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"En route vers le Futur" (2)

Dr. Yacouba FASSASSI


2ème partie


Page 103-104
Le Directeur de campagne de Me Adrien Houngbédji pour les Départements de l’Ouémé/Plateau.

 « Oublier l’Histoire, c’est se condamner à la revivre ».

 Après ces deux grands héros nationaux, je mets toute ma fougue à travailler pour Me Adrien Houngbédji dont j’ai été le Directeur de campagne pour l’Ouémé/Plateau lors des élections présidentielles de mars/avril 2006. Je le fais par conviction et avec mes propres ressources financières. J’ai draine vers lui tous les chefs de partis et mouvements membres du parti UBF, j’ai draine vers lui tous les cadres de l’Ouémé/Plateau de l’Association des cadres de l’Ouéme-Plateau (ASSOP-DF). J’ai fait disparaître mon parti CMD au profit du sien, le PRD. Avec beaucoup d’autres amis, j’apprécie ses qualités de courage, d’enthousiasme, de capacité a entraîner ; hélas, nous avons surestime son engagement dans l’action politique et ses convictions dans l’idéal dont il se dit porteur.


Moi, tout particulièrement, je sous-estimais, très honnêtement, sa propension à subir les influences, et a l’hésitation. Par dessus tout je ne l’aurais cru capable de renier ses propres convictions politiques qu’il a lui-même exprimes dans son livre : « Il n’y a de richesse que d’hommes ».
Nous concluons que les ressources humaines, l’intelligence humaine, le respect de l’homme et le respect de la parole donnée ne sont pas véritablement ses préoccupations

 

Page 121
Dr Boni Yayi, mon ami de 35 ans : Destins croises

Boni Yayi, Boni Ichola Yayi, Dr Thomas Boni Yayi, actuel Président de la République du Bénin est un ami de 35 ans. En effet, nous avons eu notre baccalauréat la même année 1972 et sommes entres à l’Université du Dahomey, plus précisément a l’INFCAPP (Institut National pour la Formation des Cadres pour les Administrations Publique et Privée) pour étudier l’Economie en octobre 1972, l’année de la Révolution au Bénin. Nous étions près de 400 personnes étudiant a l’INFCAPP dont environ 200 étudiants inscrits en Droit et 200 autres étudiants en Economie. Nous étions la 2ème promotion de l’INFCAPP. Dans la première promotion qui nous précédait, il y avait Pascal Irénée Koukpaki, Taoficki Nassirou, Idriss L. Daouda ; etc. Moi, j’avais obtenu mon baccalauréat série D au Lycée Béhanzin (ex BALLOT) et Boni Yayi a obtenu le sien au Lycée Mathieu Bouké de Parakou.

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Parmi les cadres qui venaient assister à mes séminaires de programmation financière à Washington, D.C. il y avait un certain Boni Yayi, mon ami et ancien camarade de classe a l’INFCAPP. C’était des retrouvailles de vieux amis. J’allais le chercher au Concordia Apartment pour l’amener a la maison ou on restait longtemps à discuter, a rappeler nos souvenirs communs et parler de l’avenir ; bien qu’un peu plus âgé que moi, Boni Yayi était très respectueux et très correct. J’ai beaucoup d’estime pour lui. Et quand des années après j’allais donner les mêmes séminaires à Dakar au COFES ou il travaillait sous la direction de notre compatriote et ancien professeur a l’INFCAPP Onodje, Boni Yayi était toujours avec moi et j’étais toujours avec lui. II m’invitait chez lui et sa femme Aladja de Porto-Novo était toujours heureuse de me voir exactement comme mon épouse aimait recevoir Boni Yayi chez nous à Washington D.C. On discutait toujours dans notre langue commune le yoruba. Chacun avec son accent, lui l’accent nago et moi l’accent yoruba qui tire vers le goun pour l’intonation.

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Dr Boni Yayi, le Président de la République du Bénin est un ami de 35 ans comme je l’ai explique. Depuis l’INFCAPP, alors jeunes étudiants, on était des amis, trois amis, Mounirou Omichessan, Boni Yayi et moi-même Yacouba Fassassi, et non seulement de camarades de classe.

