Les change - menteurs sont si jeunes et si usés…
Par Arimi CHOUBADE
13 novembre 2008
Pathétiques, ces panneaux géants destinés à conjurer le mauvais sort qui s’abat sur le régime du Changement. Les convives de la pose de première pierre du nouveau siège du parlement le 11 novembre 2008 à Porto-novo ne pouvaient pas les éviter. Des invocations publiques envers le Très-Haut afin qu’il daigne prendre sous sa protection l’« âme persécutée » du docteur-président. la moitié du mandat à peine et le régime donne des signes d’un agonisant en phase terminale. Les courtisans tout aussi usés par la corruption, l’arrogance, la boulimie, les tromperies, la ruse sont contraints d’implorer le ciel en vue d’un miracle. Lequel ? Une réélection en 2011 ?
Certains thuriféraires du régime verraient d’un bon œil que leur champion garde le Palais de la Marina durant 10 ans. Pourvu qu’ils se la coulent douce à l’ombre du figuier ballotté entre les poses de premières pierres à tour de bras, les portefeuilles ministériels et conseillers spéciaux à la présidence du chef de l’Etat à profusion. Aucun des jouisseurs ne semble se rendre compte de l’état d’épuisement de leur gars. Alors que le parcours qu’ils souhaitent lui faire faire n’est bouclé qu’à son premier quart : 2 ans et demi sur les 10 espérés. Pour quel Bénin ? Encore 8 ans et demi de parlement bloqué, de gestion hors budget des fonds d’escorte, de poses de première pierre sans bouclage des financements, d’ordonnances fantaisistes ?
On ne sait plus si quelqu’un se donne la peine de penser au bien-être du docteur-président au sein de l’armée de profiteurs qui gravite autour du pouvoir. Si ce ne sont des gens qui se délectent tranquillement devant le spectacle ubuesque d’un Yayi Boni se comportant comme un pachyderme dans une boutique de porcelaine. Sans boussole, sans programme, sans majorité, le bateau ivre du Changement collectionne les casses sans que personne ne l’y aide. Le voilà pourchassé par les conséquences d’un pari qui a mal tourné : le fameux rêve de liquider la vieille classe politique. Ceux qui rêvent de voir le docteur-président rempilé en 2011 devraient s’occuper de structurer ce qui reste de son premier mandat. De le sortir de l’illusion d’une vision incorporée au chef exclusivement. La marche solitaire qui ne parvient toujours pas à emballer le peuple.
Avant le rempilage, il y a le bilan du premier mandat. Il n’est donc pas trop tard de mettre en scène une déclinaison du nouveau rêve béninois autre que le verbiage stérile. Les slogans du genre « Changement », « émergence », « croissance à deux chiffres », « gouvernance concertée » n’ont réussi qu’à meubler la propagande. Malheureusement, on scrute en vain la meute de courtisans, à la recherche de celui capable d’inventer et de proposer la nouvelle orientation à la gouvernance en panne d’inspiration et de repère. On ne voit que des blancs becs occupés à s’empiffrer par tous les sens corporels. Si jeunes, si instruits (parait-il) mais déjà si compromis par des procédés d’enrichissement rapide qui défient l’entendement. Ils donnent plus l’impression de redouter une fin de règne imminente à travers leur empressement à voler le maximum de deniers publics. Inutile de demander à ces gens-là de façonner un nouveau futur pour le docteur-président. Peut-être ont-il déjà apprêté des scénarii de retournement collectif de veste, au moment opportun.
Le débat sur le nombre d’année que Yayi va passer au pouvoir ne passionne plus tellement les Béninois. On se préoccupe plutôt de l’état dans lequel il en sortirait. Chaque jour avec son lot de rebondissements, de mauvaises nouvelles, de tension, est un jour supplémentaire de supplice et de stress.
Est-ce cela que vous souhaitez à votre champion, messieurs les émergents insatiables ?
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