Corruption au Bénin : Résultats des enquêtes de la Banque mondiale et de la BAD
(BeninInfo.com 13/11/2007)
La corruption est ce fléau qui freine le développement du Bénin. Les autorités gouvernementales en sont conscientes. Et c’est à raison que dans son combat contre les corrupteurs et les corrompus, le Chef de l’Etat a marché, entraînant du coup derrière lui, bon nombre de citoyens plus ou moins convaincus du caractère impérieux de cette lutte. Mais quels impacts le fléau de la corruption a-t-il sur la vie socio-économique du pays? Les réponses dans les enquêtes effectuées à cet effet en 2005et 2006.
Par Edgard COUAO –ZOTTI
C’est avec l’appui de la Banque mondiale et de la Banque africaine de Développement que le Bénin a réalisé son enquête nationale sur la corruption et la gouvernance. 2071 personnes ont été interviewées dans 1200 ménages en 2005 contre 1024 fonctionnaires et 356 entreprises en 2006. Toujours en 2006, une autre enquête a été réalisée. Elle a porté sur un échantillon réduit de 853 personnes dans 500 ménages de Cotonou et sa banlieue. L’enquête avait pour objectif d’étudier les expériences des citoyens, des entrepreneurs et des fonctionnaires par rapport à la gouvernance, l’efficacité des services publics, les vulnérabilités institutionnelles relatives à la gouvernance, la transparence, la qualité des régulations et la corruption. Elle vise également à faire les estimations des coûts des pratiques de corruption tant pour les ménages que pour le secteur privé. Cette enquête aura permis d’actualiser la stratégie nationale de lutte contre la corruption et d’aider le gouvernement à identifier les réformes prioritaires.
Les révélations des enquêtes
Les enquêtes révèlent que 52% des personnes interrogées ont un revenu mensuel hélas inférieur au salaire minimum garanti (SMIG) qui est de 27.500FCFA. Un salaire insignifiant qui ne permet pas de vivre décemment. Pis, de ce salaire ils sont parfois obligés de graisser la patte à des fonctionnaires de l’Etat pour des services auxquels ils ont pourtant droit. Partant, les personnes interrogées déclarent que la corruption existe bel et bien au Bénin, d’autant que deux salariés sur 10 déclarent verser au moins 1% de leur revenu annuel aux fonctionnaires sous forme de paiements non officiels.
Sur les personnes enquêtées 83% citent comme problème « sérieux » le coût élevé de la vie, 76% le chômage, 69% l’inflation, 58% la corruption dans le secteur public. Quant aux citoyens dont le niveau d’éducation est plus élevé, ils citent la corruption au troisième rang de leurs priorités. es chefs d’entreprises, eux, placent la corruption au quatrième rang de leurs préoccupations dominées à hauteur de 64% par les impôts et la réglementation, contre 55% pour la difficulté d’accès aux crédits. Pour 38% des chefs d’entreprise, la corruption est un problème très sérieux. C’est également un problème très sérieux dans le secteur public pour 42% des fonctionnaires. Toutefois, chez ces fonctionnaires, la corruption n’arrive qu’au onzième rang de leurs préoccupations pendant que 79% des fonctionnaires sont préoccupés par le coût de la vie ; 73% d’entre eux pensent que la revalorisation des salaires devrait être la première des réformes prioritaires
Dans les ménages, 57% des personnes enquêtées sont prêtes à s’engager dans une lutte âpre contre la corruption et, 35%, à y consacrer jusqu’à la moitié de leur revenu mensuel. Un tel engagement, souligne le rapport, montre jusqu’à quel point la corruption, et l’expérience des citoyens de l’inefficacité de l’Etat ont un effet fortement négatif sur l’opinion publique.
Ce que les citoyens pensent des services publics
De l’enquête de la Banque mondiale et de la Banque africaine de Développement, il ressort que dans les ménages on a une opinion défavorable sur le fonctionnement des services publics essentiels. Des 28 services publics listés, ce sont les services douaniers qui ont recueilli le plus d’opinions défavorables, soit 55% des personnes enquêtées. Viennent ensuite la justice (45%) la police routière (39%), les impôts et taxes, la police judiciaire (28%), le service d’électricité(28% ), le service de fourniture d’eau potable(28%), les travaux publics (21%), les services de l’éducation (20%) et les services de la santé (19%).
Quant aux chefs d’entreprises interrogés, ils montrent du doigt et dans l’ordre, les services tels que l’électricité, les impôts et taxes (59%), la police routière (56%) et la passation des marchés. L’électricité est passée au premier rang des services où sévit la corruption à cause de la crise énergétique que traverse le Bénin depuis quelque temps. Sur les personnes enquêtées dans les ménages, environ 2% ont déclaré avoir eu des griefs contre les services douaniers et les services d’électricité ; 49% à 57% se sont plaints de ces services mais seulement 6% ont abouti du côté de la douane et aucune plainte n’a eu de suite avec le service d’électricité.
Du côté de la douane et aucune du côté des services d’électricité C’est dans le milieu urbain que les griefs contre ces services sont plus importants. Dans l’enquête de 2006, environ 69% ont une opinion défavorable de ces services. La corruption et la mal gouvernance sont des fléaux qui découragent les usagers Ainsi, au niveau des services de la santé, 11% disent être découragés Au niveau du service des douanes ce sont 10% contre 9 % au service des impôts et taxes. En milieu urbain, ces proportions sont plus importantes au niveau des impôts et de la douane Ce sont respectivement 14% et 13%. Le taux au niveau des services de la santé est de 6%. Au regard de ces chiffres il se pose un problème de la qualité et de l’accessibilité des services. Ces blocages constituent donc un frein à l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement.
