Arrestation de Andoche Amègnissè: La liberté d’expressions et d’opinions en danger au Bénin
Par Laurent YOVO
LE BENINOIS LIBERE – 17 NOVEMBRE 2008
Après les nombreux reports, les hommes du Changement ont fini par commettre leur forfait le vendredi dernier. Assignés pour la publication de ses opinions dans un magazine jugé illégal, le professeur Andoche Amègnissè à la barre a eu à répondre à des accusations de l’Agent judiciaire du trésor. Au cours des débats, on a pu remarquer que l’acharnement dont l’homme fait preuve n’est que la conséquence de son engagement politique vis-à-vis du pouvoir en place. Seulement, ce qu’il convient de dire est que dans ce dossier, les hommes du changement ont manqué de jugeote. Arrêter un homme politique quelle que soit sa trempe dans un climat surchauffé comme celui qui a cour en ce moment au Bénin, c’est créer un précédent grave pour les libertés et la démocratie. Certes, on peut admettre que le président des Laissés pour compte a peut être exagéré dans ses analyses mais cela ne suffisait pas pour le priver de sa liberté. Car, comme il l’a su bien dire à la barre l’argumentaire selon lequel c’est la confiscation de tous les canaux de communication peut effectivement amener tout homme politique à céder à l’erreur de la diffamation et même à la publication des tracts. En effet, le vendredi dernier, au moment où le procureur du tribunal de première instance de Cotonou après avoir requis la peine de six mois d’emprisonnement demandait aux forces de l’ordre de l’embarquer pour la maison d’arrêt, le ciel démocratique béninois s’est assombri un peu plus. Il n’y a d’ailleurs plus de doute que dans le prochain classement de reporters sans frontière et d’Amnesty international le Bénin reculera d’au moins 50 places. Ce ne sera même pas étonnant qu’on dise que l’Etat démocratique du Bénin est désormais le dernier en matière des libertés. Cela est mis au passif du gouvernement du changement qui aurait pu éviter ça s’il avait demandé à ses collaborateurs d’avoir un peu de retenu dans leur comportement. Maintenant que le vin est tiré, il n’appartient qu’ à la classe politique notamment, les acteurs du G13, du G4 et de la Force clé qui d’une manière ou d’une autre gagnaient quelque chose de son engagement de prendre leur responsabilité afin de condamner avec la dernière rigueur ce comportement afin que le Bénin ne soit pas un pays dans lequel il sera interdit d’avoir des opinions contraires à celles du pouvoir. Car derrière les actions de Andoche Amègnissè, on voyait leurs mains cachés et encourageantes.
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)