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A Dakar, quand il était un agent a la BCEAO et moi Conseiller Spécial du Gouverneur de la BCEAO cumulativement a mes fonctions d’économiste principal au Fonds Monétaire International (FMI) à Washington D. C., on est resté des amis. A Washington D.C. à l’Institut du Fonds Monétaire International (FMI) où je formais des cadres africains francophones à la Programmation Financière, on est resté des amis. Puis au Bénin à la Présidence de la République à la Cellule Macroéconomique, on était des amis et des complices, tous deux collaborateurs directs du Président Soglo, moi Chef de la Cellule Macroéconomique, lui membre de ladite cellule. Et nos destins se sont séparés. Lui est parti à Lomé pour le poste de président de la BOAD, et moi je suis resté au Bénin pour continuer le travail qu’on avait commencé ensemble, celui de conseiller nos dirigeants.

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Boni Yayi est tout un destin. Déjà au Lycée Mathieu Bouké, il avait été déclaré mort et ses camarades de classe étaient partis présenter les condoléances à sa famille.

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A Dakar ou il était un agent de la BCEAO, (c’est comme cela ils désignent les fonctionnaires de la Banque en dessous du rang de directeur), à chacun de mes passages dans le cadre de l’accord de coopération qui me liait à la BCEAO à Dakar, Boni Yayi me parlait de ses problèmes et je lui parlais des miens, et lui rapprochait ses problèmes à ce qu’il appelait son « Karma ». Il a touché à plusieurs religions et sectes car l’homme était il la quête permanente de son Créateur ; c’était un mystique. A la cellule Macroéconomique, il était un gros travailleur mais ne badinait pas avec sa pause de midi pour faire sa sieste afin d’éviter selon lui des céphalées et des maux de tête qui lui causaient des acnés au visage. Ce qui explique que je n’arrivais pas à mettre la main sur lui pour des réunions de la cellule que je programmais pour midi.

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J’avais gardé de très bonnes relations avec Yayi Boni quand il était à Lomé au Togo comme Président de la BOAD. Mais, j’avoue que je n’ai pas eu l’occasion d’aller lui rendre visite à Lomé. Le Yayi Boni que moi je connaissais avait de bonnes manières, il était très doux et très gentil et correct. Chaque fois qu’il passe à Cotonou, il passe au Palais de la Présidence de la République me voir au bureau et quand je ne suis pas la" ou quand je suis en séance dans la salle de conférence, il me laisse parfois des messages du genre « Boni Yayi est passe pour un bonjour ». Ce message là par exemple, parmi tant d’autres, laisse a mon Secrétariat Particulier, date du’ Lundi 27 mai 2002 à 13 Heures 52 Minutes.

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Un autre parcours qui était presque croise avec le mien bien qu’il le soit moins que celui de Yayi, Boni, est celui de mon ami, ,Abdoulaye (Abdou) Bio Tchané (Petit Bio, en langue nationale). On a fait les mêmes classes au Lycée Béhanzin à Porto-Novo. Puis plus tard, je le retrouve à la BCEAO à Dakar ou j’allais donner des cours au COFEB, l’institut de formation de la BCEAO, en tant que fonctionnaire de l’Institut du Fonds Monétaire International a Washington, D.C. chargé de la formation des cadres banquiers Africains. Lui, il était un haut cadre de la BCEAO à, l’époque. Après, il a été envoyé au Fonds Monétaire International à Washington D. C. dans le cadre d’un contrat de stage de formation pratique au Fonds Monétaire International. La liste de ce premier gouvernement d’Avril 1996 a connu plusieurs modifications. Et il eut plusieurs va-et-vient entre le domicile des filaos du Chef de l’Etat et le domicile du Président Emile Derlin Zinsou qui a pesé de tout son poids pour que Pierre Osho, pressenti par Kérékou pour retourner a son poste de Directeur de Cabinet Civil du Président de la République se retrouve dans l’équipe gouvernementale comme Ministre des Affaires Etrangères. Le Président Zinsou toujours fidèle en amitié a rappelé à Kérékou que le père de Pierre Osho était un de ses fidèles amis.

