Un nouveau coq pour le renard
07 janvier 2008
Le Renard de Djrègbé, après une sorte d’hibernation de plus de deux ans, donne aujourd’hui l’impression d’avoir été maintenu dans une cage où, bâillonné et contraint au silence, il a subi et vécu tout sauf la vie d’un renard. Depuis peu, un constat général fait accroire que la cage devient exiguë et répugnante pour ce prédateur plutôt jaloux de sa liberté et habitué à fouiner et à farfouiller tout repaire dégageant le moindre effluve de volaille. C’est cela, l’univers de ce chasseur invétéré de plumes, toujours à l’affût et disposant dans son escarcelle d’une myriade de farces susceptibles les unes que les autres d’attirer dans son piège tout imprudent qui s’y perd. Le Renard s’apprêterait-il donc à lâcher son coquelet pour un ‘vieux’ coq ?
Hum… Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, les faits démontrent qu’il n’a perdu le moindre iota de sa superbe ni de sa ruse, nonobstant cette accalmie diversement interprétée. On se rend compte au contraire que ce n’était qu’un recul aux relents de repli tactique visant à mijoter, ruminer et retenir la stratégie la plus appropriée pour un rebond sans faute. C’est en tout cas le sentiment qu’éprouvent nombre d’observateurs, eu égard aux rumeurs persistantes d’après lesquelles le vieux à la toque revient, toujours aussi percutant et loquace dans l’art tant de la dissuasion que de la persuasion.
Bref, on susurre çà et là que, du fond de son Opm (Organe présidentiel de médiation) où il peine à garder la distance et à supporter les contraignantes réalités de l’obligation de réserve, l’homme a finalement brisé les chaînes, en bon renard, pour retrouver les joies de la libre expression qui, deux années durant, lui ont manqué et qui ont fait de lui un serviteur loyal, loyaliste, et par conséquent condamné à consentir et à opiner de la tête, au lieu de déployer son armada d’arguments dans un contexte politique qui s’y prête aisément. Albert Tévoédjrè en effet, puisque c’est de lui qu’il s’agit, aurait commencé à lorgner sans désemparer, du côté des contradicteurs de celui dont il s’est fait le mentor et le bouclier, au moment où se profilerait à l’horizon un dénouement autre que celui qui a prévalu au Bénin en mars 2006.
C’est une nouvelle que d’aucuns préfèrent prendre avec des pincettes, en raison du caractère changeant de l’homme politique en général et d’un Renard rompu aux subtilités de la chose politique en particulier. Mais, la rumeur étant devenue sous nos cieux la base de la réalité, on ne s’ennuiera pas outre mesure à attendre l’évolution de la situation dans les jours, les semaines ou les mois à venir.
Sébastien DOSSA
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