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Salé et Gbadamassi au cours de leur sortie médiatique du 15 septembre 2008. Ont-ils été très durs, trop loin ou trop directs ? Ce qui est sûr, leurs réactions conjointes ont totalement éclipsé la provocation initiale de Adrien Ahanhanzo Glèlè. Pas parce que les mots ont volé plus bas car le vieillard par qui tout est arrivé n’y est pas allé de main morte non plus. Admirez son répertoire : crétin, assassin, pilleurs de l’économie, des voleurs (parlant des députés), vendeur de poisson (parlant du patron des patrons), marionnettes (pour les syndicalistes), des nostalgiques de la corruption (au sujet des partis politiques hostiles au gouvernement Yayi Boni), danger pour la démocratie (à propos d’un ancien président de la République). Or la paire Salé-Gbadamassi ne s’est penchée que sur quelques aspects des noms d’oiseau distillés au détour de plusieurs émissions télévisées étalées dans la durée.

 

Moins que la prétendue guerre des télévisions entre Golfe et Canal3, c’est le style du duo parlementaire qui ont marqué les esprits. Une série de messages plus ou moins codés dont les destinataires ont été soigneusement triés sur le volet. Assortie d’une proclamation de l’honorable Issa Salifou Salé qui en dit long sur le contexte : « moi, je suis comme un cabri mort ». En clair, cela tient du miracle que tous deux continuent à siéger à l’Assemblée nationale. Une sorte de résumé de l’implacable course-poursuite que le docteur-président a enclenché contre ces deux députés depuis qu’il a pris les rennes de la maison-Bénin.

 

Deux ans en prison pour Gbadamassi pour finalement bénéficier d’une main levée d’office confirmée en appel interjeté par le pouvoir du Changement. Dépossédé ensuite de son mandat de maire de la commune de Parakou au profit d’un « cauris » bon teint. Personne n’a oublié l’épisode d’un homme poursuivi jusqu’à son lit d’hôpital où il fut extrait et conduit sous escorte du commissariat central de Cotonou en personne jusqu’à Parakou sur près de 450 km pour remettre son tablier manu militari. L’inconstitutionnalité de cette passation de service prononcée par la Cour constitutionnelle plus tard n’eut aucun effet correctif. Au contraire, la persécution a connu un regain de fièvre lors de la campagne pour les législatives avec une implication personnelle du chef de l’Etat. Gbadamassi a pu se faire élire au prix d’une lutte impitoyable dont beaucoup de Parakois portent encore les séquelles près de deux ans après.

 

Du cas Salé devenu très tôt l’enjeu exclusif de la lutte contre la corruption du régime du Changement. Tout l’appareil d’Etat qui se mobilise à faire tomber coûte que coûte l’enfant terrible de Malanville à travers une panoplie de mesures les unes plus radicales que les autres. Suspension des agréments de la société Atb ; résiliation des contrats entre Bénin-Télécoms et Bell Bénin Communications ; augmentation du coût de la licence des Gsm ; redressements fiscaux fantaisistes ; demande de levée d’immunité expliquée et commentée par 4 ministres du gouvernement sur le plateau de la télévision nationale ; convocation par les services de renseignements. Il s’agit-là de l’aspect visible de la traque. Moins visibles, les pressions psychologiques voire physiques sur la personne même de Issa Salifou. Contraint de quitter sa circonscription électorale de Malanville en catastrophe à la veille du scrutin législatif de 2007 sans pouvoir voter pour lui-même. Personne ne parle de son exile momentané qui lui a fait manquer le baptême de son dernier-né pour ce musulman fervent parce que des informations sur l’imminence de son élimination physique lui sont parvenues à cause d’une inadvertance des exécutants présumés. La justification du « cabri mort » se trouve là. Ni les ralliements de Salé et Gbadamassi au candidat Yayi Boni au second tour de la présidentielle 2006 ni les procurations généreusement délivrées pour faire élire Mathurin Nago au perchoir ni le soutien du G13 au gouvernement durant 1 an n’ont faire arrêter la machine. Les coups de boutoir insidieux du perpétuel courtisan, aspirant ministre sonnent comme des coups de grâce. Cela valait bien « une colère sainte ».


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Tag(s) : #Politique Béninoise
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