Page 138-140
Le Professeur Albert Tévoédjre est par lui-même seul, toute une institution, c’est une « institution de contre-pouvoir » en tout cas pour ceux qui connaissent un peu son parcours. En effet, le Professeur a toujours combattu toute dérive d’ou qu’elle vienne. Donc, secrètement, Kérékou l’apprécie pour ça, et il le respecte ; il lui fait confiance et m’a toujours dit « c’est le tour de l’Ouémé après, mais a condition que Houngbédji s’entende avec Tévoédjèrè » J’aime la façon de Kérékou de dire « Tévoédjèrè. ». Si’ il Y a quelqu’un au Bénin avec qui Kérékou n’aimerait jamais faire des histoires c’est certainement son ami « Tévoédjèrè ». En effet, au début de son premier quinquennat en 1996, le Général presque toutes les nuits nous fait convoquer au Palais de la Présidence de la République. Ceux que j’appelais ironiquement les quatre (4) mousquetaires, il y avait, le Premier Ministre Adrien Houngbédji, le Ministre du Plan Albert Tévoédjrè, le Conseiller Spécial, chef de la Cellule macroéconomique, Yacouba Fassassi et le Secrétaire Général du Gouvernement (SGG), Lambert Ididjina. C’est le SGG de sa voix douce qui nous réveille, parfois à minuit pour nous dire : « Le Chef de l’Etat vous demande de vouloir bien le rejoindre au Palais de la Présidence tout de suite. » If ne nous dit même pas pour quelle raison. Tout le monde court pour répondre à la convocation du Président de la République, on arrive et on attend ; le Chef de l’Etat n’est pas là et le SGG n’a pas le courage de l’appeler pour lui dire qu’on est déjà là ; il appelle un des gardes corps, Tété ou Boni pour informer le Chef de l’Etat que nous sommes déjà là ; mais aucun des gardes n’a le courage d’aller informer le Chef de l’Etat que nous l’attendons. Parfois même on peut rester là à l’attendre jusqu’à 7 heures du matin. Il nous l’a fait plus de cinq (5) fois et sans jamais nous expliquer ce qui se passe. Un beau jour, le doyen Tévoédjrè me dit, « Cs. (Conseiller Spécial) cela ne se répétera plus. » ; sans m’expliquer comment il entend mettre fin à ce traitement que le Général nous faisait subir. Quelques jours après, le Général nous convoque, toujours par le SGG ; tout le monde arrive sauf Tévoédjrè. Après une longue attente comme d’habitude, vers 2 heures du matin on nous demande de rentrer parce que tout le monde n’est pas là : ou plus précisément, ajoute le SGG, « je n’arrive pas a joindre le Ministre Tévoédjrè, alors que c’est pour discuter du PIP’ qui est son dossier que le PR vous a convoque. » Quand le lendemain j’appelle le Ministre Tévoédjrè pour savoir ce qui s’était passé, il m’a répondu ceci, « Moi je t’avais dit que je ne viendrai plus a ce genre de réunion ; quitter Djrègbé a des heures aussi tardives, je refuse ; pour les éviter je débranche mon téléphone tous les soirs a partir de 20h 30mn » Et depuis ce refus poli, mais ferme, de Tévoédjrè, Il n’y a plus jamais eu de réunions nocturnes au Palais de la Présidence de la République.

