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Jeudi 14 Février 2008
     
  Le faux débat des fiefs imprenables  
     
     
     
 

   Si après le scrutin du 13 avril prochain, l’ancien président de la république, Nicéphore Soglo venait à perdre la Municipalité de Cotonou – probabilité que tout observateur avisé du comportement de l’électorat cotonois peut écarter sans trop de crainte de se tromper- tout viendrait non pas d’une prétendue hégémonie de Boni Yayi sur la capitale économique, mais plutôt pour des raisons obscures et pour l’animosité particulière que certains politiciens ou certaines personnes vouent aux Soglo. Ce qui n’est pas sain. Toutefois, toute défaite peut être aussi le fruit d’un échec, d’une méprise, d’une insatisfaction des électeurs. Les élections sont après tout, malgré leur caractère ô combien peu ludique, des compétitions avec les risques de toute compétition. C’est donc tout a fait normal que les partis politiques de la mouvance présidentielle se jettent eux aussi dans la bataille pour conquérir les Municipalités, y compris celle de Cotonou, autrefois bastion de la RB et de Nicéphore Soglo, et de toutes les façons, une aire d’expression électorale de l’opposition sous Kérékou. Ne pas avoir de l’ambition pour les municipalités aurait été absurde pour le régime actuel. Dans la mesure où, il n’y a aucune tradition établie et consensuelle faisant de chaque commune la zone protégée d’une tendance, d’une formation politique ou d’une personnalité. Par conséquent, toute commune et toute municipalité reste un espace ouvert et prenable par tous ceux qui réussiront - dans une joute électorale respectant tous les principes qui fondent des élections libres et transparentes- à y conquérir les coeurs et la raison. Ils prendront d’assaut tout ce qui était censé être la chasse gardée ou la citadelle d’une formation politique ou même –osons le dire d’une ethnie ou du fils du terroir. C’est comprenant cet enjeu que le Maire de Cotonou s’est dépêché sur le terrain en une longue tournée de prise de contact avec ses administrés. C’est par ailleurs, à juste raison qu’il se soit inquiété des intrusions de la quasi cavalerie préélectoraliste de membres du gouvernement sur son territoire, en dehors de toute préséance et de toute courtoisie. Même si de part et d’autre les attentions qui se font pressantes vis-à-vis des populations ont pour but d’afficher un intérêt soudain et appuyé des deux protagonistes pour leurs préoccupations quotidiennes -que d’ailleurs ces autorités connaissent depuis belle lurette- la manoeuvre ne rend dupe personne. Il s’agit bien de stratégies électoralistes précoces.

   Ce qui choque peut-être, c’est la manière. Sur le fond, et malgré sa versatilité le Béninois, on ne le dira jamais assez, sait désormais tirer profit de sa force dans la signature du destin de tel ou tel régime, de tel ou tel dirigeant. Le suffrage universel lui en donne la puissance. C’est lui qui, en dernier ressort, décide par son suffrage de faire au bon moment le choix qui convient à son aspiration. Si demain donc, les Cotonois devraient avoir la surprise de voir le baobab Soglo dessouché à la Mairie de Cotonou, ç’aurait été encore une fois la manifestation profonde de cette volonté. Par conséquent tous les serpents qui sifflent actuellement pour ou contre les Soglo ne sont que l’expression de quelques volontés soit partisanes, soit de motivation ou d’ambition personnelles. Le chef de l’Etat étant utilisé chaque fois comme parapluie. Le bruit que la presse fait de ce débat est révélateur d’une certaine confusion dans les esprits. On dramatise volontairement, par souci d’inquiéter, de créer le doute, de tracasser et de déstabiliser le Maire de Cotonou. L’opportunité d’une ambition ou d’une convoitise- réelle ou supposée- de Boni Yayi pour cette municipalité n’est pas en soi un vrai débat. La preuve, tantôt, il est dit que le régime voudrait arracher la Mairie aux Soglo, tantôt il est écrit que le président de la République rechignerait à le faire. Pourtant on ne devrait, en principe pas s’étonner qu’un régime ambitionne d’asseoir ses bases dans la gouvernance locale et qu’il estime, légitimement, qu’en ayant à la tête de plusieurs municipalités des hommes du régime, il réussirait mieux à y créer la gestion qui corresponde à sa vision du développement national. Etant entendu que le développement national passe aussi par les dynamiques du développement local, leur convergence vers la vision nationale. Le débat de ne bousculer personne dans ses territoires acquis n’est qu’une question de modus vivendi politique. Il appartient à chaque régime de décider de comment il entend partager ou répartir les rôles, de gérer l’équilibre politique, de limiter le facteur risque politique, en veillant au consensuel qui, pour les Béninois, est synonyme de concorde et de paix. Mais une municipalité, ça se gagne !

 
 
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2004© continentalmag.com

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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