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Le sommet des rois a décidé de mettre le parlement entre parenthèses. Yayi Boni 1er a eu l’onction de ses pairs, têtes couronnées de l’émergence depuis le palais du peuple de la présidence de la République le 04 novembre 2008. Le budget remanié rejeté par la majorité des députés peut enfin être mis en exécution alors que certaines institutions ont déjà clôturé l’année budgétaire. Dans un régime si attaché à la jouissance et à la mégalomanie, un bonus d’une quarantaine de milliards est toujours le bienvenu. Le roi de Fcbe veut ce budget remanié, avec ou sans l’Assemblée nationale.

Vous comprendrez au fil de cette chronique pourquoi le docteur-président a préféré cette fois-ci les apparats d’un docteur-roi. Pas un seul émergent n’ignore que le recours aux mesures exceptionnelles en temps de paix est plus un acte impérial que républicain. Conformément à la constitution, en République du Bénin aucune disposition ne recommande au locataire du palais de la Marina de consulter des descendants de rois avant de s’adresser à la nation via les médias de sa volonté de prendre une ordonnance. L’article 68 de la loi fondamentale définit clairement les personnalités à consulter et semble avoir omis la mention des héritiers de trône. Erreur matérielle réparée depuis la salle du peuple. C’est d’ailleurs pour cela que Yayi Boni n’a plus emprunté la même démarche que lors des ordonnances de juillet 2008, les rois d’abord, les présidents de la Cour constitutionnelle et de l’Assemblée nationale après. Légitimité au Royaume-Fcbe.

 

Autre grave omission de la part de la constitution, le défaut de hiérarchisation des institutions comme dans les régimes impériaux. Une disposition devait proclamer la supériorité absolue du docteur-roi sur tous les autres centres de pouvoir. Le souverain doit pouvoir s’arroger toutes les prérogatives du fonctionnement institutionnel à commencer par le pouvoir législatif. La démarche du 04 novembre s’illustre bien dans le dénie de légitimité à la représentation nationale. Tant pis si le vote parlementaire a déjà eu lieu et qu’une majorité s’est dégagée autour du non. Le docteur-roi ne lit dans la constitution que l’article 68. Les pleins pouvoirs du parlement en matière budgétaire ? Connais pas ! Au Royaume Fcbe, le chef suprême peut s’autoriser à transformer la volonté des élus du peuple. Même aux Etats-Unis, la prééminence du vice-président de la République au Congrès n’intervient qu’en cas d’égalité parfaite entre les deux camps en présence. Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas d’un ajournement sine die des débats parlementaires mais d’un vote républicain. Sauf qu’institutionnellement la rencontre au palais du peuple entre gouvernement et têtes couronnées n’a rien de républicain.

 

Le régime du Changement ne fait que poursuivre la déclinaison de sa singulière conception sur la démocratie. Une démocratie qui n’aurait de sens que lorsque le vent souffle dans la direction voulue par Fcbe. La majorité parlementaire ne sert donc à rien tant qu’elle n’encense par le docteur-roi dans le sens du poil. Idem pour les majorités municipales. Les communes qui ont osé ne pas se conformer à cette logique implacable du Changement en subissent encore les représailles ; six mois après les scrutins municipal et local, conseils communaux et locaux de ces collectivités rebelles ne sont pas installés bien qu’ils soient déclarés élus par la Cena et que la loi prévoit leur installation 15 jours après cette proclamation.

 

Le parlement est peut-être nécessaire en République du Bénin mais pas au Royaume-Fcbe…

 

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Tag(s) : #EDITORIAL
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