Page 140-141
J’entretiens d’excellentes relations amicales avec Bio Tchané. Cependant quelque fois nous nous sommes opposés sur des questions d’intérêt de l’Etat et sur des grands dossiers (Affaire Commission Fraude Douanière, le dossier BIBE et son corollaire, la création de Diamond Bank, le dédommagement de certaines personnalités spoliées, et surtout l’affaire SONACOP, ...). Par ailleurs, il y a le fait que je n’ai jamais aimé sa forte propension à favoriser et aider la, promotion des cadres originaires de certaines régions du pays au détriment d’autres concitoyens originaires d’autres régions. Je ne citerai que le cas de la nomination au, poste de Président de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC). En effet, par lettre N° 179-c/MFE/SP du 24 Janvier 2002, le ministre des Finances et de l’Economie (Abdoulaye Bio Tchané) a rendu compte au Président de la République que « lors de la dernière Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO tenue ici Dakar les 20 et 21 Décembre 2001, il a été décide d’attribuer le poste de Président de la BIDC au Bénin ».
Dans le cadre du processus de sélection du candidat du Bénin, le Ministre des Finances et de ’l’Economie (MFE) devra recenser les candidatures béninoises au poste de Président de ladite Banque. Le Ministre des Finances et de l’Economie a adressé au Président de la République, une liste de cinq (05) candidats qu’il a classés par ordre de préférence au poste de Président de ladite Banque. J’étais Président du Comité qui devrait adopter ou rejeter les propositions du MFE, et dans ce comité il y avait Fatiou Akplogan alors Conseiller Technique a l’Economie du Président de la République. Nous écrivons dans notre rapport le 28 Janvier 2002, ce qui suit : « Le classement effectue par le Ministre des finances et de l’Economie paraît subjectif. Car, il n’indique pas les critères qui ont présidé aux choix ».
En effet, sur les cinq candidatures, le MFE n’a retenu que 3 et les trois sont du Nord et du Zou Nord. Parmi les recalés, il y avait le Ministre Emmanuel Golou, qui est le seul du groupe à avoir un doctorat en Economie mais qui, hélas, est du Sud.

3ème partie

Page 171
Au final, et avec du recul, on peut constater à l’analyse que le Directeur Général de l’CPT Barthélemy Agnan, cadre intelligent, s’est laissé manipuler par le Cabinet BET A et celle et ceux qui ont amené BETA au Bénin. On dira dans ce cas que Agnan est responsable mais il n’est pas coupable. C’est un véritable gâchis pour ce brillant cadre et un gâchis financier pour l’OPT.

Page 177-178
Le Président leur adresse maintenant la parole pour leur demander de répéter devant moi ce qu’ils sont venus lui dire chez lui la nuit précédente. Le doyen des opérateurs économiques béninois du secteur des intrants, François Tankpinou, a fini son exposé en disant essentiellement que lui a fait la campagne pour le Général pour son accession au pouvoir en mars 1996 et qu’il était, au temps du régime défunt, l’homme à abattre des Soglo qui donnait l’essentiel des intrants agricoles à SDI, et que lui est dans le secteur depuis trente (30) ans. Le Chef de l’Etat fit venir alors le Secrétaire Général du Gouvernement pour lui demander les instructions qu’il aurait reçues du conseiller spécial pour accorder des parts pour le marché des intrants, de la SONAPRA aux opérateurs économiques, du secteur, dont un étranger, un Nigérian ; celui¬-ci, étonné, répondit que le conseiller spécial ne lui avait donné aucune instruction et que c’est une commission nationale qui fait des propositions au conseil des ministres qui décide en dernier ressort des parts des différents opérateurs du sous-¬secteur des intrants agricoles. Et le Président de prendre alors la parole pour dire au doyen : « ’Je sais que vous avez contribue a la mort de la Banque Béninoise de Développement (BBD) sinon de la Caisse Nationale de Credit Agricole (CNCA). Vous êtes dans les intrants depuis 30 ans, vous ne pensez pas qu’il est temps de passer la main à des opérateurs économiques plus jeunes ? Pourquoi vous ne venez pas faire des intrants agricoles sur ma tête, ma tête avec des cheveux tout blancs est un champ de coton, ou bien ? En tout cas le conseiller spécial n’est pas le conseil des ministres. Vous êtes des frères, allez a Porto-Novo régler vos problèmes entre frères. Et allez dire aux journalistes que le Conseiller Spécial est encore la ; c’est le baobab du palais, nous l’avons trouve au Palais et nous le laisserons au Palais. » Et d’ajouter : « SDI-là, c’est quoi ? C’est les services de renseignements français ? Mais SGG, ’c’est ça non ; en tout cas nous dans les écoles militaires en France, c’est ça qu’on nous a appris. SGG vous avez entendu hein, c’est eux qui ont dit que les intrants étaient également accordes aux services des renseignements français. Il faut noter ça, hein. La séance est levée. Allez chacun vaquer a vos occupations. Vous êtes tous des frères. » (SDI, c’est la Société de Distribution Internationale, société appartenant. a’ Mr Patrice Talon, le baron de la commercialisation des intrants agricoles et grand propriétaire des usines d’égrenage de coton. Malgré son honnêteté dans le domaine commercial, plusieurs fois mise à rude épreuve par nos diverses commissions- d’enquête dans le sous-secteur intrants agricoles, Patrice Talon n’a pas que des amis, loin s’en faut).

