu plus pressante. Quoique toujours très discrète. Les autorités monétaires d’Afrique de l’ouest et d’Afrique centrale ne l’évoquent, qu’à demi mot, de peur de créer des réactions de panique. De son côté, le gouverneur de la Banque de France ne semble même pas l’envisager, estimant "qu’aucun argument macroéconomique ne peut justifier une modification de la politique des changes". Quant aux chefs d’Etat des pays concernés, ils assurent le service minimum, se bornant à démentir les rumeurs.

Il est vrai que le choc du 10 janvier 1994 a laissé des traces. Et près de 14 ans plus tard, de Dakar à Brazzaville, personne ne veut assumer le risque politique et les conséquences sociale d’une telle mesure. "Si par malheur une autre dévaluation devrait intervenir, je ferais tout pour que les pays d’Afrique et de l’Afrique de l’ouest abandonnent le franc Cfa et créent leur propre monnaie", a même averti le Président gabonais, Omar Bongo Ondimba.

En fait, la décision de dévaluer ne fera jamais l’unanimité. Si les compagnies cotonières de l’Afrique de l’ouest attendent avec impatience un rééquilibrage" monétaire en leur faveur, les pays pétrliers d’Afrique centrale eux, n’ont vraiment pas intérêt à abandonner la parité fixe avec l’euro. Ce qui pose en filigrane, une question autrement plus profonde que celle de la parité : le franc Cfa est-il encore utile aux pays qui l’utilisent ? Et ces derniers ont-ils encore sufisamment d’intérêts économiques communs à défendre pour justifier son maintien ?

Vecteur d’intégration pour les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) comme pour ceux de la communauté économique et monétaire d la l’Afrique centrale (Cemac), la monnaie e vigueur en sein de la Communauté fnancière d’Afrique (Cfa), ne répond plus à sa mission première qui, à l’aube des indépendances, faisait de la stablité monétaire un outil de développement. Ses règles de fonctionnement, établies avant 1960, sont aujourd’hui devenues un lourd handicap pour certains et l’attentisme de la banque centrale et le mutisme des chefs d’Etat sont révélateurs de la gêne que suscite ce débat. Mais celui-ci doit être posé. Faut-il ranger défintivement le franc Cfa ? Faut-il faire table rase du passé et se lancer dans une nouvelle aventure, au risque de déstabiliser encore un peu plus des pays déjà très fragiles ? Bref, faut-il brûler le Cfa ? Seule certitude : au-delà du problème que pose la parité, c’est son existence même, dans la forme actuelle qui doit impérativement être remise en cause.

Jeune Afrique
mardi 16 octobre 2007, par Nettali /



 

 

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Tag(s) : #Politique Africaine
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