Sans Fioriture : Pour l’honneur Ils doivent rendre le tablier
24 novembre 2008 - LEMATINAL
Ils doivent rendre le tablier avant que le chef de l’Etat ne prenne lui-même ses responsabilités. Ils sont un certain nombre. Nous pouvons les classer en deux catégories. La première vague est constituée des hommes en uniforme. Ceux-là qui ont pour métier la protection des paisibles citoyens béninois et la défense de la terre sacrée de Béhanzin, Bio Guerra et Kaba.
Il y a d’abord le patron de la Direction de liaison et de la documentation (Dsld), communément appelé " service de renseignements ", le colonel Bio Tui N’Da. Il doit être suivi du Général de division Mathieu Boni, chef d’Etat major général des armées. A eux doivent s’ajouter le directeur de la Gendarmerie, le Gl Cocou Sèmègan et le directeur général de la Police nationale, le contrôleur de la police Eugène Boya. Ces hauts gradés de l’armée, de la gendarmerie et de la police ont à charge la conception et la mise en œuvre du plan de sécurité nationale et de protection de nos frontières. C’est en principe leur tasse de thé. Ils ont pour mission l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie qui permettra d’infiltrer les différents réseaux mafieux afin d’y apporter les ripostes les plus idoines. Bref, ce qu’on appelle l’espionnage et le contre espionnage. Car c’est connu de tous " qui a l’information a le pouvoir ". Ça, c’est le b.a.-ba qu’on apprend dans toutes les écoles de formation de policiers, de gendarmes et de militaires. Ces hauts gradés ont l’avantage d’avoir fait les meilleures écoles occidentales en la matière. Malheureusement, ils ont étalé leur incapacité notoire à pouvoir régler le " petit cas " d’insécurité créé par la présence des banques dans le marché Dantokpa. La hiérarchie militaire et policière est techniquement responsable de l’échec de la mise en œuvre de l’ambitieuse politique sécuritaire du Dr Yayi Boni. La deuxième catégorie des personnalités qui doivent assumer leur responsabilité est composée des ministres de la Défense nationale et le ministre en charge de la sécurité publique. Il s’agit respectivement du ministre d’Etat Kogui N’Douro et du ministre Armand Zinzindohoué qui sont tous deux moralement responsables de la défaillance sécuritaire. Ils ont montré leur limite à faire exécuter les instructions du chef de l’Etat. Si le ministre de l’intérieur peut arguer qu’il vient de s’asseoir dans son fauteuil, il y a à peine quatre semaines, son collègue de la défense ne peut aucunement être dédouané. Et pour cause. Il a l’avantage d’être en poste depuis l’avènement du Changement et d’être l’homme de confiance du chef de l’Etat. Il était donc en poste quand il y a eu le premier braquage spectaculaire au marché Dantokpa en avril dernier. En ce moment, la Haute autorité et son ministre de l’intérieur d’alors, Général de division de son Etat, M. Félix Hessou avaient promis aux usagers du marché que cela ne se reproduirait plus jamais. Dans une envolée verbale, l’ex-ministre de l’intérieur, aujourd’hui conseiller spécial à la sécurité du président de la République avait énuméré des mesures susceptibles de décourager tout braqueur. Malheureusement, sept mois vingt jours après, les malfrats sont revenus en force, ont opéré tranquillement et sont repartis impunément en laissant un bilan macabre ; 6 morts contre deux en avril dernier, 17 blessés et environ 400 millions de francs emportés (352 millions pour Eco-Bank et 47 millions pour Diamond Bank. D’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Quand reviendront-ils ? Mystère ! Tout le beau monde de responsables cités supra et qui sont commis à cette tâche n’ont pas la réponse. C’est simple. Ils n’ont pas l’information. Donc ils ne peuvent pas continuer de dire qu’ils ont le pouvoir. Par conséquent, pour l’honneur, ils doivent tous démissionner.
A.T
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