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  Mémorandum sur le dossier Transaction d’une portion de terrain à la résidence des ambassadeurs du Bénin à New York

28 mars 2008

Le dossier est relatif à la « vente » d’une parcelle située dans le Bronx, banlieue de la ville de New-York aux Etats-Unis. Elle se trouvait à l’arrière cour de la résidence des ambassadeurs de la République du Bénin près les Nations unies. Le 1er octobre 2004, elle avait été « vendue » à un certain Robin Shimoff à un prix de six cent cinquante mille (650.000) dollars Us soit trois cent vingt cinq millions de francs Cfa (325.000.000) au taux de 500 Frs Cfa par dollar remis par chèque à Maître Alfred Koller avocat au barreau de la ville de New-York et qui est un conseil de la mission du Bénin depuis des lustres et proche du ministre Biaou Rogatien et de l’ambassadeur Adéchi Wassi Joël.

(dossier résidence Fieldston Road)

1- Le dossier est relatif à la « vente » d’une parcelle située dans le Bronx, banlieue de la ville de New-York aux Etats-Unis. Elle se trouvait à l’arrière cour de la résidence des ambassadeurs de la République du Bénin près les Nations unies. Le 1er octobre 2004, elle avait été « vendue » à un certain Robin Shimoff à un prix de six cent cinquante mille (650.000) dollars Us soit trois cent vingt cinq millions de francs Cfa (325.000.000) au taux de 500 Frs Cfa par dollar remis par chèque à Maître Alfred Koller avocat au barreau de la ville de New-York et qui est un conseil de la mission du Bénin depuis des lustres et proche du ministre Biaou Rogatien et de l’ambassadeur Adéchi Wassi Joël. (Biaou a séjourné à New-York de 1991-1998 et Adéchi respectivement de 1996-1997 et de 1999-2005)

2- En terme de propriété, la parcelle appartenait à la République du Bénin depuis le 25 mars 1963 et ne peut alors être cédée sans une implication officielle de l’Etat béninois ou d’une autorité agissant en cette qualité ; mieux dans un pays tel que les Etats-Unis où toute velléité de cession d’un patrimoine du genre doit normalement être confrontée à des problèmes de procédure, il est inadmissible voire impossible à un seul individu de se lancer dans pareilles aventures. Il ressort de ce qui précède que si vous n’êtes pas une agence immobilière ou tout au moins un avocat assermenté, vous ne pourrez pas prétendre procéder à une vente d’immeuble d’autrui sans titre de propriété et de témoins. Malheureusement voilà ce que toute une administration au Bénin tente de soutenir.

3- Le dossier tel que présenté à l’opinion publique béninoise prête à confusion et a entraîné tout un imbroglio me faisant croupir en détention préventive depuis 27 mois. La commission d’enquête créée, pour la circonstance par décret n° 2005-714 du 21 novembre 2005 modifié par décret 2006-067 du 24 février 2006, est l’une des dernières de l’ère du Général et avait été présidée par un colonel des Forces années, un haut gradé, officier des transmissions. En effet, les rapports de la commission ont été truffés de contre- vérités et des manipulations de dates et de chiffres .Résultat, le paquet transmis à nos juridictions était pratiquement une bombe à retardement, car le dossier est un pur produit du dysfonctionnement total de l’appareil d’Etat. L’une des multiples communications qui avait autorisé la participation du Bénin aux travaux du Conseil de sécurité figure dans le relevé n° 04/Sgg/rel du 27/01/05. (cf communication 078/05). Cette décision n’a jamais été exécutée à ce jour, aucun crédit n’a été viré à la mission permanente à New-York, alors que c’est l’élément de base qui a déterminé cette transaction sous le ministre Biaou. Le comble est que dès l’éclatement de ce dossier, monsieur Biaou me confirme qu’il contrôle la situation mais l’énigme est qu’il n’a jamais déclaré son implication dans le dossier et reste muet quant au non virement de crédits sur New-York. Par la suite il transmet un acte de non cession (cf correspondance n° 2757/Maeia/Sp-C du 17/11/05) et fait établir une demande d’explication à l’endroit d’Adéchi W. Joël (ex-ambassadeur) et à ma direction. Alors que la veille de cette manœuvre le même Biaou m’avait demandé expressément de rejoindre Lomé (Togo) afin de contacter directement et par téléphone Monsieur Adéchi en poste à Asmara (Erythrée) et l’informer du dossier (cf correspondance n° 2805/Maeia/Sp-C du 21/11/05). Au total, tout ce qui précède était des manœuvres dilatoires, car non seulement de mon retour de Lomé, le ministre a été porté absent et c’est la visite du cabinet militaire que je reçois avec à sa tête le colonel de transmission, Michaël Massou, président de la commission d’enquête, le seul membre de la corporation des Affaires étrangères, Ambroise Adanklounon était déconnecté de toutes les réalités du milieu diplomatique béninois. Résultat : rien de précis dans les résultats d’enquête, j’ai été ensuite remis à la disposition du petit palais avant la brigade économique et financière (Bef) et enfin au procureur de la République le 25/11/05. En effet, après le limogeage de Biaou du gouvernement, le ministre Mariam Diallo Aladji Boni dans la droite ligne de son prédécesseur, et sans aucune investigation préalable enfonce le clou en envoyant une déclaration au département d’Etat des Etats-Unis en attestant que « personne n’a été autorisé à vendre ledit domaine et Monsieur Thomas Guédégbé, directeur au moment des faits a été mis en examen et écroué à la prison civile de Cotonou en attendant son jugement ». Il s’agit d’une rigueur, mais est-ce juste de parler du jugement d’un individu dans une affaire qui implique trois (3) personnes ?

