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  Malgré l’intervention de Kérékou : Entente impossible entre Yayi Boni et le G 13

 

26 novembre 2008


L’audience que le chef de l’Etat aux députés du G 13 semble n’avoir rien donné pour permettre de juguler la crise politique actuelle. On dirait même que c’est une rencontre de plus et les partis ont le sentiment d’avoir perdu leur temps.

Que retenir de l’audience accordée le lundi dernier par le président Yayi Boni aux députés du G 13 ? Pas grand-chose à priori. Et il semble même que la réunion a pris fin sans que les uns et les autres n’aient le sentiment d’avoir fait un pas dans la résolution de la crise politique actuelle dans le pays. Déjà, l’honorable Rachidi Gbadamassi a, sur une chaîne de radio privée, montré qu’il ne pourra plus jamais faire un contrat avec le président Yayi Boni, au regard des complications qui sont intervenues dans leurs relations, les prises de position de part et d’autre et les souvenirs du député qui a fait la prison sous le Changement. De son côté, le président Yayi Boni ne semble pas prêt à lui pardonner certaines prises de positions dans les médias et à l’Assemblée Nationale depuis les tiraillements. Un organe de presse a même montré dans sa livraison du mardi dernier que le premier magistrat qui n’a pas apprécié la façon dont le député Rachidi Gbadamassi voulait intervenir lors de l’audience, l’a vite ramené à l’ordre au motif qu’il ne serait pas son égal. De même, on parle d’un certain nombre de non-dits de cette rencontre organisée par le Général Mathieu Kérékou. Mais au-delà de tout, il y a la position tranchée du deuxième questeur Sacca Fikara dans ce dossier. Sur une autre chaîne de radio privée, le député de la Vallée de l’Ouémé, n’a pas eu froid aux yeux et a fait des déclarations qui n’arrangent rien dans cette crise. Et il faut prendre en compte le fait que le porte parole du groupe, le député Nassirou Bako Ari Fari est un jusqu’au boutiste qui ne s’arrête pas souvent quand il prend une position. On se rappelle ses « élans révolutionnaires » à l’université nationale du Bénin aux heures chaudes du régime 01 du Général Mathieu Kérékou. Le député G 13 Nassirou Bako Ari Fari était le premier responsable du Bureau exécutif national des étudiants alors qu’il était à l’Ecole normale supérieure à Porto-Novo. Les hommes politiques qui l’ont connu à l’époque, expliquent que Nassirou Bako Ari Fari ne fléchit pas souvent face à ses interlocuteurs qui ne tiennent pas parole et la situation qui prévaut entre son groupe et le président Yayi Boni ne peut avoir de solution tant qu’il n’y a pas un minimum de responsabilité de part et d’autre. On dit même que si ce n’était pas la pression du Général Mathieu Kérékou, l’ancien normalien ne serait pas à la rencontre du lundi dernier pour laquelle il aurait émis certaines réserves quant à la prise de parole lors des discussions. Et c’est bizarrement, dit-on, lui qui aura eu raison. Parce que son collègue Rachidi Gbadamassi n’a pas pu dire ce qu’il pensait. Inutile de parler de leur collègue Issa Salifou. Il se donne toujours les moyens et les occasions pour cracher du feu. Mieux, il y a les députés comme Valentin Aditi Houdé, Venance Gnigla et Antoine Dayori qui ne parlent pas beaucoup mais ont toujours montré leur efficacité quand il s’agit de lutter. C’est ce beau monde qui dicte la loi au G 13 et pourrait empêcher toute entente avec le président Yayi Boni. De plus, il faut remarquer que les députés du G 13 ont déjà pris trop d’engagements au sein de l’intergroupe G 4, G 13 et Force Clé qui est sur le point de sortir une plate-forme conjointe en réaction face à la crise au sommet de l’Etat. La situation est telle qu’aujourd’hui, la démission de leur collègue Wallis Zoumarou et les autres déclarations qui ont suivi sont venues ragaillardir les uns et autres qui ont été renforcés dans leur position et veulent désormais pousser la balle plus loin. De l’autre côté du pouvoir du Changement, on ne sent pas une volonté de ramener la balle à terre et les proches du chef de l’Etat qui, visiblement ont moins à perdre dans ce jeu, continuent de se lancer dans des injures et autres attaques qui compliquent la situation. C’est dans ce cadre qu’il faut situer les dernières apparitions sur deux chaînes de télévisions privées du ministre porte-parole du gouvernement Victor Tokpanou et du conseiller Amos Elègbè dont les propos ne sont nullement ceux de gens qui veulent la paix. C’est également dans ces conditions où il vaut mieux fermer les yeux sur certaines situations que les mêmes partisans du président Yayi Boni se sont permis de lui créer un bureau parallèle de l’Association des maires du Bénin sans oublier les panneaux érigés à travers certaines villes pour attaquer les forces dites de l’opposition. Un ensemble de comportements qui contrastent avec la logique de paix prônée par le chef de l’Etat. Dans ces conditions, il ne faut donc rien espérer de cette rencontre du lundi dernier. 

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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