Page 211-212
Amoussou Bruno, le Ministre d’Etat qui devrait devenir Président de la République.

 Lors des élections municipales et communales de 2002, la plupart des partis et mouvements des jeunes et associations des femmes soutenant l’action du Général Mathieu Kérékou se sont regroupes sous la bannière de l’Union pour le Bénin du Futur (UBF). La coordination de l’UBF était confiée au Ministre d’Etat Bruno Amoussou, un fin connaisseur du monde politique béninois, un homme très courtois et un tacticien politique hors pair, imperturbable et éternellement serein. (pages 211-212)
Le Général a demande à chacun des leaders de prendre la parole. Au tour de Adrien Houngbédji, le Général a dit : « Houngbédji kwabo » qui signifie : « Sois le bienvenu ». Le Général s’adresse il l’assistance en disant en substance ceci : « Pourquoi vous n’arrivez pas a vous entendre ? Vous n’arrivez pas a vous entendre. Vous n’arrivez même pas à créer des partis qui fonctionnent, en effet vous n’arrivez pas a instituer la démocratie dans vos partis respectifs. Les partis sont des partis unipersonnels. Quelle démocratie voulez-vous et quelle relève voulez vous faire à votre niveau ? Vous n’êtes pas prêts pour la démocratie au Bénin. Les vivants ne sont pas prêts ; les morts ne sont pas prêts non plus ».
« Un Chef d’Etat en Afrique a quatre sorts qui le guettent : soit mourir au pouvoir a la suite d’un coup d’Etat, soit se retrouver en prison après sa destitution, soit aller en exil, soit enfin se retirer tranquillement en respectant les lois de son pays et la volonté du peuple. ».
Il ajoute que le dernier cas de figure sera le sien car les trois autres possibilités ne lui arriveront pas. Il dit aussi : « mais si les leaders ici présents ne s’entendent pas pour prendre l’un d’entre eux pour être le prochain Président, le prochain Président de la République ne sera pas l’un d’entre nous ici présents aujourd’hui ; que ce soit écrit comme le disait le Pharaon », conclut-il.

Page 214-215
Après, il reprend la parole pour dire : « Le prochain Président de la République sera hors d’ici, il ne sera même pas ceux que vous croyez, (faisant allusion à la RB, la seule formation qui n’était pas dans la salle, étant de l’opposition). I1 sera hors d’ici, même hors du Bénin. Le Bénin continuera d’étonner le monde et le monde aussi va étonner le Bénin. Et dans ce cas, à chacun d’entre vous de préparer son exil extérieur ou intérieur. Ce qui est dit est dit et la terre ne peut pas trahir la terre, nous on n’ira pas en exil et personne ne pourra nous mettre en examen… ». Toute l’assistance applaudit très fortement. (Pages 214-215).

Page 219
Le Général ne voulait pas nous’ imposer un candidat. Il voulait qu’en notre sein on désigne notre candidat, et c’est ... cette mission qui était, confiée à Adihou. Mais Adihou n’a pas compris sa mission de simple commis et croyait qu’il était désigné à travers cette mission pour devenir le Dauphin’ de Kérekou. Quelle confusion, quel gâchis ! La mission de Adihou devait conduire à sélectionner un candidat pour l’UBF, un’ parti’ qui se trouvait dans le cœur des Béninois,- parce que c’était, Kérékou, un parti dont le candidat remporterait facilement les élections. Et le candidat le mieux placé, de loin, c’était Amoussou Bruno. Pour mettre tout le monde à l’aise’ on mettrait en place une plateforme politique avec des engagements précis ; par exemple, bien avant les élections on formerait le Gouvernement et tous les postes, seraient équitablement distribués. Malheureusement pour nous tous et en premier lieu pour Adihou, Alain n’avait pas compris sa mission et il a mis la mouvance kérékouiste dans le grand désordre, avec les conséquences que tout le pays subit aujourd’hui.

