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PARTI COMMUNISTE DU BENIN
01 BP 2582 Recette Principale - Cotonou (RB)
Tél. : 21 35 02  par 95 / 97 68 88 73 – Site :
www.la-flamme.info
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DECLARATION
Dans un élan patriotique vigoureux, le peuple en lutte doit mettre fin à l’attaque frontale contre les libertés élémentaires

par le Président YAYI Boni
 

Le 20 mars 2008, le Brigadier des Douanes, Antonin M. SEKEDE, Premier Responsable du Comité Général de Lutte des Travailleurs de l’administration des douanes et droits indirects, a reçu une "Citation directe" délivrée par l’huissier de justice, Maître Cécile Flora KOSSOUHO à la requête du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Cotonou. La citation somme Monsieur SEKEDE « d’avoir à comparaître et se trouver le Vendredi 25 avril 2008 à huit (08) heures précises du matin, et jours suivants s’il y a lieu, à l’audience de la Première Chambre de citation directe Tribunal de Première Instance de première Classe de Cotonou statuant en matière correctionnelle au Palais de Justice de ladite ville, en la salle G.
 Pour répondre du délit d’offense au Chef de l’Etat.

Les motifs de cette plainte s’égrènent ainsi qu’il suit : « …dans un écrit du 14 janvier 2008 signé par le requis, celui-ci allègue : "La crise qui secoue l’Administration des Douanes se poursuit avec les provocations répétées du Chef de l’Etat" ; … dans le même document, il avance que "… Le Président YAYI Boni est au centre de toute la corruption d’Etat et de la mafia du pays" ;  … il poursuit en soutenant : "Les voyous montés par le pouvoir de YAYI Boni et autre SAGBO ne nous émeuvent guère" ; … en outre, il développe "il y a à leur demander ainsi qu’au Président de la République en premier : où passent les sous de l’escorte pour qu’on ne retrouve jamais leur trace dans le budget national ? Qu’en est-il des treize (13) milliards pris par YAYI Boni aux Bolloré ? " ; …et il termine en ces termes "La poursuite de ce combat va dans l’intérêt des masses et directement contre la politique du dictateur fasciste YAYI Boni et des corrompus qui s’acharnent sur le peuple et la grève légitime et patriotique des douaniers aujourd’hui" ;
Et la citation conclut que "les allégations et imputations sont inexactes et portent atteinte à l’honneur, à la dignité et à la considération du Chef de l’Etat" ; … qu’elles sont constitutives du délit d’offense au Chef de l’Etat prévu et puni par les articles 78 et 81 de la loi 97-010 du 20 août 1997 portant libéralisation de l’espace audiovisuel et dispositions pénales en République du Bénin" ; et "qu’il y a lieu de s’adresser à la justice pour voir réprimer le délit d’offense au Chef de l’Etat et obtenir la réparation du préjudice subi. "
En plus, la citation demande de "condamner le requis aux dépens et d’ordonner l’exécution du jugement à intervenir nonobstant toutes voies de recours sans caution, sur minute et avant enregistrement".
Quelques observations s’imposent :
1)                          Le mode de plainte qu’est la citation directe exige que ce soit le requis qui apporte les preuves et non le plaignant mais surtout dans un délai de cinq (5) jours lorsqu’il s’agit de la diffamation et sept (7) jours lorsqu’il s’agit d’offense au Chef de l’Etat. C’est dire que le jeudi 27 mars au plus tard, Monsieur SEKEDE (et non le Chef de l’Etat) doit apporter les preuves de ces "allégations et imputations inexactes" (selon la citation directe), faute de quoi il est d’office condamné avant l’ouverture du procès le 25 avril.
2)                          Or la démarche  ici préconisée veut l’exécution immédiate du jugement au mépris de toutes voies de recours "sans caution, sur minute et avant enregistrement". Nous serions dans le cas d’espèce devant un tribunal spécial avec des procédures exceptionnelles. Ensuite l’infraction qualifiée "offense au Chef de l’Etat" est typiquement attachée aux régimes despotiques. Elle tire sa nature particulièrement arbitraire de la volonté du despote qui, seul, juge et décide quel propos ou comportement du citoyen est offensant pour lui ou porte atteinte à son honneur ou à sa dignité. "Le Roi a dit qu’il est offensé, allez ! que le coupable de lèse-majesté soit emprisonné illico presto ! ".
