Le roi Boni 1er à la recherche du maillon faible…
Par Arimi CHOUBADE
12 décembre 2008
Soglo parrain de Yayi Boni ? Original ce cadeau d’anniversaire des émergents au président-maire, objet de toutes les gâteries depuis le lendemain du séminaire d’Abomey-Bohicon. Dieu Yayi lui-même s’est fait porteur de champagne, fleurs et gâteau au domicile du vieux Pépé le 02 décembre, tant pis si cela a été fait avec 4 jours de décalage par rapport à la date réelle. Le locataire de l’hôtel de ville de Wologuèdè était loin de se douter qu’il venait là d’être désigné comme le maillon faible de la coalition pour l’alternance en 2011. L’angle d’attaque des émergents ne fait d’ailleurs pas mystère de la logique manichéenne : le saint homme Nicéphore Dieudonné Soglo au milieu d’une forêt de mafieux revanchards. Le nouveau centre d’intérêt de la lutte pour la survie du Changement.
Le très officiel regroupement du chef de l’Etat, Fcbe, à travers la sortie médiatique de sa coordination nationale, n’a pas daigné, un seul instant, se laver de l’accusation de vol des deniers publics. Elle enrage plutôt de se faire épingler par des gens qui l’ont fait avant eux même si la gradation explicitée par Amoussou – à travers l’allégorie de la louche et de la cuillère à café – est nettement en leur défaveur. À défaut d’incarner une respectabilité par soi-même, on peut toujours revendiquer une proximité morale avec un modèle reconnu. Yayi déclaré produit fini de Soglo permet de polir une image à la peine.
Vraiment adulé ce Soglo lorsqu’on voit défilé sur les écrans de télévision une complainte délibérée d’un groupe de jeunes autoproclamés défenseurs du régime en l’honneur du « parrain » de leur chef bien aimé. Avec ce rappel du devoir de reconnaissance du docteur Yayi en l’endroit de celui qui l’a nommé conseiller technique à la présidence de la République puis proposé à la présidence de la Banque ouest africaine de développement. Ces bébés politiques, très doués vis-à-vis de faits qui remontent à bien longtemps, de l’époque où Soglo était justement chef de l’Etat, ces mêmes jeunes deviennent subitement amnésiques vis-à-vis d’autres faits plus récents concernant des persécutions que le chantre du Changement fait subir à son ancien mentor, parrain subitement rappelé à la mémoire des émergents.
Très singulière manière de récompenser son parrain en le privant du privilège de compter des membres de son parti au sein du gouvernement, en le menaçant de lui arracher la mairie de Cotonou, en organisant un véritable putsch contre son parti à la commune d’Abomey-Calavi, en débauchant des députés de son camp jusqu’à des proches collaborateurs à lui à l’hôtel de ville. Que dire du cynisme entretenu autour de la guéguerre entre ses deux fils en voyant la nomination de l’un d’eux au gouvernement malgré l’avis défavorable du parti. Ce même Soglo présenté par un ministre du gouvernement comme un sénile gâteux de la pire espèce, devient providentiellement, après Abomey-Bohicon, le parrain sauveur du trône du fils prodigue.
On aurait donné volontiers la palme de la sincérité à ces hommages au père politique oublié si le parcours du régime n’était parsemé de ruse, de fausseté, de revirement et de traîtrise. Il fut un temps, les gourous de la Marina avaient tout misé sur la vénalité supposée des députés G13 : portefeuilles ministériels, valise d’argent, appât de l’escorte de véhicule d’occasion, pression fiscale. Le bras d’honneur de Houdé et Ahossi, la charge du taureau de Parakou, Gbadamassi, et l’offensive de Saka Fikara ont fini de convaincre les recruteurs du régime que le maillon faible est à rechercher ailleurs qu’au G13.
La mauvaise nouvelle (ou la bonne ?) c’est que Soglo n’est pas débauchable
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