Le Parlement béninois, otage de Mathurin NAGO et l'Etat FCBE
Par Arimi CHOUBADE
4 décembre 2008
Terrible, l’alternative qui s’offre au président de l’Assemblée nationale – les intérêts de sa famille politique d’une part et ceux du Bénin d’autre part. Dans une dialectique où l’un exclut l’autre catégoriquement. Sous l’égide du chef de l’Etat, le regroupement politique, Fcbe, constamment en quête d’espace vitale, de puissance et de dominance, aspire à régenter tout à commencer par l’Assemblée nationale sans en détenir la majorité. La légitimité du perchoir qui ne tient qu’à une véritable ruse de gangster s’oppose aujourd’hui à celle de la majorité reconstituée autour de la coalition G4, G13 et Force Clé.
Face à ces jeux d’alliance, le Bénin, le pauvre, vivote et se trouve ballotter et exposer à la risée de tout venant. Le Commissaire européen au développement ne s’en est pas privé, lui qui est venu expressément de Bruxelles faire un cours sur l’importance d’un fonctionnement correct des institutions à ses messieurs du Palais des gouverneurs de Porto-Novo déboussolés.
Mathurin Nago lui-même est conscient de l’incongruité de sa stature équivoque au perchoir. Un haut lieu de l’expression démocratique dirigé avec des méthodes réprouvées par la majorité absolue de ces locataires. Une dictature du perchoir, avatar de cette fameuse ruse de gangster. Allusion à ces trocs de suffrages au travers de procurations obtenues sur la base d’arrangements souterrains tous aussi obscurs les uns que les autres en 2007. Pénible épisode pour de nombreux Béninois qui ont suivi en direct à la télévision comment des gens sur qui ils ont porté leurs suffrages ont été vidés de l’hémicycle comme des traîtres infréquentables avant l’élection du bureau du parlement. Plus de deux ans plus tard, la lumière reste à faire sur l’indignité collective qui a frappé 17 députés contraints de renier leur propre représentativité.
Les délivreurs de procurations étaient loin de se rendre à l’évidence qu’ils aliénaient, par leur bêtise, le contrôle de l’action gouvernementale, la désignation des représentants béninois dans les parlements régionaux, le fonctionnement de la Haute cour de justice. Par le truchement des ordonnances, le docteur-président leur arrachera par la suite l’autre prérogative constitutionnelle qui leur revient de droit à savoir le pouvoir de légiférer. Dépourvu du pouvoir de légiférer et incapable de contrôler l’action gouvernemental grâce à la résistance organisée de l’intérieur par le président Nago aidé de deux ou trois lieutenants de l’aile radicale de Fcbe, le parlement donne l’impression des signes d’un paralytique à la recherche d’une hypothétique fonctionnalité.
L’obstacle au contrôle permet aux jouisseurs du pouvoir de multiplier les excentricités et de maintenir une inflation soutenue de la prédation des ressources publiques, en toute tranquillité. L’installation du bureau de la ruse sous emprise Fcbe sert à mettre progressivement en place les instruments de l’Etat de terreur avec une Cour constitutionnelle monocolore, et probablement une nouvelle mandature de la Haac sur le même principe. Le docteur-président, constamment sur la défensive, transforme la perte de majorité au parlement comme un état de guerre, use et abuse de mesures exceptionnelles, d’ordonnances. La propagande se charge de jeter toutes ses forces dans un vitriol antiparlementariste très offensif. Nago même sait que sa position a tout l’air d’une flagrante usurpation. La fiction légitimiste essentiellement basée sur l’élection du bureau en 2007 a vécu. La majorité de construction du Changement s’est réduite à une minorité de blocage et de nuisance de toute l’action parlementaire. Tout espoir d’assister à une normalisation de la 5ème législature sous la bannière Fcbe s’effrite chaque jour davantage au fil des démissions, des rognes et des grognes au sein du camp présidentiel.
Nago au perchoir c’est le Bénin en face face à l'Etat Fcbe toujours plus arrogant.
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