Cambriolage au marché Dantokpa : Félix Hessou, un médecin après la mort
Par Ishola DJIGUIN
avril 4th, 2008
Les cambrioleurs ont agi mais devant l’impuissance des responsables ayant à charge la sécurité du pays, Félix Hessou et compagnie sont intervenus tel un médecin après la mort. Ils feraient mieux alors de quadriller spontanément le pays aux temps chauds plutôt que de vouloir distraire les populations. C’est une bavure fonctionnelle à la Hessou
Trois morts, d’innombrables blessés graves et une forte somme d’argent emportée, voila les dégâts humains et matériels enregistrés à l’issue du cambriolage qui a assombri, mardi 02 avril dernier, le ciel de la capitale économique du Bénin qu’est Cotonou. Le cœur meurtri, les populations se demandent si le général Hessou a été nommé pour contempler la ville de Cotonou, tel que le jeune Koffi l’a fait en scrutant les attraits de la ville à Aboisseau (dans le livre Mamadou et Bineta sont devenus grands).
Il en est de même pour le jeune Cossi venu d’Adja puis en vacances à Cotonou pour la première fois. Aussi s’était- il mis à contempler les feux tricolores pour manifester sa joie en disant “égotchi, égota” avant d’être surpris devant la beauté des voies bitumées.
En se servant de la paume de ses mains, il les épousseta allègrement puis se déchaussa pour marcher la-dessus. Le contact de la paume des pieds avec le bitume lui conféra une sensation de gaieté et de joie incommensurable.
A la tête du ministère de l’intérieur Félix Hessou adopte un comportement qui s’apparente nettement à ces deux jeunes compargnards rencontrés pour la toute première fois à la ville. Si non, comment expliqué que dès les premiers jours qui ont suivi sa nomination, ce dernier passe le clair de son temps à organiser des messes d’actions de grâce comme pour dire “Alléluyah, j’ai eu ma part de gâteau. Et donc, je dis merci à Boni Yayi”.
Si distrait par cette survenue, d’être plutôt parvenue à ce stade de la hiérarchie, le voilà qui laisse de côté l’essentiel, l’imminent et surtout l’urgence sécuritaire du pays.
Nul ne peut se contenter de développer à n’en point finir des théories, tapages médiatiques à l’appui sans jamais les mettre en application si ce n’est au cours de la période des fêtes du mois de décembre passé où on vu des para-commandos quadrillés les zones d’insécurité notoires du pays. C’est vrai que cela a fait forte sensation mais il apparaît comme une goutte d’eau dans la mer.
A quoi servent alors les cérémonies de don de matériels à des unités des forces de sécurité si sur le terrain leurs effets ne peuvent être ressentis. Encore que dans le cas du cambriolage de mardi dernier, il était indispensable que les unités de sécurité soient promptement déployées sur le terrain avec les matériels concernés.
L’attente n’a fait que trop durer. Les forces de l’ordre sont intervenues 90 minutes ( à notre horloge) après le départ des gangsters aux mains gantées de sang.
L’enjeu sécuritaire était si grand, si imminent et si gravissime que cette descente inopinée ne peut pas ne pas être au rendez vous. L’attente du peuple était plutôt là. Les populations s’indignent du fait que l’intervention policière ne soit survenue telle une bombe à retardement, crucifiant par cette nonchalante inappropriée tout un peuple, du moins la frange la plus dynamique.
Il s’agit de celle qui s’active dans la sphère économique et commerciale du pays. Ils ont vu du noir. N’eut été l’immunité liée au pare-balles dont s’est prémuni l’un des forces de l’ordre, il ne saurait avoir la vie sauve.
Par cette puissance, il est parvenu à épargner également les 90% d’hommes exposés à cette vulnérabilité de la mort. Des trois militaires présents, ce dernier mérite d’être élevé à la plus haute distinction honorifique. Les trois autres qui en sont morts, les armes à la main, sur le front la méritent aussi à titre posthume. Toujours est-il que le général ministre Félix Hessou est sensé endossé les responsabilités de cette perte en vie humaine. Il lui appartient de savoir si cela aussi mérite une messe d’action de grâce.
Aussi faudrait-il retenir que la sécurité a été après coup, renforcée sur le terrain. Ils sont positionnés un peu partout dans la ville comme si cela allait effacer le massacre moral dont ont été victimes les populations. Alors que les cambrioleurs sont déjà sur les côtes de l’île de Bakassi au Cameroun.
Cet acte anodin n’aura pour effet que de contribuer à défaire la tranquillité des populations. Mieux, les forces de l’ordre ainsi positionnées saisiront l’opportunité pour rançonner comme à l’accoutumer les compatriotes.
C’est une façon de créer des problèmes supplémentaires en voulant en résoudre. Telle est l’autre maladresse de Hessou. Il lui faut revoir sa copie.
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