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Halte aux raccourcis au Bénin !

 

Conçu et prévu il y a des mois, le colloque de l’Aumônerie nationale des Cadres et Personnalités politiques sur la dynamisation des acquis de la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990 au regard de l’esprit prophétique de l’Eglise, vient à point nommé en cette fin de juillet 2008. Il survient dans un contexte où le gouvernement et l’Assemblée nationale parlent de crise économique et politique, où le spectre de la vie chère dans le monde et au pays inquiète les Béninois. Faut-il le dire? Ce colloque ne vient pas pour tout résoudre comme par enchantement. Pas plus que la Conférence nationale elle-même n’était pas une baguette magique devant la crise bien plus grave de la fin des années 80. Source et départ du processus béninois de démocratisation, elle était, en quelques jours d’assises, une inspiration de génie, un moment extraordinaire et historique dans la vie d’un peuple, qui en appelait à la transpiration patiente et endurante qu’exige la construction quotidienne de la démocratie. Mais après, au lieu de nous mettre ensemble au travail, nous avons souvent préféré les solutions de raccourci comme si le « miracle » de la Conférence historique pouvait se produire tous les jours. Et qui pis est, 66% des Béninois ne connaissent même pas l’histoire de cette Conférence (cf. n° 930 de La Croix du Bénin).


Puisque la situation actuelle nous met devant les vulnérabilités de notre société, ce colloque peut «redynamiser» les acquis de la Conférence nationale en montrant que, contre toutes apparences, plus les problèmes sociaux sont urgents, plus il faut se méfier des solutions de raccourci. Comment donc, au cœur de nos urgences qui n’en finissent pas et de nos crises qui se succèdent moindres et grandes, nous inspirer de l’esprit de la Conférence nationale et nous projeter dans un avenir meilleur ? Cet esprit de la Conférence, n’est-ce pas la capacité de faire entrer la différence des opinions et la divergence des intérêts dans un dialogue critique et constructif ? Comment même, plus que la Conférence ne l’a fait, oser aller dans le fond des débats sur nos problèmes de société et entrer dans l’action ensemble et dans la durée ?


Vivement la fin des rac-courcis moraux, politiques et économiques comme solutions opportunistes à de profonds problèmes de société !

 

 

Abbé André S. Quenum

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Tag(s) : #EDITORIAL
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