4- Le ministre des Affaires étrangères de l’Intégration africaine au moment des faits, Rogatien Biaou a bel et bien autorisé l’opération par le biais de l’Avocat Alfred koller. Habilement il n’a pas contresigné la procuration du conseil faisant comprendre à ce dernier qu’une fois à Cotonou, il me remettra une autorisation en bonne et due forme. Le type de relation qui existait entre nous à tort ou à raison ne me permettait pas de douter d’une telle affirmation. Mieux, j’ai déjà posé cette question de compte rendu à la haute autorité, à l’ancien ministre Rogatien Biaou qui a confirmé que l’ambassadeur et moi traînons sur ce dossier pour lequel le chef de l’Etat a donné son quitus depuis un bon moment. En novembre 2005, au cours du rebondissement du dossier, monsieur Biaou Rogatien a tôt fait de transmettre une attestation de non cession de domaine, a nié sa participation à l’opération et précipité mon arrestation et ma détention à la prison civile de Cotonou. (cf lettre n° 2757/Maeia/Sp-C du 17/11/05)

5- L’énigme de cette affaire, en dehors du fait que l’ancien ambassadeur Adéchi Wassi Joël soit en cavale depuis vingt sept (27) mois sous la barbe de la police internationale et l’ex-ministre Rogatien Biaou s’arrange pour se dérober de toute inculpation, les faits sont là incontournables et l’interpellent chaque jour et si les justes ne font rien, ils feront le jeu du mal. Supposons que monsieur, Biaou n’avait donné aucune autorisation mais de l’autre côté, il bénéficie de deux cent mille (200.000) dollars soit l’équivalent de cent millions (100.000.000) Cfa. A quel titre ? Nous n’avions eu aucune entente. Ailleurs il fait virer à mon compte deux cent mille (200.000) dollars (100.000.000) Cfa et il exige de l’avocat de me demander de faire virer : 1- 17 000 dollars soit 8 .500. 000 Fcfa à sa fille dans le Mery Land 2- 34.000 dollars soit 17.000.000 Fcfa à l’avocat Koller pour apurer des dettes de la mission. 3- 75.000 dollars soit 37.500.000 Fcfa pour l’ambassadeur Adéchi soit du coup 126.000 dollars ou 63.000.000 Fcfa. De retour à Cotonou où le ministre m’avait instruit d’aller suivre les travaux du Programme d’investissement public (PIP), je devais faire face à des manipulations sous les prétextes que je devais de l’argent à ce dernier. Bref j’ai compris le machiavélisme quand le ministre Biaou de retour à Cotonou m’a convoqué, courant novembre 2004 pour me poser des questions sur la distribution des 200.000 dollars déposés sur mon compte à New-York. Dès la présentation de la répartition, le téléphone sonna et c’est monsieur Adéchi qui était au bout du fil. Le ministre a conversé avec lui avant de me passer le combiné. Dès la première réaction, l’ambassadeur Adéchi m’a traité de tout dans le bureau du ministre Biaou et devant lui. Ce dernier a fini par me dire « il faut lui faire un message de virement par ta banque, ce que j’ai eu à faire en mettant une nouvelle fois 75.000 dollars (37.500.000) Fcfa au compte de l’ambassadeur Adéchi, au total 200.000 dollars versés sur mon compte, j’ai déboursé 201.000 dollars à savoir :
- 17 000 dollars (fille de Biaou) ; 75.000 dollars (Adéchi)
- 34.000 dollars (avocat Koller) ; 75.000 dollars (Adéchi). Je précise que nous ne nous sommes entendus sur aucun point « avec le ministre, ni avec l’ambassadeur ».

