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Reformes démocratiques en Afrique occidentale : LE CRÉA PROPOSE QUATRE SOLUTIONS

mercredi 31 octobre 2007 

Suite à son troisième séminaire annuel dont les travaux se sont déroulés les 27 et 28 octobre 2007, dans la ville italienne de Reggio Emilia, 475 Km au nord de Rome, le CREA (Centre de recherche et de formation sur l’Etat en Afrique), propose quatre solutions pour des reformes démocratiques viables sur le continent noir. L’éducation, la décentralisation, le secteur privé et l’espace politique, sont les quatre piliers jugés fondamentaux pour une nouvelle relance démocratique en Afrique.

Au sortir de deux jours d’un brainstorming ayant réuni des professeurs d’universités de Côte d’Ivoire et leurs pairs italiens, français et américains, c’est le Professeur André Salifou, ancien Ministre des affaires étrangères du Niger et président de la conférence nationale du Niger, qui a eu l’honneur de présenter la conclusion des travaux de ce séminaire scientifique international. En présence de deux membres du gouvernement ivoiriens, les ministres Léon Monnet et Hubert Oulaye, et l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire en Italie, SEM Zady Gbaka Richard.

Concernant l’éducation, dont l’état actuel fait penser à un « paradis des paradoxes », au dire du Prof. Salifou, le CREA propose de faire un bilan des cent dernières années du système éducatif en Afrique occidentale. Avant de réfléchir sur ses objectifs, son contenu et les ressources nécessaires qu’il lui faut.

Parlant de la décentralisation, le Prof. Salifou a regretté la concentration de tous les services et des meilleurs spécialistes dans les capitales africaines. Le séminaire de Reggio Emilia propose en outre que des moyens conséquents soient alloués aux gouvernements décentralisés et que le prix qu’il faut soit payé pour encourager la mobilité des spécialistes sur l’étendu des territoires nationaux.

L’importance de la cohabitation entre les pouvoirs modernes et les chefferies traditionnelles a été également soulignée par le rapporteur du séminaire. Qui pense qu’ « il faut trouver un espace d’expression des souhaits des chefs traditionnels ». Tout comme le cumul des fonctions qui constitue l’un des problèmes de la décentralisation doit être étudié avec attention.

Le troisième pilier concerne les entreprises privées, dominées par le secteur informel, devenu la bouée de sauvetage dans la plupart des pays africains. « Il faut trouver des moyens à encadrer le secteur informel en lui donnant des cadres valables », a souligné le prof. André Salifou. Avant de regretter que « le secteur informel ou formel ne prend que l’argent de l’Etat. Or il doit être financé par des fonds privés ». Il préconise par ailleurs de « savoir cibler les produits qui sont les mieux demandés et trouver des débouchés ».

C’est avec l’espace politique, dernier point de propositions du séminaire et caractérisé par plusieurs ambiguïtés que le rapporteur a conclu son propos, insistant sur une prise de conscience des leaders politiques qui doit aboutir au respect des institutions et l’exercice d’une opposition politique responsable et constructive.

Ce séminaire scientifique du CREA a, comme ceux de Milan (2005) et d’Abidjan (2006), réussi à mobiliser un riche parterre d’intellectuels et d’universitaires africains et africanistes ; juristes, politologues, historiens, économistes, et anthropologues, tous au fait des problématiques essentielles de l’Etat en Afrique.

Les Professeurs Sery Bailly, Ouraga Obou, Hubert Oulaye, Basile Aka Koby, Henri Legré, et Christophe Wondji sont arrivés d’Abidjan pour diagnostiquer avec leurs collègues du nord, les problèmes clés des reformes démocratiques en Afrique occidentale.

Le CREA est une organisation de droit ivoirien qui bénéficie des fonds initiaux du gouvernement ivoirien. Il émane d’une idée originale de 5 membres fondateurs : Les ambassadeurs Voho Sahi, Conseiller spécial du président Gbagbo à la culture et à la francophonie, Paolo Sannella, Président du centre et ancien Ambassadeur d’Italie en Côte d’Ivoire (2001-2004), Lansana Kouyaté, premier ministre de la République de Guinée, ancien Secrétaire exécutif de la Cedeao et ancien représentant du secrétaire général de la Francophonie pour la Côte d’Ivoire, Raph Chukwu Uwechu, Conseiller spécial du Président de la CEDEAO pour la crise ivoirienne et M. André Salifou, historien, ancien Ministre et ancien représentant spécial du Président de l’UA en Côte d’Ivoire.

Célestin Gnonzion Correspondant permanent FRATMAT à Rome

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Tag(s) : #Politique Africaine
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