01 novembre 2007
Les propos du président ougandais en visite à Washington
Washington - L'Afrique se trouve aujourd'hui « à un tournant de son histoire », a déclaré le président ougandais, Yoweri Museveni, qui était en visite à Washington.
Le 31 octobre, s'adressant à un auditoire composé d'hommes d'affaires, d'investisseurs, de diplomates et d'africanistes, M. Museveni a déclaré : « L'Afrique est en train de s'affranchir des anciens modes de pensée afin de s'intégrer avantageusement dans l'économie mondiale et de se libérer de la charité des étrangers (...)
« De plus en plus de gens parlent de la naissance d'une nouvelle Afrique et du fait que la plupart des gouvernements africains sont désormais le produit d'élections démocratiques. Ils parlent de la façon dont le continent, dans son ensemble, connaît les taux de croissance les plus élevés depuis trente ans. Ils parlent des rendements remarquables que l'on peut tirer des investissements en Afrique. »
M. Museveni avait été invité à prononcer ce discours, intitulé « Building the Financial Infrastructure to Transform Africa » (Construire l'infrastructure financière nécessaire pour transformer l'Afrique) par la Chambre de commerce des États-Unis et le Whitaker Group, une société de conseil de Washington qui œuvre à la promotion du commerce en Afrique. Le 30 octobre, M. Museveni s'était entretenu avec le président Bush à la Maison-Blanche et avec des parlementaires influents au Capitole.
Il a affirmé que la communauté internationale n'attribuait pas la croissance économique supérieure de l'Afrique uniquement au prix plus élevé des denrées de base ou à d'autres phénomènes cycliques. « D'autres forces, moins réversibles, sont en jeu », a-t-il affirmé, notamment l'amélioration de la politique économique mise en œuvre par les gouvernements et une meilleure gouvernance dans l'ensemble du continent.
« La stabilité régionale s'accroît au fur et à mesure que les conflits se règlent, et aussi grâce à des initiatives audacieuses telles que la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne. » Cette loi, connue sous le nom d'AGOA, permet à une multitude de produits des pays africains remplissant les conditions requises de pénétrer sur le marché des États-Unis en franchise de droits de douane.
Grâce à des initiatives comme l'AGOA, a affirmé M. Museveni, un nouveau marché est en train de s'ouvrir aux États-Unis pour les produits africains. Il a réaffirmé le ferme soutien de l'Afrique à l'AGOA, disant que le commerce, et non l'aide, était la solution à long terme aux problèmes du continent.
« L'expansion du commerce et l'accès aux marchés sont essentiels », a affirmé M. Museveni, ajoutant toutefois qu'ils ne constituaient pas l'ensemble de la solution. Il faut également faire plus pour permettre aux peuples de l'Afrique et à leurs entreprises de créer de la richesse et de la croissance, et pour rendre l'Afrique plus attirante pour les investisseurs.
Les gens qui veulent investir aux États-Unis ont une multitude de choix, a-t-il dit, mais en Afrique, c'est le contraire : les options sont limitées et ne sont disponibles que dans une poignée de pays.
« Seul un pays africain sur trois a un marché des valeurs mobilières bien organisé, mais nous sommes en train de changer. Nous sommes en train d'évoluer, et l'Ouganda fait partie des pays qui ouvrent la voie. »
L'Ouganda a en effet entamé des réformes financières en 2003 afin de se mettre aux normes bancaires et financières internationales.
Un autre élément clé de ce processus, a-t-il dit, est la transparence, qui contribue à renforcer la confiance des investisseurs. « En clair, nous sommes maintenant prêts (...) à ce que le public investisse dans un large éventail de titres qui sont désormais disponibles sur le marché. »
De plus, l'Ouganda et ses voisins sont en train de s'atteler à la création d'une union politique à monnaie unique en Afrique de l'Est afin de simplifier le commerce et les investissements dans l'ensemble de la région. L'Ouganda est également en train de prendre des mesures pour faciliter l'accès des Ougandais aux capitaux, ce qui leur permettra de faire partie du réseau financier en pleine expansion du pays.
M. Museveni a conclu son discours sur une note optimiste, en disant que même s'il restait beaucoup de travail à faire, - un adulte sur cinq, seulement, possède un compte bancaire en Afrique subsaharienne - un jour nouveau se levait en Afrique.
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