| Remaniement ministériel : Ce qui bloque la formation du 3ème gouvernement de Boni Yayi
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| LE BENINOIS LIBERE 10 septembre 2008 Boni Yayi quoi que néophyte en politique s’est fait un devoir de reléguer par tous les moyens les vestiges et les monuments de la politique béninoise aux dernières loges. Pour lui, et il est aisé de le constater, ceux-ci ont fait leur temps. Il a donc travaillé dès le début de sa mandature à les évincer avec dans un premier temps l’assentiment complice de ceux qui croyaient et voulaient que les choses changent vraiment au Bénin. Une scène politique corrompue La motivation de cette bénédiction puise sa quintessence dans ce qu’en 2006, à l’arrivée de Boni Yayi, les uns et les autres étaient au faîte de l’exaspération. L’impunité et la corruption avaient profondément stigmatisé l’inconscient collectif. Les 10 ans de Kérékou caractérisés par le laisser-aller, ayant donné lieu à la création de cercles politico sociaux dont le pouvoir s’étendait autant dans le milieu des affaires que sur la scène politique. Tout avait un prix et pouvait s’acheter contre un peu d’influence. Ce qui a favorisé sur le dernier quinquennat du Général l’émergence d’une race d’hommes politiques hybrides, mi politiques mi businessmen. Ceux-ci ayant très vite proliféré ont occupé le terrain et nettement indiqué la nouvelle filière pour s’enrichir. Leurs hauts faits vitrifiant les puritains et autres citoyens honnêtes imbus d’équité. C’est dans cet environnement que le Champion, Boni Yayi est arrivé, vêtu de son Kimono blanc estampillé Changement. Une bouffée d’oxygène dans un monde complètement tétanisé par l’odeur pestilentielle de la magouille et de la corruption.
Les fausses promesses du Changement
En effet, notre champion dès son installation invente un nouveau concept pour un peuple en manque d’inspiration et de boussole. Celui du travail bien fait et à temps. Tout le monde jubile, les sceptiques et les jaloux, marmonnent, ‘’qui va changer qui ?’’ mais surtout ‘’avec quels hommes ?’’. Les années Kérékou ayant largement formaté les cadres du pays. Ce premier Challenge le champion, en dehors de quelques actions d’éclats et sans lendemain, n’arrivera pas à le surmonter. La cause vient de ce que l’homme veut tout faire et être partout à la fois. Preuve qu’il n’a pas confiance aux autres- à son équipe. Les fameux audits annoncés et organisés pour pouvoir débusquer les fossoyeurs de l’économie béninoise, n’ont donné que des résultats en demi teintes. Le travail ayant été fait dans la précipitation comme la décision de l’ instruire. Nombreux ne seront pas étonnés à la publication de constater que ce sont de grossières erreurs de débutants qui ont engendré des contestations. Finalement les fameux audits ne nous apprendrons rien de nouveau, et le reste du travail bâclé rangé au placard, comme la flopé de rapports de commissions d’enquêtes sous Mathieu Kérékou. Un aveu implicite d’impuissance. Premières désillusions d’un peuple qui en attendait plus mais qui continue de soutenir son champion qui lui ne manque pas d’initiatives. Entre-temps plusieurs milliards sont injectés dans l’agriculture promise à un bel avenir sous le Changement. C’est d’abord 14 milliards qui sont injectés pour éponger une ardoise laissée par le gouvernement défunt. Malgré ce gros effort et les milliards qui suivront le résultat ne sera pas plus reluisant. En bref, on ne retiendra rien de bon de cette initiative. L’investissement s’étant s’avéré un gâchis pour une saison des plus désastreuses. Encore un coup de canif dans les rêves du peuple. La promesse d’électricité suffisante pour booster l’émergence du Bénin, ne sera pas moins un fiasco. Ce qui fait qu’en quelques mois le nombre de circonspects a considérablement grossi. Les rêves des uns et des autres se brisant avec toujours plus de fracas.
L’acharnement comme solution politique
La traque des fossoyeurs de l’économie est devenue la panacée. Entre temps les hommes d’affaires crédibles ou non s’étant nichés dans la politique deviennent les cibles privilégiées du pouvoir. Le fisc, la justice, tout est instrumentalisé en vue de leur neutralisation. La traque tournant bien souvent à l’acharnement. Malgré l’inefficacité des solutions envisagées au nom de la restauration de l’autorité de l’Etat, le Prince du Changement mal conseillé continu et multiplie les bourdes politiques. Du coup les victimes fondés ou non, revêtissent d’autres habits. Ceux d’hommes et de femmes injustement persécutés par un système que d’autres désignent d’autocratique et sans méthode.
Les erreurs congénitales des promoteurs du Changement
D’autre part, le gouvernement en constante campagne, se voit obliger de faire des promesses tous azimuts à des partenaires occasionnels issus de la classe politique traditionnelle qu’il ne respecte que partiellement ou pas. Ce qui laisse l’impression qu’aucun engagement du Chef n’est réellement crédible tant que cela s’expérimente sur le champ politique. Ainsi, au fil du temps, le vide se fait autour de sa famille politique originelle qui elle-même est sujette à des remous internes. Du coté de la classe politique on se rend à l’évidence qu’aucune alliance crédible ne peut être nouée avec le Prince du Changement. Le constant mépris des engagements politiques souvent biscornus, mais obligés dans le domaine, du Chef de l’Etat à fini par convaincre tout le monde que l’homme ne croit pas en eux. En d’autres termes, les hommes et femmes politiques existants avant l’avènement du gouvernement du Changement ne sont pas suffisamment fiables pour lui. Seuls les hommes du Changement ou désigner comme tels ont la côte et comptent. Tout le reste étant considéré comme la racaille. Un extrait de n’importe quel discours de campagne des hommes de Yayi suffit à se faire une idée de ce que la classe politique traditionnelle était devenue pour les lieutenants du Changement. Deux ans et demi plus tard, et autant de chemins parcourus dans une telle forêt à de quoi refroidir le plus hardi des politiciens.
Pas de génération spontanée en politique
La magie de l’irruption sur la scène politique d’un bleu ce produisant presqu’autant que l’éclipse solaire, la probabilité d’avoir rien qu’au sein de son groupe des hommes politiques rompus à la tâche pour former son gouvernement est plus que mince. Même si Boni Yayi parvenait à ce challenge, il est évident que le pari serait trop risqué pour la suite de sa carrière présidentielle. En plus les Fcbe consacreraient sous le Changement, la plénitude du concept Parti-Etat propre à une époque que les Béninois s’efforcent d’oublier.
Un accouchement difficile en vue
A la conclusion des différentes réalités, le prochain gouvernement qui est en gestation, présage d’un accouchement de nature incertaine. L’ancienne classe politique telle une vieille corde ayant été rejetée, elle s’est recroquevillée sur elle-même en attendant de voir de quelle matière et avec qui le Président fera son prochain gouvernement. Quant au Prince du Changement lui-même ce prolongement de vie d’un gouvernement qui devrait être mort depuis, est l’aveu d’une mauvaise préparation du terrain et surtout d’un manque d’argument pour le formatage d’une nouvelle équipe qui devra faire office du troisième gouvernement du Changement.
Eric TCHIAKPE |
Remaniement ministériel : Ce qui bloque la formation du 3ème gouvernement de Boni Yayi
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