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janvier 23, 2009 

 

Ça reprend. Les rumeurs d’un remaniement imminent du gouvernement ont commencé à circuler depuis le début de la semaine. Et comme toujours, ces rumeurs confirmées depuis la Présidence de la république, annoncent pour les prochains jours le passage à l’acte du Chef de l’Etat.  Il n’y a pas de fumée sans feu. Il n’y a pas non plus de remaniement aussi précipité sans raisons valables. En l’espèce, les services de la présidence disent que Boni Yayi a autour de lui des ministres dont certains seraient des repris de justice. Que les partenaires au développement trouvent l’équipe actuelle pléthorique par rapport à la nécessité de resserrer le train de vie de l’Etat.  Et que de surcroît certains ministres anciennement en place auraient induit le Chef de l’Etat en erreur. 

    

En examinant ces raisons de plus près, en faisant semblant aussi de les prendre au sérieux, on tirerait la conclusion que Boni Yayi se fait manipuler par ses sentiments et par ses proches. Ainsi donc, lui-même n’aurait pas suffisamment de renseignements sur ses ministres avant de les nommer à des postes d’une si haute importance. Ce serait donc des promotions hâtives dont le seul responsable reste le Chef lui-même qui avait eu le temps et les moyens pour procéder à une enquête de moralité sérieuse avant toute nomination.   Evoquer ces arguments, c’est supposer que Boni Yayi fait chaque remaniement à la légère, comme sur un coup de tête.   Evoquer ces arguments, c’est penser aussi que l’Etat lui-même se gère à la petite semaine avec les humeurs changeantes du prince, et non avec la raisonnable placidité d’un véritable homme d’Etat.

 

Le prétexte des partenaires au développement sonne encore plus faux. C’est faire penser que notre pays est dirigé de l’extérieur et qu’il est clairement une république bananière à la solde des puissances de ce monde. C’est même remettre en cause l’indépendance du Chef de l’Etat, incapable alors de gouverner sans satisfaire les desiderata des chancelleries étrangères promptes à interférer dans nos affaires pour sauvegarder leurs intérêts. Lorsque ces mêmes intérêts seraient menacés, on ne doit pas donner chers de ceux du peuple béninois. En même temps, le Bénin n’a aucune chance d’intervenir dans les affaires des autres et se fait fort même d’être un pays indépendant. Boni Yayi garantit-il toujours l’indépendance de notre pays s’il s’agenouille devant la volonté des ambassadeurs en poste chez nous ? Assurément non. Il est en tout cas sidérant de s’en remettre à l’étranger pour justifier des actions de politique intérieure dans lesquelles devraient s’affirmer toujours les vertus de prudence et les capacités réelles de notre gouvernement. En se pliant aux humeurs des ambassadeurs, l’Etat béninois finira un jour par s’infantiliser à la face du monde.

 

Au vrai, la question du remaniement ministériel s’est posée aux lendemains mêmes du tout dernier changement de l’équipe gouvernementale. Apparue au terme de tractations politiques menées au forceps par Boni Yayi, cette équipe portait des incertitudes dues aux refus divers essuyés par le Président de la République dans sa volonté de constituer un gouvernement d’union. On a encore en mémoire, le cinglant refus apporté par le G13 de même que les démentis rageurs du Madep suite au ” débauchage ” de deux de ses membres les plus éminents. On se doutait bien que le Chef de l’Etat allait profiter d’une prochaine embellie au plan de ses relations avec les grandes formations politiques de l’opposition pour reconstituer son équipe. Aujourd’hui, de nouveaux horizons apparaissent avec le positionnement ambigu de la RB sur l’échiquier. On la dit sur le point de rejoindre le gouvernement, et les derniers actes posés par ses députés accréditent l’idée d’une remise en cause radicale de sa participation à l’opposition. Ceci expliquerait-il cela ? Le doute est encore permis.


Tout compte fait, ce nouveau remaniement, s’il se concrétisait, constituerait un sérieux coup porté à la crédibilité du Bénin et aux actes de Boni Yayi qui perdrait en image d’homme d’Etat véritable.
Olivier Djidénou

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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