Page 220-221
Amoussou était le meilleur d’entre nous. Il a l’expérience de la gestion des hommes et des choses, il a le sens du partage ; a l’exception notable du Professeur Albert Tévoédjrè, il est le Béninois le mieux connu des Africains de sa génération, qui l’aiment, l’estiment et l’apprécient car il a été un haut responsable de la FEANF en France pendant ses années d’étudiant ; j’ai vu plusieurs collections de vieilles photos d’Amoussou chez mes amis africains de sa génération (des gens comme Mande’ Sidibé, ancien Premier Ministre du Mali) quand il dirigeait dans les années 60 des délégations d’étudiants africains a Moscou et dans plusieurs autres capitales a travers le monde. Amoussou a le sens du partage et la plupart des jeunes Béninois, que ce soit des « Kérékou boys and girls » ou d’autres ont été fortement soutenus et aidés par Amoussou. Amoussou marque positivement partout où il passe ; c’est à Amoussou que Porto-Novo doit l’aménagement de l’Esplanade de l’Assemblée Nationale ; c’est encore a Amoussou qu’on doit le bel immeuble du Ministère de Plan a Cotonou avec une décoration intérieure qui laisse deviner le goût du locataire des lieux pour tout ce qui est beau. Amoussou n’est pas régionaliste : beaucoup de jeunes hommes et femmes d’affaires et opérateurs économiques de Porto-Novo pourront témoigner de cela. Il soutient résolument ses partisans sans discrimination de régions, de religions ou d’ethnies. En cela Amoussou me rappelle feu Président Ahomadégbé Tometin. Mon feu père et son groupe de riches notables de Porto-Novo, Biomadéokou (le groupe des onze riches notables de Porto¬-Novo) avaient crée, le PRD avec Sourou Migan Apithy, mais déçus par le comportement du Président Sourou Migan Apithy, ils étaient allés chercher Ahomadégbé après les hésitations de Sènou ADANDE a rentrer de Dakar pour créer un nouveau parti politique dans l’Ouémé ; et ils ont crée le parti UDD dont mon père fut le Trésorier Général a Porto-Novo. Chaque fois que le pouvoir tombait dans les mains de Ahomadégbé qui habitait le quartier Sadognon à Porto-Novo, il sautait sur sa moto Solex noire et venait chez nous et disait, en langue fon « Fassassi, nous avons pris encore le pouvoir, donne- moi vite les noms des enfants que je dois nommer des demain. » C’est ainsi que beaucoup de nies cousins ont été nommés ; d’autres n’avaient même pas encore fini leurs études quand Ahomadégbé les a nommés. Je, peux citer plusieurs cas dont celui de mon cousin germain bien-aimé Ramani Maliki Raimi, recruté en 1964 au Ministère du Commerce a peine rentré de Marseille ou il faisait ses études. C’est cela la politique, c’est le partage et Amoussou a le sens du partage.

Page 221
Par ailleurs, Amoussou a un sens élevé du service de l’Etat et de ses responsabilités. Il m’avait demandé qu’on se rencontre une fois au moins par semaine pour discuter des dossiers de l’Etat’ et harmoniser les points de vue pour mieux aider le Chef de l’Etat. Ainsi tous jeudis à 18 heures j’avais des réunions a deux, en tête-à-tête, avec le Ministre d’Etat Amoussou Bruno dans son bureau au Ministère d’Etat, et ceci pendant plus de deux ans. Nous passions en revue les différents dossiers et il me donnait souvent des conseils très avisés. Mais il ne parle pas beaucoup et est toujours souriant. Je connais l’homme d’Etat Amoussou, je l’ai pratiqué.

