CONSÉQUENCES DE LA PRISE DES ORDONNANCES SUR LE CLIMAT POLITIQUE NATIONAL
Bénin: Le nageur, les crocodiles, les ordonnances et 2011
5 novembre 2008
par Angelo DOSSOUMOU
Même si le contexte de crise alimentaire, pétrolière et économique est une circonstance atténuante pour le gouvernement, il aurait tout de même dû introduire plus tôt son collectif budgétaire pour ne pas mettre l’Assemblée nationale devant le fait accompli. D’ailleurs, tout porte à croire que les députés ont émis un vote sanction contre le collectif budgétaire, non seulement parce qu’ils ne s’expliquent pas un certain nombre de dépenses, mais surtout parce qu’ils ont voulu montrer au gouvernement qu’ils ne sont pas une caisse d’enregistrement de l’exécutif. Sur ce plan, il serait irréaliste de blâmer les députés. La constitution leur donne le plein droit non seulement de voter les lois de finances de l’Etat mais aussi d’avoir la latitude de contrôler leur exécution, en un mot, d’être en amont et en aval de tous les budgets de l’Etat. C’est donc une leçon de démocratie pour l’avenir.
L’autre question que suscite la prise des dernières ordonnances par le Dr Boni Yayi est sans aucun doute l’impact que pourraient avoir ces actes sur sa réélection en 2011. Encore que rien ne dit que le climat politique délétère qui prévaut actuellement ira en s’améliorant. Le président Yayi sortira-t-il indemne de ce pétrin politique qui a eu raison de l’ex président Nicéphore Soglo ? Comparaison n’est pas raison. Mieux, le contexte politique a beaucoup évolué et l’émotion qui a guidé les électeurs béninois en 1996 ne sera forcément pas la même en 2011. Mais un autre adage ne dit-il pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? D’autres préviennent simplement que la prudence est mère de sûreté et que l’on doit pouvoir s’inspirer de l’expérience des autres pour avancer. Alors, au finish la multiplication des ordonnances risque d’agacer plus d’un électeur acquis à la cause du Dr Boni Yayi. Et, sa réélection risque d’en prendre un coup. Cependant, il a du temps pour se corriger et comprendre que la meilleure solution est d’éviter d’être en perpétuel conflit avec les acteurs de la classe politique.
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