Par Arimi CHOUBADE
vendredi 30 janvier 2009
Excusez la formule quelque peu alambiquée. Se traduit de celui qui abandonne les siens pour autrui. En application au gouvernement Yayi qui préfère amputer les budgets communaux de certaines taxes spécifiques sur l’autel du droit de passage des transporteurs étrangers en particulier nigériens. Ainsi non content de freiner des quatre fers au sujet du transfert de ressources aux communes, les émergents s’activent à rogner progressivement sur les budgets municipaux quand ce n’est pas des ministres qui font exploser l’Association des communes du Bénin.
Mais là n’est pas le plus intéressant. Admirez plutôt le zèle de quelques repris de justice regroupés sous la bannière de jeunes « patriotes » qui entreprennent de faire une leçon de choses à leurs compatriotes sur le bien fondé de la décision de privilégier les transporteurs nigériens au détriment d’agents municipaux sans salaire, de la défectuosité des locaux des hôtels de ville, de l’impossibilité d’enlever les ordures ménagères régulièrement ou de construire des caniveaux d’évacuation d’eaux de ruissellement. Ils préfèrent donc voir les villes de leur chère patrie s’écrouler sous les « Himalaya d’immondices que de mettre en colère des voisins en quête de droit de passage bon marché ».
Ils ont certainement l’excuse, ces « patriotes » du Bénin de ne pas avoir le parcours d’un Blé Goudé de la Côte d’Ivoire qui est avant tout un universitaire qui sait de quoi il parle. Rien à voir donc avec les spéculateurs du port tantôt transitaire sans formation, tantôt pensionnaires de la prison civile de Cotonou, tantôt partisans d’une rallonge présidentielle pour Kérékou puis pro-Yayi. S’ils avaient eu la chance de parfaire leur cursus académique ils auraient pu comprendre qu’une patrie se construit avec les moyens dont-il dispose. Un transporteur nigérien en transit sur le territoire béninois ne peut espérer les mêmes faveurs que s’il devait traverser le Togo exportateur de phosphate, le Nigeria exportateur de pétrole, le Ghana exportateur d’or ou la Côte d’Ivoire 1er exportateur de cacao au monde.
Plaise au docteur de supprimer des taxes qui reviennent aux communes, juste pour satisfaire au chantage du voisin. Dans ce cas le manuel de gouvernance concertée utilisée au palais de la Marina devrait avoir prévu des atténuations face aux défis du développement local considéré comme le socle de notre marche vers moins de misère et de pauvreté. Ce qui suppose des négociations préalables avec les pouvoirs locaux au lieu de l’arrogance du fait accompli et du coup de poignard dans le dos. Au lieu de cette explication désuète de demi lettrés incapables de faire la nuance entre la taxe de la voirie et la patente. À la place de la grandiloquence et de démagogie, les mairies ont besoin de savoir comment combler les trous causés par une décision inopportune.
Le chantage des Nigériens est vieux comme l’histoire du voisinage entre le Niger et le Bénin. Ce ne sont pas de malheureuses taxes de voiries qui provoqueront la désaffiliation dont le port de Cotonou est régulièrement menacé. Les usagers du port qu’ils soient étrangers ou Béninois souffrent plus de la politique de copinage, d’incompétence, de clientélisme et de la politisation à outrance. Et puis comment s’empêcher de faire le parallèle avec l’anti-Sogloïsme primaire très en vogue chez les limiers de présidence de la République ? En filigrane, cette folle envie d’en faire voir de toutes les couleurs à ce Cotonou qui se refuse à l’escarcelle cauris après le hold-up de 2006. Une hargne qui devait entraîner 76 autres communes y compris celles acquises.
Ces patriotes-là sont tous des myopes !!!
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