Page 222
Malheureusement notre groupe n’a pas opté pour la candidature de Bruno Amoussou parce que l’ UBF avait déjà volé en éclats, par’ la faute d’Alain Adihou, car « une maison divisée contre elle est vouée à l’échec ».

Page 265-266
Ma conviction est, en effet, que nous sommes descendus si bas, nous sommes allés si loin dans la décomposition et le déclin politique de notre pays qu’il faudra rassembler, pas seulement tous les différents groupes politiques en « G », mais aussi toutes les sensibilités du Nord au Sud, de l’Est a l’Ouest ; il faudra le rassemblement de toutes les compétences, des « C », oui de toutes les compétences, pour garantir aux Béninois que la République nouvelle sera la République de tous et non la République des amis, et que la Nation, debout comme un seul homme dit non a la décadence, non au fatalisme.
Les groupes politiques représentés à l’Assemblée par des députés, les « G » ne pourront pas seuls faire face à cette crise que traverse aujourd’hui notre pays. Il faut associer tous les autres partis, même les petits partis politiques et toutes les personnalités et mouvements des jeunes et associations des femmes qui sont également préoccupes par ce qui est aujourd’hui le Bénin des « caurisards ». . Car aujourd’hui plus qu’hier nous avons besoin de faire les opérations d’addition et de multiplication et non celles de soustraction et de division.

Page 268
L’idée d’un grand regroupement des partis politiques et mouvements a toujours été agitée au Bénin et beaucoup de grands hommes politiques de ce pays y ont sincèrement œuvré pour que cela devienne une réalité.
L’un des pionniers inlassables de cette idée de grand regroupement, c’est le Président Emile Derlin Zinsou avec qui on a beaucoup échange sur le sujet, et ceci depuis 1994. En effet dans une lettre manuscrite en date du 12 mars 1994, il écrit : " Cher Ami, je vous envoie comme promis, les documents concernant la prochaine réunion pour le regroupement du 15 mars 1994 et quelques autres documents antérieurs....
’’J’ai été très content de nos entretiens et garde le ferme espoir que nous aboutirons a quelque chose de bien et de bon pour notre pays. Bien amicalement votre » signe : Emile Derlin Zinsou".
4ème partie

Page 271
Ce livre doit être compris essentiellement comme un sursaut de lucidité et de courage, pour reconnaître certaines erreurs de jugement passées afin de les éviter désormais et pour envisager l’avenir avec sérénité. C’est parce que nous aimons le Bénin que nous souhaitons qu’une fois encore, comme lors de la Conférence des Forces Vives de la Nation, la première du genre au monde, il invente un exemple pour le monde. C’est parce que nous aimons le Bénin, que nous devons tout faire pour le servir, et continuer de le servir, afin qu’il surmonte les obstacles comme les contradictions.

Page 273
Le G4, le G13, Force Cie, mais aussi le GK, oui le GK, c’est-à-dire tous ces partis politiques, mouvements des jeunes et associations des femmes et personnalités qui se réclament de l’héritage politique du Général Kérékou (GK) doivent tous et sans exclusive, constituer le grand rassemblement pour la renaissance de notre démocratie. Le Bénin a besoin d’un grand projet politique qui le rassemble et qui l’entraîne. Le Bénin a besoin d’un projet qui’ change non seulement les équipes, mais surtout la vision, les règles du jeu et les pratiques. Le Bénin a besoin d’une nouvelle équipe qui le comprenne et qui l’entraîne, et qui ait le courage de le conduire. Une ère véritablement nouvelle va commencer. Une ère de changement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Dieu l’a prédit dans l’Apocalypse 21, 4-5 quand Jean, sur une île désolée et perdue appelée Pathmos, eut la vision de la nouvelle Jérusalem, descendant des cieux, d’auprès de Dieu disant : « Vois, je fais toutes choses nouvelles ; l’ancien monde a disparu ».

Alors, « progressistes, démocrates et socio¬-démocrates de tous les bords, de tous les camps, de tous les partis et de toutes les régions, y compris les démocrates béninois de l’extérieur, unissez-vous ! unissons-nous ! » car, le cœur du Bénin a besoin des battements puissants pour conquérir sa place de choix dans le concert des nations tournées vers le futur, vers la modernité.