(BeninInfo.com 13/11/2007)
La corruption est ce fléau qui freine le développement du Bénin. Les autorités gouvernementales en sont conscientes. Et c’est à raison que dans son combat contre les corrupteurs et les corrompus, le Chef de l’Etat a marché, entraînant du coup derrière lui, bon nombre de citoyens plus ou moins convaincus du caractère impérieux de cette lutte. Mais quels impacts le fléau de la corruption a-t-il sur la vie socio-économique du pays? Les réponses dans les enquêtes effectuées à cet effet en 2005et 2006.
Par Edgard COUAO –ZOTTI
C’est avec l’appui de la Banque mondiale et de la Banque africaine de Développement que le Bénin a réalisé son enquête nationale sur la corruption et la gouvernance. 2071 personnes ont été interviewées dans 1200 ménages en 2005 contre 1024 fonctionnaires et 356 entreprises en 2006. Toujours en 2006, une autre enquête a été réalisée. Elle a porté sur un échantillon réduit de 853 personnes dans 500 ménages de Cotonou et sa banlieue. L’enquête avait pour objectif d’étudier les expériences des citoyens, des entrepreneurs et des fonctionnaires par rapport à la gouvernance, l’efficacité des services publics, les vulnérabilités institutionnelles relatives à la gouvernance, la transparence, la qualité des régulations et la corruption. Elle vise également à faire les estimations des coûts des pratiques de corruption tant pour les ménages que pour le secteur privé. Cette enquête aura permis d’actualiser la stratégie nationale de lutte contre la corruption et d’aider le gouvernement à identifier les réformes prioritaires.
Les révélations des enquêtes
Les enquêtes révèlent que 52% des personnes interrogées ont un revenu mensuel hélas inférieur au salaire minimum garanti (SMIG) qui est de 27.500FCFA. Un salaire insignifiant qui ne permet pas de vivre décemment. Pis, de ce salaire ils sont parfois obligés de graisser la patte à des fonctionnaires de l’Etat pour des services auxquels ils ont pourtant droit. Partant, les personnes interrogées déclarent que la corruption existe bel et bien au Bénin, d’autant que deux salariés sur 10 déclarent verser au moins 1% de leur revenu annuel aux fonctionnaires sous forme de paiements non officiels.
Sur les personnes enquêtées 83% citent comme problème « sérieux » le coût élevé de la vie, 76% le chômage, 69% l’inflation, 58% la corruption dans le secteur public. Quant aux citoyens dont le niveau d’éducation est plus élevé, ils citent la corruption au troisième rang de leurs priorités. es chefs d’entreprises, eux, placent la corruption au quatrième rang de leurs préoccupations dominées à hauteur de 64% par les impôts et la réglementation, contre 55% pour la difficulté d’accès aux crédits. Pour 38% des chefs d’entreprise, la corruption est un problème très sérieux. C’est également un problème très sérieux dans le secteur public pour 42% des fonctionnaires. Toutefois, chez ces fonctionnaires, la corruption n’arrive qu’au onzième rang de leurs préoccupations pendant que 79% des fonctionnaires sont préoccupés par le coût de la vie ; 73% d’entre eux pensent que la revalorisation des salaires devrait être la première des réformes prioritaires
Dans les ménages, 57% des personnes enquêtées sont prêtes à s’engager dans une lutte âpre contre la corruption et, 35%, à y consacrer jusqu’à la moitié de leur revenu mensuel. Un tel engagement, souligne le rapport, montre jusqu’à quel point la corruption, et l’expérience des citoyens de l’inefficacité de l’Etat ont un effet fortement négatif sur l’opinion publique.
Ce que les citoyens pensent des services publics
De l’enquête de la Banque mondiale et de la Banque africaine de Développement, il ressort que dans les ménages on a une opinion défavorable sur le fonctionnement des services publics essentiels. Des 28 services publics listés, ce sont les services douaniers qui ont recueilli le plus d’opinions défavorables, soit 55% des personnes enquêtées. Viennent ensuite la justice (45%) la police routière (39%), les impôts et taxes, la police judiciaire (28%), le service d’électricité(28% ), le service de fourniture d’eau potable(28%), les travaux publics (21%), les services de l’éducation (20%) et les services de la santé (19%).
Quant aux chefs d’entreprises interrogés, ils montrent du doigt et dans l’ordre, les services tels que l’électricité, les impôts et taxes (59%), la police routière (56%) et la passation des marchés. L’électricité est passée au premier rang des services où sévit la corruption à cause de la crise énergétique que traverse le Bénin depuis quelque temps. Sur les personnes enquêtées dans les ménages, environ 2% ont déclaré avoir eu des griefs contre les services douaniers et les services d’électricité ; 49% à 57% se sont plaints de ces services mais seulement 6% ont abouti du côté de la douane et aucune plainte n’a eu de suite avec le service d’électricité.
Du côté de la douane et aucune du côté des services d’électricité C’est dans le milieu urbain que les griefs contre ces services sont plus importants. Dans l’enquête de 2006, environ 69% ont une opinion défavorable de ces services. La corruption et la mal gouvernance sont des fléaux qui découragent les usagers Ainsi, au niveau des services de la santé, 11% disent être découragés Au niveau du service des douanes ce sont 10% contre 9 % au service des impôts et taxes. En milieu urbain, ces proportions sont plus importantes au niveau des impôts et de la douane Ce sont respectivement 14% et 13%. Le taux au niveau des services de la santé est de 6%. Au regard de ces chiffres il se pose un problème de la qualité et de l’accessibilité des services. Ces blocages constituent donc un frein à l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement.
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