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  Après la naissance du groupe parlementaire G 13 :Des difficultés pour Yayi Boni

 

22 septembre 2008


Les députés du G 13 ont constitué le vendredi 19 septembre 2008 leur groupe parlementaire. La situation qui change entièrement la configuration politique de l’Assemblée Nationale, complique aussi la crise au sommet de l’Etat et réduit de façon sensible les marges de manœuvres du président Yayi Boni au parlement.

Trois groupes parlementaires désormais pour les G 4 et 13, contre deux pour la mouvance présidentielle hétéroclite du Dr Yayi Boni. Mais les résidus des trois groupes disparus permettent de former un autre groupe parlementaire pour la mouvance si ce n’est que les acteurs se cherchent. Et il y a un autre scénario plutôt catastrophique : si entre-temps les quatre députés de l’Alliance Force Clé venaient à rompre les amarres à l’Assemblée nationale, ce sera le comble dans cette mouvance autour de Yayi Boni. On n’est déjà pas à cette étape et le blocage est tel que le président Yayi Boni a du mal à avancer. Il est désormais donc presque impossible de constituer la nouvelle équipe gouvernementale, la crise relative à la destitution du président Mathurin Nago est sans solution et la pléthore de dossiers en souffrance à la Direction des services législatifs de l’Assemblée nationale donne une idée de la suite des difficultés politiques qui arrivent. Ainsi, c’est encore le recours aux mesures exceptionnelles qui tend à être le seul moyen pour le chef de l’Etat. La crise prend désormais d’autres tournures et pourrait affecter l’administration où on annonce des mouvements de grève suffisamment durs pour les semaines à venir. A côté, c’est l’affaire Padme en veilleuse qui fera couler beaucoup d’encre et de salive puisqu’on chuchote que certaines personnes concernées par le dossier attendent le verdict du tribunal pour reprendre les hostilités avec le gouvernement. Ce sont là, des millions de francs Cfa que le pouvoir pourrait être appelé à y engloutir avant de pouvoir se laver les mains et il semble que le procès au sujet de cette affaire ne sera pas favorable au gouvernement comme dans bien d’autres cas déjà. Par ailleurs, les syndicats attendent de pied ferme la rentrée des classes pour relancer les hostilités. Parce que le pouvoir du Changement se serait mal comporté et toutes les actions initiées ces dernières semaines n’ont pas été de tendance à ramener la balle à terre. En vérité, au moment où le chef de l’Etat négocie la paix avec ses alliés politiques, ses collaborateurs multiplient les sorties médiatiques pour contre-attaquer, insulter et raviver la tension. Une chose et son contraire en quelque sorte. Ce qui a fini par radicaliser les positions contre les intérêts du pouvoir à l’Assemblée nationale, dans certains états major politiques comme dans tout le pays d’ailleurs. La création du groupe parlementaire G13 est la nouvelle illustration. Et dans l’entourage immédiat du Dr Yayi Boni, il semble que ce n’est plus la parfaite harmonie ; une éventuelle formation du gouvernement dans les conditions actuelles pourrait alors compliquer la situation au sommet de l’Etat et entraîner d’autres grands départs. Mais avant, c’est dans le camp des rois, sages, notables et chefs religieux que le torchon brûle dangereusement. Alors que les proches collaborateurs du président Yayi Boni avaient pensé à la nécessité pour lui de se rabattre sur les pouvoirs traditionnels pour contourner les forces politiques G 4, G 13 et autre Force Clé qui refusent de l’aider à constituer le gouvernement de large union tant souhaité, ces conseillers mal inspirés du chef n’ont su se doter des moyens idoines pour réussir. C’est la ruse politique qui a entouré l’organisation du processus du forum des rois qui a vite dégénéré. On parle aussi de la mise à l’écart de certains dignitaires lors de la désignation des membres du comité de pilotage et de gestion des acquis du forum. Au finish, le rendez-vous s’est soldé par un échec cuisant et les intrigues n’ont pas permis de sortir quelque chose de sérieux de la rencontre qui a pourtant coûté plusieurs millions au contribuable béninois. Ces ratés qui se multiplient au fil des semaines de gestion du pouvoir, les perturbations successives dans la gestion du pays ainsi que le nombre des adversaires qui augmente tous les jours amènent désormais à se demander le contenu réel du programme du président Yayi Boni avant son élection en mars 2006.

 

J-Ch. H (Br. Ouémé/Plateau)



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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