Assemblée Nationale:Fcbe en lambeaux 14 janvier 2008 - LE MATINAL
La majorité parlementaire commence par avoir des difficultés. Après le groupe des 13 députés qui semble sur le point de claquer la porte, d’autres grands parlementaires de la mouvance présidentielle mécanique seraient aussi dans la logique de mettre un terme à leur soutien à l’action gouvernementale.
Ce n’est plus la parfaite harmonie au sein de la mouvance présidentielle parlementaire à l’Assemblée nationale. Et la nuit de miel qui a porté le président Mathurin Nago au perchoir n’aura finalement duré qu’environ un an et demi. C’est d’abord le groupe des 13 députés qui a renforcé la majorité à un moment donné et a porté le nombre des députés soutenant l’action du chef de l’Etat à 53 parlementaires qui s’est, le premier, écarté de la logique qui a sous-tendu le démarrage de la gestion des grands dossiers de la cinquième législature. On dit dans les couloirs du Palais des gouverneurs à Porto-Novo que c’est une série de frustrations qui a eu raison de ces députés. Mais un an et demi après, les choses ont plutôt commencé par évoluer autrement. C’est depuis les tractations pour la répartition et les nominations dans les groupes parlementaires que les parties n’ont pas réussi à accorder leurs violons. Un peu plus tôt déjà, la crise était à son comble lors de la désignation des députés dans les groupes d’amitié. C’est le choix porté sur le député Célestine Adjanohoun pour coordonner les activités au niveau d’un de ces groupes qui avait failli emporter la mouvance à l’époque. Mais les ténors ont su vite calmer les esprits déjà surchauffés. Et l’étape de la constitution des groupes parlementaires sera simplement plus difficile que la gestion des groupes d’amitié. Les appétits étaient tels que tout le monde voulait être à la tête des groupes parlementaires de la mouvance. Si tout s’était bien passé plus tard et que la touche personnelle du chef de l’Etat a permis de gérer tant bien que mal le dossier, certains députés recalés n’ont pas encore fini, jusque là, de digérer leur mécontentement. Et puis, il est presque impossible désormais de désigner les députés devant siéger à la Haute Cour de Justice et dans les parlements régionaux après plus de huit mois de retard. Mieux, les éléments du groupe des quatre députés de la liste Force Clé qui ont rejoint la famille mouvancière au dernier moment, semblent être plus que jamais déçus et pourraient sortir de leurs gonds les jours à venir. Certaines sources parlementaires expliquent que c’est le fait que le chef de fil de ce groupe, l’ancien ministre Lazare Sèhouéto ait été écarté de la présidence du groupe qu’ils ont aidé à créer qui serait la cause fondamentale du mécontentement.
Outre ces quelques raisons évoquées jusque là et qui divisent les députés de la liste Force Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe), il y a la gestion qui se fait au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo du dossier de malversation et de mauvais maniement de fonds à la Société Béninoise pour l’Energie Electrique (Sbee) dans lequel les députés Célestine Adjanohoun et Luc da Matha Sant’Anna sont trempés. Les intéressés s’estiment avoir été lâchés par les membres du bureau de l’Assemblée nationale et certains de leurs collègues et constatent qu’ils font depuis là l’objet d’une mauvaise propagande dans le pays. Une situation qui met à mal leur relation et la quiétude de leurs différentes familles. Dans leur mésaventure, ils ont néanmoins réussi à convaincre et rallier quelques uns de leurs autres collègues Fcbe à leur cause. La coalition qui se crée ainsi autour d’eux serait même en train de mijoter un coup qui pourrait faire mal. Et selon les mêmes sources parlementaires, c’est le refus de délivrer un visa à Mme Célestine Adjanohoun pour prendre part à une rencontre des parlementaires aux Etats-Unis d’Amérique qui aura été la dernière goutte d’eau à faire déborder le visa. Mme Célestine Adjanohoun et ses partisans qui dénoncent la mauvaise gestion de ce dossier au parlement, paraissent très fâchés après les explications données par le président Mathurin Nago sur le sujet.
Les parties sont surtout divisées sur le projet d’organisation de toute la mouvance présidentielle autour d’une liste unique pour la gestion des prochaines élections municipales, communales et de la désignation des chefs de quartiers et de villages, apprend t-on des mêmes sources. Compte tenu surtout des questions de positionnement, certains députés préfèrent ne pas donner leur accord pour cette formule. Pour continuer à avoir le contrôle de leurs différents fiefs, ces députés hostiles à la liste unique, développent toutes les formes d’arguments pour arracher leur autonomie dans le choix des candidats pour les échéances municipales en vue. Et les multiples rencontres secrètes à Porto-Novo, à Cotonou et à Parakou n’ont pas permis de leur faire changer d’avis. On dirait même qu’au fur et à mesure que les jours avancent, les positions se durcissent et certains députés ne trouvent plus d’intérêt à prendre part à des assises sur la question. En nombre suffisant, les contestataires de la liste unique, pourraient simplement se retirer de Fcbe, faire cavalier seul pendant ces élections ou nouer d’autres alliances avant le scrutin.
Dans cette confusion au sein de la mouvance présidentielle parlementaire et l’émiettement des tendances qui s’en suivra, on apprend des mêmes sources que des députés de l’opposition ont commencé par être approchés. C’est surtout le cas des grandes villes du pays qui les préoccupent. Les négociations seraient très avancées pour le cas de Cotonou où le groupe Candide Azannaï serait déjà approché. Les parties ne négligent pas d’initier, en cas de nécessité, une paix entre l’ancien député Azannaï démissionnaire de la Renaissance du Bénin et la famille Soglo pour la cause. On apprend également qu’une autre organisation anti-cauris serait aussi en train d’être organisée pour les villes comme Parakou, Natitingou, Djougou et Malanville pour les mêmes intérêts.
Jean-Christophe Houngbo
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