6- Une question peut revenir c’est de savoir mes motivations dans cette opération. Il est difficile de comprendre que quelqu’un dans une telle opération peut s’en tirer en perdant plutôt des ressources ; mais c’est la triste réalité, ce qui est incroyable mais vrai. Si je me sentais si impliqué, j’aurais pu prendre le large comme l’ambassadeur Adéchi ou le ministre Biaou qui s’acharne à défendre l’impossible. Plus de quatre cent cinquante mille (450.000) dollars ont été distribués entre les deux responsables visés plus haut soit deux cent vingt cinq millions (225 000000) de francs Cfa. N’étant plus sur le terrain, je retiens qu’un certain nombre de travaux ont été exécutés sur le nouveau bâtiment de la chancellerie du Bénin : l’équipement des bureaux en micro-ordinateurs, des appareils photocopieurs, scanners et fax installés par la compagnie Kiocera­mita, de nouvelles configurations des bureaux et la mise en place de système de sécurité et d’incendie. Le bureau de l’ambassadeur a été rénové et entièrement équipé de nouveaux meubles. Bref plus de 200.000 dollars ont contribué à l’exécution de ces travaux hors budget et qui ont permis à notre pays d’être crédible et représentatif pour plusieurs années devant la communauté onusienne.

7- L’une des causes indirectes du dossier de parcelle à New York est l’ambition légitime qu’a exprimée notre pays de se positionner comme membre non permanent du Conseil de sécurité pour le Biennal 2004-2005, et pour être au Conseil de sécurité le 1er janvier 2004, cela suppose que les négociations ont débuté au moins six (6) mois d’avance et des rencontres entre plénipotentiaires ont eu lieu dans des villes et des banlieues pour annoncer notre candidature. La mission permanente du Bénin a eu à convaincre cent quatre vingt douze (192) pays de sa capacité à adhérer à ce forum du Conseil de sécurité. A la conférence pour le vote, cent quatre vingt onze (191) pays nous ont accordé leur suffrage sur 192. Il s’agit d’une prouesse pour celui qui connaît le système de lobbing des Nations-unies. L’incidence financière pour le dossier du Conseil de sécurité a été adoptée par le gouvernement le départ en 2003 soit six cent millions (600.000.000) Fcfa à savoir trois cent millions (300.000.000) au titre de 2004 et le même montant au titre de l’année 2005. Malgré les relances, les services compétents du Ministère des finances n’ont jamais débloqué même à ce jour ces fonds (cf relevé n° 04/Sgg/rel-C du 27/01/2005). La commission d’enquête visée plus haut conclut dans son rapport que le Bénin était déjà au Conseil de sécurité en 2004 et n’avait plus besoin de ressources pour ce dossier. Je pense qu’à ce jour notre pays doit encore pour le dossier Conseil de sécurité et mieux il serait discourtois que la communauté internationale vienne se rendre compte que notre pays a pu tenir grâce à une transaction domaniale pour son adhésion au Conseil de sécurité. Au total, un homme de science, un politologue anglais Henry Wotton a dit ceci :« un plénipotentiaire ou un ambassadeur est un honnête homme envoyé mentir à l’étranger pour le bien de son pays ». J’ai œuvré avec zèle, esprit de discipline et de respect de la hiérarchie et les résultats sont gravés dans les annales de notre diplomatie. Si j’avais pris des ressources, j’aurais pris la fuite comme mes aînés qui ont profité de ce dossier du de sécurité pour se faire des abris contre la pauvreté. Mon salaire est présentement coupé depuis vingt sept (27) mois, mes indemnités suspendues avec des enfants et parents à charge et simplement pour la fuite de responsabilité de certains individus je fais les frais pour avoir travaillé loyalement dans le strict respect de la hiérarchie et des principes de base de tout métier régalien tel que la diplomatie. Je compte sur la Justice de notre pays mais celle divine et implacable s’accomplira selon les principes cosmiques de la loi du Karma.

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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