Difficultés pour la forma gouvernement:Mathurin Nago à nouveau chez Fagbohoun
8 septembre 2008 - LE MATINAL
Le président de l’Assemblée Nationale était le samedi 06 septembre 2008 en fin de matinée à Adja Ouèrè. Si rien n’a filtré de la deuxième visite de Mathurin Nago chez son collègue Séfou Fagbohoun, on apprend de certaines indiscrétions que ce sont toujours les difficultés relatives à la formation du troisième gouvernement qui donnent des soucis au chef de l’Etat et font courir le président du Parlement.
Le président Yayi Boni n’a toujours pas les marges de manœuvres adéquates pour former son troisième gouvernement. Après le changement du visage politique nationale, la majorité qui est désormais favorable aux forces politiques dites de l’opposition et les autres ratés des dernières consultations électorales pour les municipales, la formation d’un gouvernement de large union devient de plus en plus difficile et les multiples concertations que le chef de l’Etat a tenté avec les forces antagonistes pour la cause butent toujours. Ainsi et suite à un certain nombre de tête-à-tête avec les responsables du G 13, du G 4 en dehors de Me Adrien Houngbédji du Parti du Renouveau Démocratique (Prd), on est loin du bout du tunnel et le président Yayi Boni a été, une fois encore, obligé d’envoyer son homme de main, Mathurin Nago, le samedi passé à Adja Ouèrè pour tenter de convaincre le président du Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (Madep) Séfou Fagbohoun à la cause. Selon certaines indiscrétions, l’homme d’affaires Séfou Fagbohoun n’a pas été averti de la descente de son président à Adja Ouèrè. Ce sont les éléments des services spéciaux des départements de l’Ouémé et du Plateau qui seraient mis à profit pour savoir que le premier Coq du Madep est présent. Et la stratégie consistait pour le président Mathurin Nago en mission spécial de l’appeler à quelques minutes de son domicile pour se faire recevoir. Les mêmes indiscrétions expliquent que le président de la République à bout de souffle, aurait décidé, de se rabattre sur l’homme d’Adja Ouèrè pour trouver les solutions à ses difficultés de former le nouveau gouvernement de l’ère du changement. C’est, dit-on, après l’université d’été des éléments du G 13 à l’hôtel Casa Del Papa à Ouidah et le refus d’entrer au gouvernement que les dispositions seraient prises au sommet de l’Etat pour mettre autant que possible la pression sur le président du Madep Séfou Fagbohoun pour atteindre les nouveaux objectifs. Pour le cas et selon les mêmes sources, il s’agit de passer par Séfou Fagbohoun dont certains proches seraient déjà acquis à la cause du changement pour déstabiliser le G 4 en vue d’avoir raison de l’opposition. Pour les initiateurs du projet, l’homme d’affaires Séfou Fagbohoun serait plus facile à convaincre que ses autres alliés de la Renaissance du Bénin (Rb), du Parti du renouveau Démocratique (Prd) et du Parti Social Démocrate (Psd). Mieux, en passant par lui avec une certaine rigueur dans les stratégies, on pourrait facilement diviser le groupe pour finir par obliger les responsables sceptiques à se rallier contre leur gré. De plus, on estime dans l’entourage du chef de l’Etat que les autres forces actuellement hostiles au pouvoir Yayi Boni, n’ont pas assez de marges de manœuvres et c’est le G 4 dont ils seraient les produits qui détermine leur puissance. Il suffit alors de casser le G 4 pour avoir raison de toutes ces forces qui, dit-on, se cherchent. Et Séfou Fagbohoun constitue pour l’instant la seule bonne alternative pour y parvenir. Des précédents de taille Les thuriféraires du changement auraient déjà initié une série d’actions pour faire fléchir Séfou Fagbohoun. Outre le fait que le gouvernement s’est désengagé de la Continental Bank Bénin et serait prêt à vendre toutes ses actions au profit de certains acteurs de l’opposition, plusieurs autres actions seraient en cours pour permettre au président Séfou Fagbohoun de se retrouver. Dans cette perspective, on dit que le chef de l’Etat aurait déjà fait certaines promesses de taille à l’homme d’Adja Ouèrè pour lui permettre de se libérer du G 4 dans le but de le fragiliser et obliger les autres parties prenantes à se rallier. On dit que c’est la confirmation de ce message que le président Mathurin Nago serait allé porter à Séfou Fagbohoun le samedi dernier. Ce sont, dit-on, le député François Abiola, le Secrétaire général du Madep M. Christophe Kint Aguiar et un certain Bibilari qui auraient conseillé cette manière de procéder pour avoir la confiance de Séfou Fagbohoun dans cette situation extrême de blocage de la formation du nouveau gouvernement qui dure depuis des semaines et au sujet duquel le président Yayi Boni a toutes les peines du monde pour réaliser son rêve.
Après les longues concertations entre Séfou Fagbohoun qui ont duré un peu plus d’une heure trente minutes, on apprend que le président de l’Assemblée Nationale est sorti sans l’accord de principe tant souhaité pour libérer le président Yayi Boni. Selon les mêmes indiscrétions, le premier coq d’Adja Ouèrè aurait plutôt tourné en bourrique l’émissaire de Yayi Boni. Sans donner son accord de principe et sans montrer l’impossibilité de donner des cadres du Madep pour la formation du gouvernement, Séfou Fagbohoun aurait fait de la blague durant une bonne partie du temps avec le président Mathurin Nago. Après cette étape, il aurait rappelé à son hôte les difficultés qu’il rencontre avec ses militants du fait de la non installation depuis des semaines du conseil municipal de Kétou. Séfou Fagbohoun aurait aussi fustigé les contrats gouvernementaux avec certains organes de presse qui jettent l’opprobre sur les forces politiques de l’opposition, les violations de plus en plus alarmantes des libertés essentielles, les interpellations des journalistes par les éléments des forces de l’ordre et la situation qui a prévalu la semaine dernière à Abomey Calavi lors de l’élection du maire. L’homme d’affaires Séfou Fagbohoun semble ne pas être dans la logique de tromper ses autres collègues du G 4. Pour lui, il est bien aberrant de vouloir d’une paix toute en agressant au quotidien ceux là qui sont concernés par la situation. Il aurait profité de l’occasion pour rappeler au président Mathurin Nago que le ministre de la Décentralisation, lors d’une émission grande écoute sur la télévision nationale, aurait affirmé que les 12 conseils communaux dont celui de Kétou qui le concerne, selon installés dans les mêmes conditions qu’Abomey Calavi. Pourvu que les sages de la Cour Suprême donnent le déclic. Des situations qui ne permettent pas, selon Séfou Fagbohoun, de mettre fin la crise actuelle au sujet de laquelle le président Yayi Boni veut son soutien.
Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)
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