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  Affaire Sonapra:La magouille entre l’Etat et Rodriguez se précise

 

 20 novembre 2008

LEMATINAL


Deux journaux, l’un dans sa livraison du lundi, l’autre dans celle d’hier sont revenus sur le dossier Martin – Rodriguez contre l’Etat béninois. Tous deux, en voulant justifier les discussions en cours, nous ont permis de voir clair et de tirer certaines conclusions notamment la plus importante : le président Yayi Boni serait au courant de tout ce qui se trame entre l’Etat et Martin Rodriguez.

Commentaires :

 

« La Nouvelle Marche », dans sa livraison du mercredi 19 novembre 2008 (lire l’intégralité de l’article ci-contre), est revenue sur les nouvelles relations entre Yayi Boni et Martin Rodriguez. »la paix de brave entre Yayi Boni et Martin Rodriguez pour sauver des milliers d’emplois », titre l’hebdomadaire. Mais ce dernier, nous saluons au passage son directeur de publication, est venu confirmer nos pires craintes : à savoir que le président Yayi Boni est bel et bien au courant de toute la transaction douteuse entre ses proches et Martin Rodriguez, surtout en ce qui concerne la mise à l’écart du tribunal de première instance de Cotonou qui s’apprêtait à débouter Martin Rodriguez de ses intentions de soutirer 80 milliards de francs Cfa au trésor public. Et le journal de conclure que « Yayi Boni a été bien inspiré ».

 

En effet, selon ce journal dont nous publions l’article ci-contre et dont nous saluons la précision, « le 18 Août 2008, le chef de l’Etat Yayi Boni est entré en négociation avec le Pdg de Marlan’s Cotton Industries (Mci) Martin Rodriguez ». Première confirmation de nos craintes. La deuxième, c’est que le journal va plus loin. « Selon les mêmes sources », écrit le journal, « Yayi Boni a dépêché une délégation de haut niveau composée du Général de Brigade, Robert Gbian, directeur de cabinet militaire du président de la République, du Colonel Camille Michodjèhoun, commandant des forces aériennes du Bénin, et de maître Max Ahouèkè, conseiller juridique du président de la République à Genève d’abord pour le règlement de tous les conflits commerciaux, juridiques ou administratifs qui opposaient… » Mci à l’Etat béninois. En d’autres termes, le président Yayi Boni a envoyé ses proches négocier. Mais, c’est la qualité des personnes envoyées qui pose problème. Autrement dit, techniquement et juridiquement, ils sont incompétents pour parler négociations commerciales puisque c’est de cela qu’il s’agit.

 

Le Général Gbian et le Colonel Michodjehoun sont incompétents. Même un sourd muet aveugle l’aurait compris. Ils ne sont investis d’aucun pouvoir public leur permettant de négocier avec Rodriguez. Donc, leur présence est louche. Nous sommes en matière commerciale, pas en matière militaire. Quant à Me Ahouèkè, sauf son honneur, il est conseiller juridique du président, pas un avocat de la Sonapra ou de l’Etat. Au pire des cas, il peut assister, mais en tant qu’observateur. Mais, il ne doit avoir aucun pouvoir de décision. Alors, il y a encore là, du louche. Enfin, Martin Rodriguez a dicté sa loi selon le même journal. En effet, écrit le journal, « …à travers un document, le Pdg de Marlan’s Cotton Industries a évoqué ses conditions. Toutes ces conditions ont été à priori acceptées par le gouvernement… ». Et parmi ses conditions se trouve le paiement de dizaines de milliards à Martin Rodriguez, alors même que c’est lui qui doit à l’Etat, et bien même que le tribunal de Cotonou s’apprête à le débouter.

Du débiteur insolvable de la Sonapra, le régime du Changement s’apprête à le transformer en créancier. Et pour terminer, disons que le président Yayi Boni vient de se faire piéger. Et ce piège est mortel. Ceci à trois niveaux :
- Selon ce journal, c’est lui qui a initié les négociations alors que Rodriguez se la coulait douce à Genève. Personne ne comprendra qu’un président de la République entre en négociation avec un débiteur de l’Etat pour lui proposer des milliards de francs Cfa alors que celui-ci n’a rien demandé. Ça sent du roussi.

 

- Toujours selon le journal, la délégation envoyée est incompétente. Deux militaires et un avocat à un sou. Ça sent du cramé.


- Troisièmement, des facilités énormes lui ont été accordées. Non seulement il gagne un milliard de francs Cfa pour des facilités douanières, mais aussi et surtout on a dessaisi le tribunal de Cotonou pour lui faire gagner des dizaines de milliards de francs Cfa. Là, ça sent carrément la fumée et il n’y a jamais de fumée sans feu. Qui active ce feu ? Martin Rodriguez ? Le président ? ses conseillers incompétents ? Le président Yayi Boni vient ainsi de découvrir Martin Rodriguez : l’article paru dans ce journal est trop bien écrit et trop dithyrambique à l’égard de Martin Rodriguez pour ne pas être son inspiration. Autrement dit, Martin Rodriguez est en train de porter un coup à l’image de Yayi Boni. Il a voulu montrer aux Béninois ce qu’on appelle Changement. Il a voulu montrer que c’est Yayi Boni qui a pris contact avec lui ; que c’est Yayi Boni qui a envoyé sa délégation incompétente jusqu’à Genève pour lui faire des propositions. Que c’est Yayi Boni qui a accepté toutes ses conditions allant jusqu’au paiement de dizaines de milliards de francs Cfa. Bref, il accuse Yayi Boni. En cas de problème, c’est Yayi Boni qui fait et non Rodriguez.

 

 

Charles Toko

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Tag(s) : #EDITORIAL
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