PROMOTION DES MINISTRES « RECALES » A L’ERE DU CHANGEMENT
Evangile selon Mathieu, ch.7 ; v. 7 ; : « Demandez et on vous donnera »
19 janvier 2009 - FRATERNITE
par Brice HOUSSOU
Sous Yayi, on peut être mauvais ministre mais devenir bon conseiller. C’est-à-dire que sous l’ère du changement, on peut être un mauvais praticien, mais bon théoricien. Puisque être ministre, c’est mettre la main à la tâche et avoir l’obligation de résultat. Et être conseiller technique ou spécial, c’est seulement parler, conseiller, faire des fiches techniques qui orientent la décision du chef et là, il n’y a point d’obligation de résultat.
La pratique sous Boni Yayi est que les ministres qui sont remerciés, sortis du gouvernement pour incapacité ou pour des raisons techniques ou pour des raisons politiques, ou encore pour d’autres raisons propres au chef de l’Etat, sont pour la plupart rappelés au palais de la Présidence de la République, pour aller y servir, soit en qualité de conseiller technique, soit en qualité de conseiller spécial, soit en qualité de chargé de mission.
Et c’est justement parce que l’ancien ministre Roger Gbégnonvi est bien conscient de cette réalité qu’il a sollicité du chef de l’Etat, il y a 8 jours d’être rappelé aux affaires en qualité de conseiller à la gouvernance ; c’était à l’occasion d’une émission télévisée sur une chaîne de la place. Gbégnonvi a peut être voulu que justice lui soit faite. Puisqu’il y a des ministres sortis du gouvernement au même moment que lui qui ont déjà été rappelés au Palais. Il a donc souhaité continuer d’avoir sa part du "festin" même s’il lui fallait changer de place ou de toge. Il a demandé donc et il a obtenu. Cette nomination confirme et renforce la conception que l’opinion a de plus en plus de la logique qui gouverne les nominations à certaines hautes fonctions sous l’ère du changement : d’une part, la plupart des ministres "limogés" sont récupérés au Palais et d’autre part les conseillers techniques ou spéciaux ne sont plus des "gens de l’ombre" qui s’occupent seulement à conseiller le "patron", mais ils sont ou deviennent de plus en plus des "acteurs", des gens qui ne restent plus calfeutrés dans les murs de leurs bureaux, mais descendent sur le terrain, agissent, reçoivent des missions, exécutent et rendent compte ; parfois, ils sont porte-parole ou représentants officiels du "chef" à des réunions ou cérémonies officielles.
A tous ces propos, on ne peut faire un procès à Boni Yayi. Puisqu’à chaque régime, ses méthodes. A chaque chef, sa façon de gérer. L’essentiel est que les résultats suivent et soient au rendez-vous : c’est une question d’efficacité. L’essentiel, c’est de dépenser moins l’argent du contribuable pour avoir les résultats : c’est aussi une question d’efficience. Et nous, les Béninois attendons de Boni Yayi qu’il soit efficace et efficient à la fois, c’est-à-dire qu’il soit performant. Nous espérons donc que la multiplication des postes de conseillers techniques ou spéciaux coûtera moins au contribuable d’une part et que les résultats seront au rendez-vous d’autre part.
En ce qui concerne la possibilité pour un conseiller de réussir la lutte pour la bonne gouvernance, on ne doute point de la volonté du chef de l’Etat et de la sincérité ou de la disponibilité de Roger Gbégnonvi. Mais on se connaît, entre nous au Bénin... Et on souhaite tout simplement plein succès au tout nouveau conseiller, en attendant... les résultats.
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