Les grands chantiers de l’insécurité du roi Boni 1er !!!
Par Arimi CHOUBADE
24 novembre 2008
Le ministre Fagnon avait averti : fanfaronnade n’a jamais rimé avec efficacité. A la sécurité publique, cela se paye cash – une partie de la ville de Cotonou trois heures durant aux mains des hors-la-loi, une riposte désordonnée et incohérente, une population sous le choc. Beaucoup plus grave que les éléphants blancs répertoriés au ministère des Transports, conséquences de la gouvernance champagne faite de proclamation et de magnificence du chef. On la voyait venir, cette désillusion, dès que le nouveau locataire de la sécurité des Béninois s’est installé dans son nouveau costume caméra au point. Du Zinzindohoué à l’état pur.
De l’aveu du commissaire central de Cotonou, Constant Sossou, les services de la police disposaient d’une semaine pour faire échec au braquage sanglant du 21 novembre 2008 au marché Dantokpa selon des informations disponibles. Sauf que leur nouveau ministre était venu avec un agenda spécial, la réalisation d’un documentaire d’un genre particulier. A une semaine d’une agression aussi crapuleuse que spectaculaire qui a tenu en haleine tout le Bénin dans cette tragique nuit du 21 novembre, toutes les télévisions diffusaient en boucle des assauts musclés contre des marginaux considérés comme des terroristes de la pire espèce. Des petits délinquants débusqués des taudis à la suite de perquisitions sans mandat, d’actes de violence sur les délinquants présumés dont les visages sont exposés aux caméras au mépris du respect de la dignité humaine et de la présomption d’innocence.
Au lendemain de la précédente déculottée du 1er avril à Dantokpa, le pouvoir a fait dans le décalé en octroyant des véhicules haut de gamme aux hauts gradés de l’armée. Le gros de la troupe se contente des casernes insalubres, des repas indigestes, des primes misérables, des godasses trouées et des équipements obsolètes. Face à des gangsters suréquipés et hyper motivés. Révolue l’époque où les officiers érigeaient leurs appartements privés à l’intérieur même des casernes. Aujourd’hui, les généraux habitent des palaces et roulent à bord de rutilants carrosses. Certains seraient devenus des arbitres de contentieux commerciaux portant sur des milliards volés aux cotonculteurs. Autres domaines de prédilection des hauts gradés, les véhicules d’occasion et les constructions de modules de classe.
Comment ne pas s’attarder sur la réplique à l’agression du 21 novembre ? Il y avait-là la meilleure opportunité d’assouvir la soif d’ordonnances à la Marina. Les assaillants inconnus faisaient peser des menaces graves sur l’intégrité du territoire national, le fonctionnement régulier des institutions, la paix et la stabilité. On s’attendait que le chef de l’Etat consulte les autres présidents d’institution, parle à sa nation traumatisée, ferme les frontières afin d’organiser la battue, réquisitionne les fonctionnaires. Les mesures exceptionnelles de l’article 68 de la constitution conviennent plus à ces moments de doute et d’incertitude qu’aux considérations liées à des dépenses folles sur le dos du contribuable. Au lieu de cette mobilisation générale, préfets, ministres et députés de la mouvance cauris faisaient le siège du Palais des congrès afin de faire élire un politiquement acceptable à la tête de l’Association des communes du Bénin – à la même heure où les balles fauchaient des compatriotes à Dantokpa.
La riposte de l’équipe Zinzindohoué ne manque cependant pas d’originalité. Les gourous de la police et de l’armée curieusement absents durant les premières minutes de rafales ne tarissaient plus de grandiloquence devant micros et caméras dès la disparition des assaillants. A peine s’ils ne criaient pas victoire malgré le zéro dégât chez les braqueurs, les 4 tués et les nombreux blessés chez les forces de l’ordre et parmi la population.
Entre la sécurité des Béninois et la propagande, le choix des émergents est fait.
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