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La mendicité et le cinéma du ministre EHUZU

 

13 novembre 2008

par Sulpice O. Gbaguidi

’’ Equipez-nous en standard, donnez nous un standard, donnez-nous des véhicules, c’est des outils de travail’’. Le chef de la diplomatie béninoise lançait ainsi son Sos devant les ambassadeurs en poste dans notre pays. Jean Marie Ehuzu s’est transformé en acteur de série B dans le cinoche de l’entame de fonction ministérielle.

Le scandale a eu lieu. La communauté internationale éberluée s’est résignée à constater les dégâts. Jean Marie Ehuzu a tendu sa sébile dans une sorte de mendicité agressive. Le visage famélique du Bénin est présenté sous sa forme la plus sordide. Dans son cinéma de mauvaise qualité, le nouveau ministre des affaires étrangères ne s’est pas soucié de l’image de notre pays. ’’J’ai des problèmes d’équipement, d’ordinateur dans cette maison, j’ai des problèmes de téléphone. Il n’y a pas de standard’’ ventile-t-il dans ses semences de l’ennui. Boni Yayi n’a certainement pas fait appel à monsieur Ehuzu pour venir faire du cinéma au ministère des affaires étrangères, de l’intégration africaine, de la francophonie et des Béninois de l’extérieur. Dans ce rôle, les vedettes du rire, pipi wobaho, propé, oncle bazar, master cool... amuseraient la galerie avec un professionnalisme sans faille. Le cinéma du ministre était triste et indécent.

C’est de notoriété publique qu’on ne quémande pas avec autorité. Il y a des attitudes évidentes pour réussir dans la mendicité : la politesse et la diplomatie. Le comédien logé au ministère des affaires étrangères est malheureusement brutal. Il ne fait plus seulement rire, il inspire la peur et fait pleurer. La bouffonnerie mélangée au désastre de langage était au rendez-vous. La sortie comique du ministre est émaillée de paroles incommodantes et du manque de respect à la communauté internationale. Juste une grossière mendicité avec une sébile archaïque. Le diplomate a violé les règles de la diplomatie dans le médiocre théâtre servi au monde entier. A qui la faute si le ministère des affaires étrangères n’a pas de standard ? Le ministre devrait avoir honte en évoquant cette difficulté. Même dans la mendicité, on ne doit pas manquer de tact. Jean Marie Ehuzu a sacrifié la dignité de la République en quémandant maladroitement de téléphone. On doit apprendre à avoir honte pour soigner l’image du pays au lieu de discutailler et d’emmouscailler de dignes diplomates. Le séjour à l’extérieur de Jean Marie Ehuzu ne lui a pas permis de savoir que Boni Yayi est numéro1 dans l’art de limoger. Le chef de l’Etat, champion dans cet exercice a encore ses réflexes et la gaffe devant la communauté internationale peut servir d’excitant.

La récréation du ministre des affaires étrangères était inopportune. Jean Marie Ehuzu aurait dû discipliner ses ardeurs et éviter d’agir en empoté. Par sa faute, notre diplomatie est désormais atteinte d’une fièvre de maladresses. Ses prédécesseurs ne nous avaient pas habitués à cette pagaille inscrite dans la mendicité de bas étage.

Jean Marie Ehuzu devrait plutôt vite se mettre au travail et arrêter son cinéma insipide. A Alaba au Nigeria, il pourra trouver le marché des standards et épargner les diplomates étrangers de sa rebutante blague, faite dans la discourtoisie. Monsieur le ministre a déçu. Mais il peut toujours se rattraper avec des excuses publiques aux diplomates et au peuple béninois.

Sulpice O. Gbaguidi

 

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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