Page 277
VERBATIM OU LE PETIT LEXIQUE DE SOGLO (Morceaux choisis et autres blagues présidentielles)

« Les syndicalistes sont arrivés me voir pour parler de la cherté de la vie, des prix élevés des denrées alimentaires et plus particulièrement du prix trop élevé du riz parfumé. Je leur ai suggéré d’enlever le parfum qui se trouve dans le riz et de se contenter du riz seul, sans parfum ».
« Un Ministre français en visite au Bénin, avait cru un moment que notre pays était devenu un .grand producteur de Whisky a la vue des bouteilles d’essence frelatée. (kpayo) au bord des voies. Je lui ai dit : « Ne buvez surtout pas de ce whisky là, non seulement ça brûle, mais ça consume aussi. »

 « Le Bénin, pays PMA c’est-à-dire, pays, Pas Moyen d’Avancer. »

 « Le Petit Mussolini de Porto-Novo. »

 « Le Petit Haoussa, le Mallam. »

 « Sacca Salé et Sacca Sucré, Sacca qui a et Sacca qui n’a pas. » 

 Albert Ahmed Tévoédjrè (Après la visite de Tévoédjrè en Libye). » 

 « Adolphe Hitler Biaou (pour provoquer Adolphe Biaou).. »

 « Théophile Béhanzin dit Paoletti ou la Biche. »

 « Les Farfelus d’Alafia (le FARD ALAFIA, Parti Politique). » -

 « La biche ne peut jamais se facher contre la rivière. »

Page 281
VERBATION OU LE PETIT LEXIQUE DE KEREKOU
(Morceaux choisis et autres blagues présidentielles)

« « Certains chefs de partis politiques sont des escrocs, mais’ il Y en a qui sont honnêtes ; en tout cas, il n’y a que des tortues qui savent par ou se piquer pour bien se faire mal ; nous on est pas un politicien. »
  « Chaque matin au lever, vous devez vous poser les trois questions fondamentales : Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? et d’où venons-nous ? Les Béninois ne se posent jamais ces questions. C’est pourquoi ils sont perdus. C’est la perdition totale et ils sont dans les ténèbres et certains dans un clair obscur, et d’autres dans un obscur clair. »

Page 282
« C’est une abomination! Un ministre des affaires étrangères totalement étranger aux affaires. »

Page 284
« Si vous êtes prêts, nous sommes prêts ! Mais malheureusement au Bénin, personne n’est prêt : les cadres ne sont pas prêts, les hommes ne sont pas prêts, les femmes ne sont pas prêtes, les jeunes ne sont pas prêts, les enfants ne sont pas prêts ... même les morts ne sont pas prêts. »

Page 287

  Aux jeunes venus suggérer à Kérékou que Pierre Osho soit son dauphin, le Général répond : Dites à Osho de remplir ce week-end tout le Stade de l’Amitié. S’il réussit à le faire, je vais être son Directeur de Campagne pour 2006. Béhanzin, (le Chef de délégation des jeunes arrivés à l’audience), allez lui porter la bonne nouvelle. »

Page 289
« Au Bénin, tout le monde est Président. Il y a des présidents des partis politiques moribonds et corrompus, des présidents des ONG corrompue des présidents de la Société Civile de lutte contre la corruption corrompus, des présidents des zémidjans, des présidents de vendeurs de kpayo, etc. même les morts ont leur président. C’est pourquoi moi je préfère qu’on m’appelle Général. C’est notre doyen Ohens qui nous a fait Général. Aujourd’hui, il y a des généraux avec des gallons fabriqués par des couturières dans les ateliers au coin des rues et dans les vans à Cotonou.

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« Tout le monde passe ici à la Présidence pour nous dire : « Général, on vous soutient. Et quand je regarde tous les matins quand j’arrive à mon bureau mon fauteuil, je ne vois personne derrière le fauteuil en train de le tenir pour que je ne tombe pas. Qui veut tromper qui ? Et qui peut mystifier qui ? La terre ne peut pas tromper la terre. »

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Tag(s) : #COUPS DE COEUR
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