Quand la politique devient une profession, on est prêt à sacrifier sa dignité et sa personnalité pour elle. La réalité au Bénin est que les hommes politiques ne tardent pas à changer de veste, en particulier sous le changement, en fonction de leurs intérêts. Ils ne ratent aucune occasion pour tirer à boulets rouges sur les anti-Yayi dans l’attente d’éventuelles récompenses, et lorsqu’ils ne se retrouvent plus dans les schémas de l’actuel locataire de la Marina, on ne les voit plus sur la scène. Ce qui prouve qu’ils servaient le régime sans conviction. Leur engagement aux côtés du parti au pouvoir ne relève donc pas d’un acte de conscience dégagée. L’entrée dans le gouvernement du docteur Boni Yayi étant souvent conditionnée, il faut savoir proférer des injures et/ou faire des déclarations de soutien. La bonne conscience a déserté le forum. Beaucoup d’entre eux se mordent déjà les doigts. Une fois limogés, ils n’hésitent pas à dénoncer le docteur Boni Yayi dans leurs conversations privées.
Les bouffons de la « nouvelle » République lâchent honteusement des propos tendancieux. Les (petits) conseillers du palais de la Marina faisaient régulièrement des sorties médiatiques. Mais depuis quelques mois, ils ne se mettent plus en vedette pour faire la leçon à la « vieille » classe politique. Les militants des Forces cauris pour un Bénin émergeant sont toujours sur pied de guerre. Dans leurs élans, ils tiennent des langages belliqueux. Leur stratégie est de se faire plaire au Chef de l’Etat. Parmi ceux qui sont parvenus à se faire élire députés ou maires, certains n’entendent plus composer avec Yayi. A l’Assemblée nationale, les germes du divorce sont perceptibles. Des députés Fcbe manifestent ouvertement leur mécontentement contre le pouvoir.
Les soudoyés
Des rumeurs affirment que certains sont parfois soudoyés pour défendre bec et ongles les erreurs du régime. Il suffit de voir l’énergie avec laquelle les défenseurs du régime du changement vocifèrent sur les écrans des télévisions et les ondes des radios pour comprendre leurs réelles motivations. Le tonitruant Candide Azannaï qui avait, lors d’une conférence de presse, déclaré : « Il faut chasser Boni Yayi du pouvoir en 2011 » est récupéré. Même les marcheurs affirment être soudoyés pour soutenir les actions du gouvernement. Les organisateurs des marches de soutien et de remerciement ne cachent pas les réels mobiles de leur engagement. En somme, tous ceux qui entourent le président de la République ne partagent pas le même avis que lui. Mais ils se voient contraints de s’inscrire dans sa logique, dans la quête quotidienne d’un poste politique.
Spéro ASSEGBE
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