Les dessous au dehors du roi Boni 1er !!!
Par Arimi CHOUBADE
11 novembre 2008
Attendu au Brésil pour porter le Bénin au rang des émergents en route vers le sommet du G20 de Washington, c’est finalement à Abidjan que le docteur-président a préféré inscrire son cher pays sur le banc des malades d’Afrique. Ceux à la recherche du bol d’air outre-frontières pour débloquer une chianlis interne qui échappe à tout contrôle. Le modèle démocratique serait officiellement en panne aux dires même de celui qui se proposait de le porter vers une croissance à deux chiffres en l’espace d’un mandat de 5 ans. Une bien curieuse trajectoire pour les héritiers de la conférence nationale pourtant promise à un rayonnement international exceptionnel surtout à l’aune du discours sur le Changement entonné dès avril 2006. Ils ne sont pas bien nombreux à voir venir ce délitement.
Le docteur-président ne pouvait pas mieux trouver que la capitale économique de l’Uemoa pour faire mouche. Message certainement bien capté par les nombreux organismes, investisseurs et acteurs économiques d’envergure qui ont élu Abidjan comme sanctuaire sous-régionale. Après le discours d’Abidjan sur l’impasse politique nationale, tous ceux qui envisageaient de commercer avec le Bénin connaissent désormais l’ampleur du piège qui les guetterait si jamais... Ils ont la preuve, par le chef de l’Etat-Fcbe en personne, que le moment n’est pas propice et qu’il faut attendre que soit aseptisé le Palais des gouverneurs à Porto-novo où la majorité parlementaire est déclarée ennemi public N°1 du régime du Changement.
La réticence vis-à-vis des tentatives d’intercession de l’Onu (Saïd Djinnit), de l’Union européenne (Louis Michel) et des diplomates en poste à Cotonou contraste bizarrement avec l’enthousiasme envers la solution Côte d’Ivoire-Togo. Deux pays qui peinent à se relever des sanctions et de diverses restrictions de la communauté internationale. A croire que le Bénin de Yayi Boni envisage à son tour son lot d’accords de paix, de pourparlers, de facilitateurs – des sortes de pilules aussi amères les unes que les autres expérimentées avec des résultats mitigés, non seulement au Togo et en Côte d’Ivoire, mais également au Congo, au Libéria, en Sierra Léone, au Zimbabwe, en Centrafrique…
Il parait que Yayi Boni n’arrête pas de multiplier les gestes visant à empêcher la radicalisation des camps en présence. Le régime devra déployer des efforts supplémentaires en vue d’expliquer en quoi, le fait d’accuser ses partenaires de négociation, de chantage autour de la gestion du port de Cotonou. Le porte-parole du G13, le député Bako Arifari, souhaite être convaincu de l’apaisement contenu dans la décision du chef de l’Etat d’enrôler dans les ordonnances un projet de loi non encore soumis à l’appréciation de la représentation nationale. Le bilan de la fameuse ouverture du régime parle de lui-même : basculement dans le camp présidentiel de Kindjanhoundé, Abiola et Agbodjèté, tous issus des groupes parlementaires Add et Ourou Sé Guéné du G13. Des opérations qui se rapprochent plus du débauchage que de négociations fondées sur le respect mutuel, l’honnêteté, la transparence et la bonne gouvernance.
Tout n’a donc pas été dit sur les origines de la crise. Une malédiction, une fatalité, une volonté délibérée de la majorité parlementaire de mettre en péril l’intégrité du territoire national ou plutôt un désir de totalitarisme de l’Etat-Fcbe ? Les éventuels faiseurs de paix ont besoin de connaître tous les détails avant toute mission de bons offices. Tout dépend de la personnalité des convives. Le jeu de table Mugabe-Tvanguiraï au Zimbabwe est différent de celui de Att-Agbahounga au Mali.
A Yayi de choisir son modèle de négociation face aux « G »…
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