3)                          On peut résumer les choses en notant que le Chef de l’Etat va d’escalade en escalade en posant des actes successifs les uns plus barbares que les autres. On se souvient que c’est lui qui, le premier, a commencé les provocations contre le peuple à travers les propos du genre : "Où étiez-vous (quand Kérékou détruisait le pays) ? ", "Tout le monde est coupable" puis "Le vent du changement qui souffle emportera tout ceux qui s’y opposeront", etc. et puis encore "le régime du PRPB est mon modèle, la Tunisie aussi". On se souvient également que trois (3) journalistes de "La diaspora de Sabbat" ont été détenus au commissariat central de Cotonou du 15 au 18 septembre 2006 pour "offense au Chef de l’Etat", pour avoir mentionné l’état de santé du fils aîné du Chef de l’Etat. Les journalistes ont dû leur libération à la mobilisation vive et prompte de leurs confrères et aux dénonciations des masses ; la grossièreté manifeste de l’accusation fait honte et YAYI Boni a dû reculer devant le tollé général. Mais il n’avait pas renoncé, il reviendra à l’attaque contre les libertés élémentaires par le recours à la répression via la police politique. Antonin SEKEDE sera convoqué par le cabinet militaire du Président sis au "Petit Palais" de triste renommée le 21 janvier 2008. Et c’est le journal "Le pays émergent" ainsi que le DG contesté James SAGBO de la DOUANE qui diront que c’était pour répondre d’avoir parlé des "13 milliards". Les dénonciations de cette nouvelle provocation contre les libertés politiques par l’ODHP, les Centrales syndicales, les Organisations démocratiques obligèrent le cabinet militaire du Président à surseoir à l’interpellation du douanier.
4)                          Voilà que YAYI Boni récidive cette fois-ci en élevant d’un cran la hauteur de la provocation. Il s’agit bel et bien d’une nouvelle provocation si l’on sait que les mises en garde contre YAYI Boni ont revêtu la forme d’un meeting de toutes les Centrales Syndicales le 22 janvier 2008 au lendemain de l’interpellation de Mr SEKEDE par le cabinet militaire du Président. Les Travailleurs disaient notamment dans leur déclaration conjointe appelant au meeting : « Le pouvoir en place, au nom du patriotisme et d’un certain pouvoir divin multiplient les actes de nature à entraver la jouissance des libertés et à remettre fondamentalement en cause la démocratie chèrement acquise… Les responsables des Confédérations et centrales syndicales estiment qu’il est de leur devoir de dénoncer et de condamner cette dérive totalitaire digne d’une époque à jamais révolue. ». Cette déclaration montre bien que le Chef de l’Etat persiste dans des provocations répétées contre les travailleurs et les masses.
5)                          En effet, pour ce qui est des faits de corruption au centre desquels se trouve YAYI Boni, il y en a tellement et YAYI Boni lui-même et son entourage le savent s’il ne s’agit pas là d’une provocation aggravante pour le Chef de l’Etat que d’en demander des preuves. En termes de scandales politico-financiers on peut affirmer que YAYI Boni en a accumulé pendant deux ans plus que tout autre dans le même délai : affaires SOAGA, GSM, SONAPRA, nominations de corrompus repris de justice dans son cabinet (TAKPARA, ZINZINDOHOUE Armand, etc.), élévation de corrompus aux postes de députés sur la liste FCBE (Célestine ADJANOHOUN, da MATHA, etc.), non budgétisation des recettes de l’Escorte douanière des véhicules d’occasion venus d’Europe. Et la question des 13 milliards qui fait si mal à YAYI Boni ainsi que la braderie du patrimoine national au Groupe Bolloré et autres en compensation de ces 13 milliards, cette question a été posée à YAYI Boni lui-même puis à son ministre des Finances d’alors KOUPAKI par la CSTB sans aucune réponse jusqu’à ce jour. Et aujourd’hui, au lieu de répondre à la question, YAYI Boni choisit de faire taire le peuple.
6)                          Il apparaît nettement que c’est à la jouissance des libertés élémentaires que YAYI Boni s’attaque. Ce qu’il veut, c’est faire du peuple béninois, une masse de gens abêtis et soumis qui l’applaudissent pendant qu’il pille et sévit comme l’ont fait MOBUTU au Zaïre et EYADEMA au Togo. Il veut s’entendre chanter par les femmes affamées et enfermées dans l’analphabétisme comme à EYADEMA : "YAYI Boni, nous t’attendons ! ".
Alors le Parti Communiste du Bénin vous appelle tous : jeunes, femmes, travailleurs, soldats, centrales syndicales, organisations démocratiques, défenseurs des droits de l’homme, patriotes à vous lever pour faire le procès de YAYI Boni en vous mobilisant de diverses manières pour non seulement dénoncer ces abus par écrit et par diverses manifestations, mais aussi en produisant les preuves de ces forfaits – car les preuves existent bel et bien et vous les connaissez - en expédiant vos témoignages sur ces forfaits aux adresses suivantes :
·                   
CSTB  -  03 BP 932 Cotonou
e-mail : cstbsn@yahoo.fr
·                   
ODHP  -  02 BP 1670 Cotonou
e-mail : dysee2000@yahoo.fr
·                   
UNSEB  -  01 BP 1012 Cotonou
e-mail : leben-unseb-benin@yahoo.fr
                        En plus le PCB vous invite à poursuivre vos dénonciations contre le dictateur et à vous présenter massivement au procès du vendredi 25 avril 2008 dès 08 heures pour dire :

Halte à la dictature !
En avant pour les libertés politiques complètes !
Cotonou, le 23 mars 2008
Le Parti Communiste du Bénin.-
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Tag(s) : #EDITORIAL
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