![]() Des rebelles tchadiens du CNT (Concorde nationale tchadienne) à Abougoudam, le 11 décembre 2007 © AFP/Archives Sonia Rolley |
"Les forces du président ont tenté de repousser les rebelles vers l'est de la ville et de reprendre un peu de terrain dans le centre ville", a expliqué une source militaire à N'Djamena.
On ignorait toutefois si cette contre-offensive avait été couronnée de succès et il était difficile de déterminer quel camp contrôlait quelle partie du centre de la capitale.
En fin d'après-midi, un calme relatif régnait à N'Djamena, où les tirs n'étaient plus que très sporadiques, mais la situation restait confuse autour de la présidence.
Selon des sources militaires, les contrôlaient les quartiers périphériques de la capitale tchadienne et une bonne partie du centre-ville. Ils envisageaient d'attaquer samedi soir le palais présidentiel, selon un des dirigeants des rebelles, Abakar Tollimi.
Selon des témoins, dans certains quartiers, la population a salué l'arrivée des rebelles circulant dans des pick-up camouflés, vêtus de treillis vert olive et portant des brassards blancs.
![]() Idriss Deby, le 4 novembre 2007 à N'Djamena © AFP/Archives Issouf Sanogo |
Le pouvoir n'a jusqu'à présent communiqué que via son ministre des Affaires étrangères, Amad Allam-Mi, soucieux de minimiser l'avancée des rebelles, qui s'exprime en marge du sommet de l'Union africaine, à Addis-Abeba.
"J'ai parlé avec la présidence", a-t-il déclaré. "Ils m'ont assuré que la situation était bien sous contrôle. Il y a dans la ville des accrochages mais pas de combats de grande échelle".
"Les rebelles s'enfuient, il y a beaucoup de désinformation", a même assuré une source diplomatique tchadienne.
Selon une source militaire française, environ 2.000 rebelles équipés de mitrailleuses, lance-roquettes et kalachnikovs ont pénétré dans la capitale.
Depuis lundi, une colonne rebelle composée de quelque 300 pick-up pouvant transporter une dizaine d'hommes a traversé le Tchad sur 800 km à partir du Soudan. Leur progression n'a pas rencontré de résistance jusqu'à vendredi vers Massaguet, à 50 km au nord-est de la capitale, où l'armée nationale tchadienne était allée vainement tenter de la bloquer avec à sa tête le président Deby.
Le chef d'état-major de l'armée tchadienne Daoud Soumaïn aurait été tué vendredi à Massaguet, selon une source militaire tchadienne.
![]() Hervé Morin à bord d'un hélicoptère le 31 décembre 2007 dans le sud duTchad © AFP/Archives Fred Dufour |
Le ministère français des Affaires étrangères, qui "condamne fermement la tentative de prise du pouvoir par la force", a appelé les 1.500 résidents français dans le pays à "s'abriter dans leurs habitations".
L'armée française a commencé samedi après-midi à préparer l'évacuation de ressortissants français et étrangers. Quelques dizaines de personnes "prioritaires" (femmes et enfants, personnes âgées ou malades) sont montées à bord de véhicules blindés français et ont été conduites vers un des trois centres de regroupement de N'Djamena.
Selon l'état-major des armées, 150 soldats français sont arrivés samedi matin de Libreville, portant à 1.450 le nombre des soldats français au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier, présent depuis 1986 dans le pays.
De son côté, l'ONU a commencé l'évacuation de son personnel de N'Djamena.
Washington a autorisé certains personnels de l'ambassade et leurs familles à quitter le pays.
Le président Nicolas Sarkozy s'est "entretenu longuement avec le président Deby", selon l'Elysée.
L'attaque sur N'Djamena intervient alors que doit être lancée la force européenne dans l'est du Tchad et en Centrafrique (Eufor), censée protéger 450.000 réfugiés du Darfour soudanais et déplacés tchadiens et centrafricains.
Plusieurs experts estiment que le Soudan, parrain des rebelles tchadiens, les a incités à attaquer pour perturber ce déploiement.
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