Pour réunir les frais d’une intervention chirurgicale: Une Béninoise hermaphrodite lance des cris de détresse
27 janvier 2009 - LEMATINAL
Ayant passé une vingtaine d’années à vouloir se débarrasser de l’un de ses sexes, l’hermaphrodite Armande Codjia semble avoir trouvé une issue. Et cet espoir qui lui permet de s’accrocher encore à la vie ne sera concret que lorsqu’elle parviendra à réunir les frais de l’intervention chirurgicale qu’un spécialiste Italien a programmée pour le mois prochain. Dans de telles conditions, l’aide de toute personne sensible à la souffrance humaine et celle des autorités à divers niveaux est sollicitée.
Agée de 22 ans, la nommée Armande Codjia ne jouit pas pleinement de la vie comme toute autre personne normale. Elle traîne depuis son enfance, un mal qui la ronge au jour le jour : l’hermaphrodisme. Outre son sexe féminin, cette jeune fille porte également les testicules. La bisexuée, Armande, figure parmi les rares personnes qui développent ce phénomène très courant chez les végétaux, les vers et les mollusques. Etre hermaphrodite est-il un crime ou un mauvais sort ? Puisque ayant déjà frappé à presque toutes les portes, la jeune Armande ne sait plus à quel saint se vouer. Du Centre national hospitalier universitaire (Cnhu) Hubert Koutoukou Maga de Cotonou à l’hôpital de Zinvié en passant par l’Hômel, les cliniques, tradi-praticiens, églises pour de diverses analyses, consultations, tisanes et prières, les personnes habilitées à lui sauver la vie n’ont pu la délivrer de ce mal. Née d’un père menuisier qui a déjà englouti toutes ses économies dans les analyses en essayant de chercher une solution à ce mal, ce dernier se dit aujourd’hui, être au bout de ses efforts. « Je n’ai plus aucune force car j’ai longtemps espéré qu’on lui fasse une opération afin qu’elle se fasse désormais compter parmi les hommes. Mais jusqu’à présent, rien n’y fit », a-t-il laissé entendre. A en croire le père, le sexe masculin que porte actuellement sa fille n’était pas visible pendant son enfance. « Il est vrai qu’à sa naissance, nous avons remarqué que le bas ventre était légèrement enflé. Mais c’est au moment où elle a commencé par grandir que nous avons pris réellement conscience du mal ». Toujours dans le souci de lui permettre de s’accrocher à la vie, la jeune fille a pu bénéficier d’une formation en couture et est parvenue à obtenir son diplôme. Mais aujourd’hui, étant dans la fleur de l’âge et condamnée à affronter cette réalité qui lui empoisonne la vie en société, Armande n’a plus aucune motivation. N’eût été le soutien moral de son entourage, elle aurait mis fin volontairement à sa vie puisqu étant une femme, ses appareils génitaux ne fonctionnent pas et elle n’a jamais eu les menstrues. La seule issue qui se pointe à l’horizon pour cette fille et qui l’amène à solliciter le soutien financier de toute personne sensible à son mal, est qu’un spécialiste de ce genre d’opération, résident en Italie, a finalement accepté de la consulter. Elle a pu avoir son contact par le biais des médecins en service à l’hôpital de Zinvié. Joint au téléphone, le spécialiste a fait comprendre qu’il foulera le sol béninois dans le mois de février pour voir dans quelle mesure il pourrait l’opérer à Zinvié ou l’évacuer en Italie si le cas était compliqué. Dans de telles conditions, Armande et sa famille devront réunir les fonds nécessaires pour assurer les frais de l’intervention chirurgicale ou d’une éventuelle évacuation. « Aidez-moi à faire découvrir ce visage qui est resté longtemps caché et à donner un sens à ma vie ». Voilà le cri de détresse que lance cette fille à l’endroit de toute personne de bonne volonté. Les réactions du ministre de la Santé Issifou Takpara et celles de son homologue de la Famille, Mamatou Meba Bio Djossou tous deux en charge du bien-être des populations, sont donc vivement attendues après que l’intéressée eut le courage de dévoiler au grand public, cette anomalie.
Valentine Bonou (Coll)
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)