| - - 8 mai 2008 Après les élections municipales, Boni Yayi à la croisée des chemins (L’avenir du Changement repose sur des choix intelligents et décisifs) |
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Bien qu’officiellement les résultats du dernier scrutin municipal ne soit pas encore donnés, ceux-ci demeure néanmoins un secret de polichinelle sur la base duquel peuvent s’élaborer des spéculations.
Quel principale enseignement le Président Boni Yayi doit-il tirer des dernières élections ? Question apparemment simple mais qui peut donner lieu à autant de réponses simples ou complexes, passionnées ou désintéressées, intelligentes ou stupides selon les convictions ou la capacité de tout un chacun à appréhender les phénomènes politiques. Ce qui semble néanmoins certain, c’est le fait que les réponses, quelles qu’elles soient, se résumeront en deux catégories : la méthode et, surtout, les hommes. Si jusqu’ici nul n’a osé denier au chef de l’Etat l’ambition et la volonté de faire du Bénin une nation prospère, sa méthode pour y parvenir donne cependant lieu à des controverses assez nourries. Mais au demeurant, que vaut la plus belle des méthodes s’il n’existe d’hommes compétents et efficaces pour s’en charger ?
La remise en question du choix des hommes Boni Yayi se voulait le président de la rupture. Les hommes sur qui son choix s’est porté pour l’aider à l’édification de la société nouvelle qu’il entendait bâtir a reflété cette volonté de césure. Mais le risque n’était-il pas grand ? La virginité politique qui caractérisait ces hommes allait en effet de pair avec une inaptitude et une inexpérience de la gestion des affaires publiques au plus haut sommet de l’Etat. Les deux premières années du mandat a malheureusement mis en évidence leur incapacité de parvenir au stade d’hommes politiques avant de passer à la dimension d’hommes d’Etat. Maladresse, amateurisme, tâtonnement, ont été autant de mots entendus à loisir et qui illustrent la perception que l’opinion publique se fait de leur prestation. Bien d’indicateurs ont en effet montré que les nouveaux venus semblaient plus préoccupé par le côté jouissif du pouvoir plutôt que par l’abnégation, l’opiniâtreté, la lucidité et l’intelligence nécessaires à son exercice. La malheureuse campagne publicitaire dite ’’de la vague verte’’ apparus dans les journaux aux lendemains du 20 avril dernier, illustre à merveille le penchant de la plupart de ces hommes et femmes à aborder de façon légère et instinctive les problèmes auxquels ils sont confrontés. Quels sont les nouveaux rapports de force politique ? Quelle est la nouvelle cartographie politique ? Pourquoi cela a-t-il marché à tel endroit plutôt qu’à tel autre ? Les résultats obtenus sont-ils à la hauteur des moyens dépensés ? Les ressources ont-elles été déployées de façons judicieuses et rationnelles ? Est-ce que les résultats obtenus augurent des scrutins à venir difficiles ? Voilà autant de questions fort utiles dont les réponses intéresseraient Boni Yayi plutôt que de se lancer dans un triomphalisme infantile qui trahit une incapacité à être à la hauteur de la tâche.
Quel rôle pour Victor Topanou ?
Il est évident que pour les trois années à venir, le Chef de l’Etat doit recomposer le paysage humain qui l’entoure. Mais bien au-delà de ce nécessaire ravalement, il s’avère vitale pour lui d’avoir quelqu’un capable de transformer sa vision, ses ambitions et ses rêves en une politique théoriquement conceptualisable et opérationnelement réalisable. Jusqu’ici confiné à des tâches techniques et administratives, l’actuel Secrétaire général du Gouvernement le Professeur Victor Topanou, réuni pourtant deux atouts substantiels qui font de lui la personne tout indiquée pour faire passer le Changement du stade de simple slogan en une réalité politique, économique, sociale et culturelle. Tout d’abord, c’est un universitaire chevronné et à la page de la recherche. Qu’on le veuille ou non, c’est dans ce corps de métier que bon nombre de dirigeants de la planète ont eu à recruter des éminences grises chargées de donner corps et substance à leur vision. Les exemples foisonnent à profusion de ces universitaires qui ont formé des duos de premier ordre avec leur chef d’Etat. On peut citer à cet effet les duos Richard Nixon-Henry Kissinger ou encore Jimmy Carter-Zbigniew Brzensky. Les deux années que vient de passer Victor Topanou au côté du Chef de l’Etat constituent à certaines égards le second atout qui est sien. En effet, cette durée de temps lui a permis de prendre la mesure des réalités du pouvoir. Aussi, peut-on légitimement croire qu’il a réussi le difficile exercice de concilier savoir théorique et mise en œuvre pratique. De toutes les façons, les jours à venir fixeront les observateurs sur la nature de l’orientation que le Président Boni Yayi compte donner à la suite de son mandat. Quoi que soit son choix, il devra nécessairement intégrer le facteur humain.
Eric MORE |
BENIN: Après les élections municipales, Boni Yayi à la croisée des chemins
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